‹ La Paralysie Infantile: Contribution à l'étude de son traitement par les agents physiques et l'orthopédieChapitre 25 sur 37 · ES PAR · texte numérisé non relu

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trop court, il porte le bassin en avant pendant la période d’appui. Quelquefois, pendant l’appui du membre, avec la main du même côté, il appuie sur la face antérieure de la cuisse pour éviter la flexion de la jambe.

La marche sur un plan incliné ou la montée des escaliers sont impossibles.

Muscles fléchisseurs de la jambe. — La flexion de la jambe est produite par les muscles demi-lendineux, demi-membraneux, biceps aidés du couturier, du droit inierne et du poplité. Biceps et couturier sont rotateurs externes. Demi-tendineux droit interne et poplité sont rotateurs internes.

Les ischio jambiers sont, de plus, extenseurs de la cuisse sur le bassin, et cette action est d'autant plus forte que la jambe est en état d'extension plus grande sur la cuisse.

Pour apprécier la force de flexion de la jambe sur la cuisse, on met le sujet à plat ventre et on lui fait plier le genou. On s'oppose au mouvement en saisissant le cou-de-pied. On voit alors la région poplitée se creuser, limitée par les cordes tendineuses des muscles contractés.

La paralysie de ces muscles est moins fréquente et moins complète que celle du quadriceps ; elle entraîne des troubles de la marche. Ils sont, en effet, destinés à produire l'extension de la cuisse sur le bassin pendant la période d'appui pour amener l’axe du membre oblique en avant et en haut. L'élévation du membre par le triceps sural se transforme #lors en mouvement de propulsion du tronc. Ils se contractent également pour maintenir le bässin et le tronc verticaux. On se rend bien compte de leur contraction, dans la station debout, en palpant la face postérieure de la cuisse. Quand ils sont affaiblis, afin d'éviter l’inclinaison du tronc en avant, ce qui provoquerait la chute, le malade reporte son centre de gravité en arrière. Il limite ce renversement par la contraction des fléchisseurs du

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tronc ; ceux-ci, agissant pendant les deux périodes de la marche, rendent celle-ci fatigante. Les malades ne peuvent ni sauter, ni danser. Ils vont lentement, car ils ont toujours

peur de tomber.

TRAITEMENT. — Il est nécessaire, dans la paralysie des quadriceps, que l'enfant puisse mettre son genou en recurvalum léger. Si les muscles postérieurs rétractés maintiennent la flexion du genou, on procède à leur élongation sous chloroforme suivie de la contention du membre dans un appareil plâtré. On peut également pratiquer la ténotomie supracondylienne. OMBREDANNE déconseille toute ténotomie des ischio jambiers;. ces muscles sont nécessaires à la limitation du recurvatum. Il faut éviter l'excès de recurvalum par une genouillère permettant la flexion mais limitant le recurvaltum grâce à une butée antérieure.

Broca préfère fixer le genou dans l’extension, mais sans recurvalum, par une genouillère à verrou. Un déclanchement actionné par la main permet au malade de s'asseoir en pliant le genou.

L'arthrodèse du genou a le grand avantage d’éviter la chute toujours possible du malade lorsque son appareil fonctionne mal et supprime le port de tout appareil. Elle présente l'inconvénient de laisser le genou étendu dans la position assise.

La transplantation des tendons des muscles demi-tendineux, demi-membraneux et biceps sur les bords de la rotule donne peu de résultats.

La paralysie des fléchisseurs de la jambe est plus rare que celle des muscles de la: loge antérieure, et il est fréquent de la voir associée à cette dernière. On agira comme précédemment, mais en surveillant encore plus le genu recurvatum.

La paralysie du quadriceps est souvent associée à des para-

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lysies des muscles de la jambe, en particulier ceux de la loge antéro-externe. Il ne faut pas toucher à l’équinisme produit par la rétraction du tendon d’Acnirre, qui favorise l’hyÿperextension du genou. Il faut s'abstenir de toute arthrodèse tibio-tarsienne fixant le pied à angle droit.

30 Muscles moteurs du pied sur la jambe. — L'extension est produite par le triceps sural. Il a comme antagonistes le jambier antérieur et les extenseurs des orteils. Le jambier postérieur est adducteur direct du pied, les péroniers latéraux sont abducteurs.

Triceps sural. — L’excitation simultanée ou isolée des différentes portions du muscle produit la même action. L’arrièrepied et le bord externe de l’avant-pied s'étendent avec force. L'extension de la moitié interne de l’avant-pied est faible et est facilement empêchée en immobilisant la tête du premier métatarsien. En même temps, le pied se met en adduction et en rotation interne. Le relief du tendon d’Achille s’accentue. On observe également l° saillie du tendon d'Achille quand on commande au sujet de porter le pied en extension. Si le muscle est paralysé, un méplat persiste au-dessus du talon. Si le muscle est très faible, on met l'enfant à genoux, le pied libre ; s’il reste quelques fibres musculaires, il peut encore relever le pied en arrière. S’il est paralysé complètement, l'extension peut se faire jusqu'à l'angle droit, grâce au long péronier latéral, jambier postérieur, fléchisseur commun des orteils, mais avec peu de force.

Par sa tonicité, le triceps limite la flexion du pied. Quand la jambe est étendue, du fait de l’éloignement des points osseux d'insertions du triceps, la flexion volontaire du pied est moins marquée que lorsque la jambe est en flexion sur la cuisse (DucroQUET). Il s'oppose encore au creusement exagéré

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de la voûte plantaire. L'arc plantaire est soumis à trois forces ; les muscles plantaires qui soutendent cet arc cherchent à en augmenter la courbure : les muscles antérieurs de la jambe et le triceps en arrière, en tirant de bas en haut sur les extrémités de cet arc, tendent, au contraire.-à le redresser (DuüucRoQUET). Quand le triceps est affaibli, la flexion du pied s'exagère ; la voûte plantaire augmente sa courbure ; un pied creux talus se constitue. Le calcanéum se redresse, tend à devenir vertical : la proéminencé du talon disparaît, le tendon d'Achille ne soulève plus les téguments. DUCHENXE, de Boulogne, attribuait la déformation du pied à l'action prédominante du long péronier latéral. Ajoutons que le pied se met légèrement en valgus par la perte du rôle adducteur du triceps.

Le rôle du triceps dans la marche normale a été bien expliqué par DucroqueT. Cet auteur a montré que le rôle du triceps est passif pendant la plus grande partie de l'appui unilatéral, actif au moment du deuxième double-appui. Le membre qui vient toucher le sol repose d'abord sur le talon. La plante du pied est appliquée sur le sol par le mouvement en avant du tibia. La tonicité du triceps empêche jusqu’à ce moment tout mouvement dans la tibio-tarsienne. Dans le deuxième temps de l'appui unilatéral, le membre inférieur pivote autour de la tibio tarsienne. Le triceps empêche la flexion exagérée du pied. Son action est favorisée par l'extension de la jambe sur la cuisse, qui élève les insertions supérieures des jumeaux. L'autre pied vient se reposer à son tour sur le sol. Le triceps entre alors en contraction énergique pour relever le talon et ouvrir l'angle du pied sur la jambe. Le tronc est lancé en avant avec une force suffisante pour que le sujet ne tombe pas au moment où, son pied quittant le sol, le tronc se trouve en arrière du pied portant.

Quand le triceps est paralysé, le sujet pose le pied, alors que

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le genou est étendu. La jambe pivote sur le pied pendant les deux temps de l’appui unilatéral. Au deuxième double appui, alors que le corps repose sur le membre paralysé, pour lever le talon, il lui faudra fléchir la cuisse. Le sujet « s'effondre »sur sa jambe. Le bassin bascule du côté paralysé et reste dans cette attitude pendant l'appui sur la jambe saine, le moyen fessier étant insuffisant pour le redresser.

Dans le cas où la paralysie du triceps est associée à des paralysies du jambier postérieur, long péronier latéral ou fléchisseur des orteils, le calcanéum peut devenir tout à fait vertical ; il est basculé tantôt en avant, tantôt en arrière, suivant la direction de l’axe du tibia oblique en bas et en arrière, ou oblique en bas et en avant. Quand la jambe est très fléchie sur le pied portant, la pointe du pied a tendance à se soulever du sol ; aussi le malade évite-t-il cette attitude vicieuse en empêchant sa jambe de dépasser la verticale, Il se penche en avant pour détacher le pied du sol.

TRAITEMENT. — Chez l'enfant de moins de sept ans, le traitement sera seulement palliatif. DUCROQUET ‘recommande, pour s'opposer au talus, une chaussure à talon très proéminent en arrière, qui favorise l'extension du membre quand le pied touche le sol. La bascule du pied en arrière est impossible, car l'extrémité postérieure du talon se trouve toujours en arrière de l’axe de la jambe.

Pour s’opposer au pied creux, le laçage de Ia chaussure doit descendre jusqu’au niveau des orteils. de façon à appliquer fortement l’avant-pied contre la semelle. Les tiges étroites sur la jambe et les malléoles doivent maintenir celles-ci fixées à la semelle, afin d'éviter le redressement du calcanéum.

Le traitement curatif est l’arthrodèse médiotarsienne et sousastragalienne de DucroquETr et LAUNAY, pratiquée à la fin

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