Voisin : Traité de paralysie générale
2. Dictionnaire Dechambre, lit', paralysie générale (Christian et Ritti}.
Le vrai paralytiqne revient à l'hôpital après cette temporaire amélioration, le pseudo aussi ; encore un triomphe pour les partisans de la paralysie d'origine alcoolique semble-t-il. Mais non, il revient parce qu'il revient aussi à la cause de son mal, car qui a bu boira, mais parvenez, chose difficile, à guérir un alcoolique du mal de boire et vous verrez du même fait guérir sa maladie, et guérir non pour un temps limité comme celui de la rémission, mais pour toujours. On voit peu, on ne voit même pas de malades vrais paralytiques généraux imiter ce fameux alcoolique de M. le professeur Bail, qui se fit interner seize fois et <r ne parvint jamais à fabriquer une paralysie générale authentique, ses tentatives ayant toujours avorté ».
Les considérations générales que nous venons de formuler semblent nous autoriser à ne pas admettre en aveugle les conclusions des partisans de la paralysie générale alcoolique, et à chercher dans la comparaison du vrai paralytique et de celui que nous appellerons le pseudo-paralytique des éléments d'une différenciation possible. La symptomatologie pourrait-elle nous éclairer sur la scission entre ces deux maladies? En un mot y a t-il une maladie particulière relevant comme étiologie de l'alcoolisme chronique, empruntant le masque de la paralysie générale, mais cependant s'en écartant par certains points? Le temps nous manque pour nous étendre outre mesure sur cette question pourtant des plus intéressantes; faire un historique de la défense de la pseudo-paralysie alcoolique est une tâche qui nous plairait. Nous ne pouvons reproduire ici le parallèle des deux affections établi par Lasègue de
main de maître, et qui serait à retracer en entier. Nous nous inspirerons pour le tableau que nous voulons faire de nos deux maladies de l'étude si soigneuse et si complète qui en a été faite par M. Rouillard (1) dans la Gazette des Hôpitaux.