STATISTIQUE DE 1878 A
Nous avons voulu savoir si les faits répondaient aux considérations que nous nous étions cru en droit de formuler. Nous avons dressé le plus scrupuleusement du monde une statistique avec le chiffre ou plutôt la proportion par 10,000 hommes dans chaque année et chaque arme. Loin de nous l'idée de lui attribuer une importance qu'elle n'a pas, elle est un essai tout simplement et pas autre chose. Une statistique semblable pour être concluante devrait être faite au moins d'après une période de cinquante ans; de cette façon on éviterait certainement de donner à une arme une moyenne qu'elle ne peut fournir ; c'est ainsi que nous voyons l'état major et le recrutement donner la moyenne pour 10 ans et pour 10,000 de 0,48 paralytiques généraux. Il nous est impossible de prendre celle moyenne, mais ce que nous ne pouvons faire pour de pareilles armes qui ne fournissent qu'une fois tous les dix ans de victimes à la maladie, nous pouvons plus facilement le faire pour des armes qui ont l'habitude de payer tous les ans leur tribut à celle terrible affection.
C'esl le cas de la garde républicaine, du train des équipages, de la cavalerie, de l'infanterie de ligne et de l'artillerie. Nous ne revenons pas hiir une inlerprélalion que'"
nous avons formulée dans le chapitre précédent, chacun d'ailleurs interprétera sans doute comme nous l'avons fait. Un second point : des erreurs existent dans les statistiques du ministère de la guerre, erreurs de diagnostic dont nous ne rendrons pas responsable le médecin militaire, mais bien les règlements qui le forcent parfois à poser un diagnostic trop promptement. Le contrôle nous était facile ; Charenton a reçu beaucoup d'officiers et même quelques jeunes soldats venus du régiment avec le diagnostic paralysie générale. Sur le nombre quelques officiers avaient des encéphalites chroniques ou d'autres affections de ce genre avec lesquelles ils ont longuement vécu et avec lesquelles certains vivent encore ; d'autres, les simples soldats, arrivaient souvent par série et ne présentaient presque toujours que des paralysies généralisées essentiellement curables. Une dernière observation, nos statistiques portent sur toute l'armée (soldat, sous-officier et officier), la moyenne de l'armée est inférieure à la moyenne de Paris, même d'une façon assez évidente, mais si elles portaient sur les officiers et la garde républicaine, en un mot sur la somme des individus de l'armée, présentant les conditions d'âge nécessaires, il n'en serait pas de même. Une statistique portant sur tous les hommes âgés de 30 à 55 ans dans la vie civile et sur les soldais du même âge, serait-elle à l'avantage de la vie civile ou de la vie militaire? C'est notre seule réponse à ceux qui prétendent que la paralysie générale est moins fréquente dans l'armée ou, dans tous les cas, qu'elle n'y est pas plus accentuée qu'ailleurs. Faites des statistiques sur des unités de même nature et donnez- nous en les résultats; de cette façon l'ap-
prédation sera à l'abri de toute erreur et de toul reproche. C'est, nous le répétons, sous toute réserve que nous présentons ce travail qui, pour paraître court et de faible importance, ne nous en a pas moins demandé de longues et nombreuses recherches.