Ibid
17. Le Dr J.-G. Blanchet fut député de Lévis au Fédéra!, Président de la Chambre des Communes, et en dernier lieu percepteur des douanes pour le port de Québec.
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tamment celui-ci : " Debout camarades, le coq a chanté ", le plus beau de tous, et qui en rappelant la fenaison et les récoltes, nous faisait en quelque sorte respirer les senteurs des foins nouveaux et entendre le bruit des pierres aiguisant les faulx des faucheurs.
\ ers la fin de ses études classiques. Benjamin jouait assez bien du cornet a pistons. Mais le véritable artiste de la famille était Louis-Honoré.
Sous ses doigts .nerveux, selon le style lyrique des " Mémoires ". le violon rendait des sons éclatants qui électrisaient les auditeurs. Lorsqu'il jouait le calife de Bagdad, la bataille de Prague, Guillaume Tell ou la Dame Blanche, les moissonneurs suspendaient leurs travaux et écoutaient dans le ravissement; les troupeaux même, comme autrefois pour Orphée, prêtaient une oreille attentive et se montraient charmés. Sa voix vibrante et sympathique et au timbre métallique, dans certaines chansons surtout, telles les " Canotiers de Paris " ou le " Rêve d'une mère ". produisait un effet merveilleux.
La maison d'Etienne Paquet était devenue le rendez-vous des joies saines. On s'y amusait de toutes légitimes façons, et la chasse et la pêche n'étaient pas en moindre vogue que le chant et la musique.
Père et fils faisaient trois espèces de chasses : la chasse aux tourtes avec les rets 18 ; la chasse aux lièvres avec les collets ou lacets : la chasse aux perdrix et autres oiseaux avec le fusil. Quant à la pêche, elle se multipliait sur divers
18. On sait en quelle abondance étaient alors les tourtes maintenant disparues. " Mon père m'a souvent dit que pendant sa jeunesse, et aussi après son mariage, les tourtes étaient en si grande quantité qu*eîles dévoraient les grains semés. L'on dut faire des prières publiques et des processions pour les conjurer. Il m'a également raconté qu'un jour qu'il était occupé à clore, les tourtes l'importunaient tellement ~u'à bout de patience, il lança une de ses chevilles de bois dans une volée et qu'il en abattit plusieurs'' (Mgr Paquet, mém. cit.).
théâtres. Il y avait la pêche à l'anguille pratiquée au bord du fleuve, ainsi que celle du bar, du doré, de l'esturgeon et de quelques antres poissons, que Ton prenait par le moyen de lignes dormantes. On allait aussi pécher sur la rivière Beaurivage, dans la paroisse de Saint-Gilles, et plus souvent, sur un petit lac bien connu et très fréquenté, dans la paroisse de nt- Augustin.
Le souvenir de ces excursions, et de ce sport aussi agréable qu'il était fructueux, remplit les " Mémoires " de Mgr Paquet de réflexions et d'anecdotes extrêmement intéressantes, et que nous regrettons de ne pouvoir reproduire ici. 11 nous faut terminer ce chapitre en résumant très brièvement la vie de huit des enfants d'Etienne Paquet, laissant de côté pour des chapitres distincts Et. -Théodore, Adolphe, Benjamin et Louis-Honoré.
L'aîné des enfants était une fille, Esther. Elle fut baptisée le 18 janvier 182J, et mourut à St-Nicolas le 16 décembre 1886. C'était une personne très laborieuse, d'un grand jugement et d'une solide piété. Recherchée plus d'une fois par des partis avantageux, elle refusa toutes les offres de mariage, et préféra passer sa vie sous le toit paternel pour aider ses parents dans leurs travaux et l'éducation de leur nombreuse famille, pour leur rendre à eux-mêmes les derniers devoirs, et prodiguer ensuite ses soins et ses tendresses «à une autre famille, celle de son frère Adolphe, qu'elle regardait et traitait comme la- sienne propre. " Conservez-bien, écrit -Mgr Benjamin à ses neveux et nièces, le souvenir de son dévouement et de ses vertus. C'était une sainte. Elle vous a aimés pendant sa vie; elle vous aime encore, et prie pour vous du haut du ciel. ' De son côté, l'annaliste de la Chapelle de
Notre-Dame de Grâces, son cousin, après avoir tracé d'elle un portrait très fidèle, ajoute:
Oui peut compter les nombreuses visites qu'elles a faites au sanctuaire vénéré dont nous venons d'esquisser les annales, et les grâces de sanctification qu'elle y a puisées? Bien chère parente, mous ne vous verrons plus agenouillée auprès du saint tabernacle; nous n'entendrons plus votre voix chanter les louanges de Xotre-Dame de Grâces; mais à la faveur des lumières de la foi et de la sublime espérance chrétienne, nous vous verrons désormais au sein du Tabernacle éternel, chantant la gloire immortelle de la Vierge des vierges dont vous avez retracé les vertus pendant votre séjour d'ici-bas.
Eléonore, la deuxième des filles, fut baptisée le 5 janvier 1825. Mariée le 17 février 1846 à Guillaume Croteau, fils de Joseph Croteau (dont nous avons parlé plus haut) et huissier de Saint-Xicolas, elle éleva, non sans beaucoup de mérite, et avec toutes les vertus d'une épouse vraiment chrétienne, plusieurs enfants dont trois furent religieuses, l'une au Bon-Pasteur sous le nom de Ste-Ludivine. l'autre à l'Hôtel-Dieu du Sacré-Cœur sous le nom de St-Louisde-Gonzague, la troisième chez les Sœurs de la Charité sous le nom de Ste-Marie-Ange ; cette dernière était remarquablement douée. Deux de ses fils, Régis et Alphonse, tinrent pendant quelques années, un florissant commerce d'épicerie à Québec. Un autre, Télesphore, décéda jeune à Philadelphie où ses cendres reposent. L'aîné, Candide, est mort à Montréal en 1900. Les cadets, Eugène et Guillaume, émigrèrent de bonne heure, vers l'extrême Ouest canadien.
Deux petites-filles de Madame Croteau, suivant l'exemple de leurs tantes, ont voulu embrasser la vie religieuse ; Tune, Marie-Jeanne Croteau, fille de Philéas, fonctionnaire à l'Hôtel-de-ville, entra, il y a cinq ans au Carmel de St- Boni face, mais pour en sortir après une année pour cause de santé;
uillaume Croteau.—II. Mme Croteau.—III. Rde Sr Ste-Ludivine.—IV. Rde Sr Marie- Ange. — V. Rde Sr St-Ls de Gonzague. — VI. Rde Sr Marie du Sacré-Cœur.
l'autre. Sophie-Anne Desrochers, Mlle de Sophie Croteau, mariée à Gabriel Desrochers, a fait récemment profession chez les Sœurs du Précieux- Sang, à Lé vis, sous le nom de Sr Marie du Sacré-Coeur.
Madame Guillaume Croteau, d'une santé plutôt délicate, est morte relativement jeune. Elle a été inhumée à Saint-Nicolas le i i juin 1880. Son mari lui a survécu pendant de longues années, et il est mort le 15 janvier 191 1, à Québec, à l'âge vénérable de 94 ans et huit mois. Ses cendres reposent dans le cimetière de sa paroisse natale.
Isabelle, baptisée le 16 décembre 1825, entra à l' Hôpital- Général le 25 novembre 1845. ^e jour même que son frère Benjamin revêtit le capot d'écolier. Devenu religieuse professe sous le nom de Saint-François de Borgia, elle se dévoua avec la plus grande charité aux soins des pauvres, et donna à ses compagnes pendant plus de cinquante ans l'exemple de toutes les vertus de son état. Longtemps souffrante d'un rhumatisme très douloureux, elle ne cessa de montrer le plus grand courage, et mourut le sourire aux lèvres, au milieu des plus vifs regrets de la communauté, le 2~ février 1896. Elle eut. axant de mourir, la douce consolation de recevoir la bénédiction de S. G. Mgr l'Archevêque de Cyrène19. Son service, auquel assistaient plusieurs prélats et membres du clergé, fut chanté par son frère l'abbé Louis-Honoré Paquet.
Guillaume était le troisième des fils. Baptisé le 23 février 1827, il épousa le 7 février 1853 Marguerite Olivier de Saint-Xicolas, et alla s'établir à St-Calixte-de-Somerset. Il y mourut, quelques années après, des suites d'un accident survenu pendant qu'il travaillait sur sa terre. Son corps, transporté à Saint-Xicolas, y fut inhumé dans le cimetière, le 1er mai 1858. Madame Paquet épousa en secondes noces Jean-Baptiste Mercure.