I. Récemment, elle a passé de nouveau en d'autres mains
l'occasion les y invitait, d'y revenir! An jour de l'an surtout, personne, à moins de raisons graves, ne manquait au rendezvous. Nous ne saurions dire toutes les délicieuses impressions que laissaient dans les âmes ces réunions intimes si belles et si douces, et si pleines des souvenirs du passé. La joie des parents égalait celle des enfants 2.
Il est juste d'ajouter que M. Olivier Paquet, si dévoué de toutes manières à sa nombreuse famille, eut à cœur de faire donner à chacu des membres de cette famille une certaine mesure d'instruction. A Saint-Nicolas, il résidait à trente arpents de l'école. Malgré cette distance et des difficultés diverses, tous ses garçons et filles ( 14 adultes, sans compter l'abbé Xazaire) ont pu se pourvoir de connaissances suffisantes pour faire face aux principales obligations de la vie, pour écrire des lettres, tenir des comptes, et le reste.
Cependant, l'âge avançait. M. Paquet avait vu disparaître sa digne épouse, après une mort des plus édifiantes. Se sentant faible et incapable de continuer la grande culture, il alla se fixer avec l'une de ses filles sur un joli lopin de terre, près de l'église de Saint-Agapit. Il occupait ses loisirs par de menus travaux, qu'il ne comparait qu'avec regret aux durs et substantiels labeurs de jadis.
La fin approchait. Tous ses enfants vinrent le voir. Deux d'entre eux, Eugène et Candide, établis aux Etats-Unis depuis plusieurs années, firent le voyage du Canada pour assister aux suprêmes moments de leur vénéré père. Après avoir reçu les derniers sacrements avec piété et résignation. M; Olivier Paquet rendit son âme à Dieu dans le plus grand calme le 14 septembre 1896, à l'âge de 82 ans et 9 mois. C'est à lui qu'on peut bien appliquer ces paroles des Proverbes : " Il n'a pas mangé son pain dans l'oisiveté. "