Archives de la paroisse de Xotre-Dame de Québec
10. La famille Lyonnais a donné à l'Eglise : deux prêtres dont l'un, Pierre-Jacques, d'abord récollet, puis prêtre du Séminaire (cousin germain du mari de Marie Paquet), et l'autre l'abbé André-Guillaume, auteur d'une Généalogie de la famille Lyonnais en Canada : et plusieurs religieuses dont la nlus ancienne, des Ursulines de Québec, portait le nom de Marie-Thérèse de Ste-Claire et est décédée en 1845.
beau-frère Etienne-Théodore de Saint-Nicolas, pour " tous droits de sa femme, Marie Paquet ". Il se préparait donc à une longue et périlleuse navigation qui, en effet, lui fut fatale. Le 7 janvier 1813, on trouve une obligation consentie par E.-T. Paquet à Dame vêtue Jean Bossu dit Lyonnais. Elle avait alors les preuves de la mort de son mari.
Madame Lyonnais, restée seule avec trois enfants en bas âge, montra beaucoup de courage. Le malheur qui la frappait doubla son énergie. Elle entra comme gouvernante chez un médecin anglais, le Dr James Fischer de Québec, et cette situation lui permit de pourvoir à l'éducation de ses enfants. Le jeune Jean-rrançois étudia sous un professeur privé, M. J.-D. Wilkie, qui devint plus tard recteur du High School, quand cet établissement fut fondé. Il dut faire des études à la fois sérieuses et diligentes, car en 1818, à l'âge de 23 ans,il était licencié en mfëdecine. Il avait appris cette science sous la direction du Dr Fischer, ainsi que du Dr Painchaud, dont il demeura un ami intime. C'est probablement vers cette époque qu'il prit du service dans l'armée canadienne. Sur le couvercle d'un vieux coffre, conservé à la maison des am cétres, on lit : " Dr John Lyonnais, Asst. Surgeon, 2d B. C- M. :" ce qui explique le costume militaire que porte le Dr Lyonnais, dans un excellent portrait à l'huile conservé également au berceau de la famille, et où le jeune officier est représenté sous les traits les plus distingués.
L'Almanach Neilson de Québec le donne comme pratiquant â Québec de 181 8 à 1819, puis ensuite à la camipagne, probablement â Saint-Nicolas. Vers 1822, il partit pour Paris où il se proposait de compléter ses études de médecine. Il s'y maria avec une parisienne, Joséphine Perrin. personne de fort bonne mine et de grande distinction. Il revint au pays, deux ans après et s'établit à Saint-Nicolas, paroisse natale de sa mère, dans une maison située au Sud du Chemin du Roi, vis-â-vis la résidence actuelle de Benjamin Paquet. Cette
miaison a été transformée en un beau hangar situé au même endroit, au milieu d'un massif d'érables qui l'ombragent.
Les anciens mettent au compte de ce couple bourgeois plusieurs excentricités dans la manière de vivre. On raconte, enftre 'autres choses, que la jeune dame, aux goûts très français, raffolait des cuisses de grenouilles. Les enfants se faisaient un plaisir d'en recueillir à sa demande dans les marais voisins, et les époux Lyonnais dégustaient ce mets succulent, encore inconnu dans la paroisse.
Ce qui est vrai, c'est que le Dr Lyonnais et sa femme ne se plurent pas à Saint-Nicolas. En 1825, on les trouve établis à Chambly. Le Docteur pratiqua la médecine dans cette localité, et les paroisses environnantes, où il devint populaire.
Mais les sombres événements de 1837 venaient d'éclater, et le Dr Lyonnais fut un de ceux qui se laissèrent entraîner dans le tourbillon politique. Il prit ouvertement fait et cause pour les patriotes, et le 17 novembre 1837, il était arrêté et jeté dans la prison de Montréal pour cause de haute trahison. On formulait contre lui sept chefs d'accusation, assez peu graves, évidemment ; car le 7 décembre de la même année, il était libéré par la Cour du banc du Roi u.
Le Dr Lyomnais ne survécut pas longtemps à ces événements dramatiques bien propres à ébranler sa santé. Il mourut dans l'automne de 1838, probablement à Chambly- Bassin. Le défunt laissait après lui deux enfants, un fils et une fille. Ceux-ci repassèrent-ils en France avec leur mère devenue veuve? c'est ce qui est probable. Le Lieutenant-Colonel Paquet nous a raconté avoir entendu dire à son père l'hon. E.-T. Paquet, que des Français du nom de Lyonnais, vinrent d'outre-mler, il y a quelques années, pour visiter le pays. Ils disaient que leurs ancêtres étaient originaires du Canada.