Mgr Paquet, mém. cit
la paroisse, plus confortables ensuite et remontant jusqu'à l'embarcadère actuel 5. Au milieu de ces vicissitudes, le commerce d'Etienne Paquet, comme celui d'ailleurs d'un bon nombre de ses coparoissiens, se développait : et ainsi fut créée sur le marché de Québec cette bonne réputation des agriculteurs de Saint-Nicolas qui n'a fait que grandir depuis. L'hiver ne trouvait pas Etienne Paquet inactif. La nature, l'avait doué des aptitudes les plus diverses. Il exécutait à la perfection tous les travaux de la ferme. Ces travaux étaient plus pénibles que de nos jours. Le battage et le vannage du grain, en particulier, exigeaient beaucoup de labeur et de patience. Nul ne maniait le fléau avec une plus courageuse persévérance que l'homme d'énergie et de devoir qui avait en si peu de temps fécondé et métamorphosé le sol naturellement ingrat sur lequel son père l'avait établi. Le jeu de la hache n'avait pas, nom plus, de secrets pour lui. Il s'en servait pour multiplier ses revenus. Mais prévoyant autant que laborieux, il gardait à ses propres terres leur richesse forestière et mettait à profit le besoin ou l'imprévoyance des autres. Il connaissait distinctement tous les arbres un peu importants dont il était le propriétaire, leur site, leur position, leur qualité, leur grosseur, et il veillait d'un œil jaloux sur ce trésor si mal apprécié jadis, mais dont on comprend mieux aujourd'ui tout le prix. " Il était bon menuisier. Luimême, pendant les soirées d'hiver et les jours de mauvais temps, fabriquait et réparait les instruments agricoles, y
S. L'un de ces vaisseaux obtient dans ies " Mémoires " une mention spéciale. " Les ingénieurs de ce bateau à vapeur avaient deux difficultés à surmonter. La première était de le faire partir : mais la deuxième, plus considérable, était de l'arrêter. Un soir, le vieux Hart. heureux et fringant comme le cheval qui arrive à l'écurie, passa à travers les quais et les pontons, et ne s'arrêta que sur la muraille du moulin à farine, le nez dans une fenêtre, au grand émoi du meunier. En disant le nez, je ne parle pas au figuré, car une statue en bois, celle du bonhomme Hart des Trois-Rivières, ornait sa proue. ''
compris les voitures de travail, charettes, tombereaux, traînes et traîneaux. Il savait faire une mortaise à plomb et une queue-d'aronde solide ,;. " Le printemps il s'appliquait à la fabrication du sucre d'érable, dans une futaie assez peu distante de la maison, et que ses héritiers ont précieusement conservée jusqu'à ce jour.
Tous ces travaux du dehors n'allaient pas sans d'autres travaux nécessaires du dedans. L'économie domestique pratiquée par les ancêtres ne leur laissait que peu de loisirs. Nos aïeux portaient avec d'autant plus de fierté leurs habits d'étoffe que ces habits étaient l'ouvrage de leurs mains. Le broyage du lin, le filage et le tissage de la laine, puis le foulage de l'étoffe, prenaient alors une large place dans la vie et l'industrie rurale :. " On peut, écrit le chroniqueur de la famille Paquet, retrouver quelque part, au grenier, ensevelis dans la poussière, les rouets, les dévidoirs, les cannelles, les trames, les reaux, les lames, la navette et tous les autres instruments qui servaient à filer la laine et à confectionner l'étoffe. Peut-être s'en sert-on encore pour faire la filasse et tisser la toile. " Madame Paquet dirigeait avec soin, lorsqu'elle n'y prenait pas part elle-même, ces diverses opérations de l'art domestique, et elle faisait ainsi de sa maison, en hiver comme en été, un foyer d'activité fructueuse et permanente.
L'esprit de travail qu'on vient d'admirer chez Etienne Paquet et sexn épouse, et qui leur était si naturel, était activé par les besoins croissants du petit peuple qui surgissait et se multipliait autour d'eux. Dieu avait béni merveilleusement leur union. Plusieurs enfants, filles et garçons, étaient nés,