L'abbé C.-X. Pâqnet (notes de famille
Les funérailles furent des plus solennelles. Ses onze fils suivaient son corps, le plus âgé Théodore avait 59 ans, le plus jeune, Alfred, 36 ans. Son neveu. Mgr Benjamin Paquet, P. A., chanta le service, pendant que son fils, M. le curé de Saint-Apollinaire, disait la sainte messe à l'autel latéral. Il repose dans l'église de Saimt-Agapit, à côté de son épouse bien-aimée.
Celle-ci, nous l'avons vu, s'appelait Adeline Demers.
Baptisée à Saint-Nicolas, le 1 1 février 1818, sous le nom de Marie, elle a toujours porté le nom d'Adeline. Elle était fille de François Demers, cultivateur, et de Marguerite Demers, descendante de Jean Dumay, et petite cousine de M. Jérôme Demers. Pendant quelques années, François Demers, dont la terre est bornée au fleuve par l'anse Demers ou la grande anse, dirigea un service de transport entre Saint- Nicolas et Québec avec un " horse-boat ".
Dès son enfance Adeline Demers se distingua par une tendre piété. Mariée à dix-huit ans et demi, on peut dire qu'elle mérita à plus d'un titre l'éloge de la femime forte de l'Evangile. De santé frêle, et malgré de grandes épreuves, elle se dévoua toute entière à l'œuvre qui lui fut dévolue par Dieu : celle de bien élever ses inombreux enfants, de les faire instruire, surtout en ce qui concerne la religion, et de les garder, autant que possible, sous son regard vigilant. Elle ne put empêcher que deux d'entre eux n'allassent vivre aux Etats-Unis. Toujours elle en parlait avec un vif chagrin. Inutile de dire avec quel zèle elle seconda son mari, lorsqu'il s'agit de pourvoir à l'établissement de ses fils et filles et à l'organisation de leurs nouveaux foyers. Dans la maladie, elle savait leur prodiguer les soins les plus assidus et les plus industrieux.
Souffrant elle-même depuis longtemps d'une affection du foie, elle fut atteinte d'hydropisie. Et après quelques se-
maines de vives douleurs, elle décéda pieusement le ier mai 1892, et alla recevoir au ciel la récompense de ses mérités. Son inhumation a eu lieu dans l'église de Saint-Agapit, après des funérailles solennelles rehaussées par la présence d'un grand nombre de parents et d'amis.
Nous allons maintenant dire quelques mots de chacun des enfants de M. Olivier Paquet, de ses fils d'abord au nombre de 11, puis de ses 5 filles.
L'aîné des fils, Etienne-Théodore, est né le 30 septembre 1837. Se trouvant le premier de la famille, il dut commencer jeune à aider son père. Actif, jovial, il était aimé de tous. Vers l'âge de vingt ans, dominé par l'amour des voyages et sollicité par des compagnons, il partit pour le Minnesota. Là, disait-on, la fortune sourit à tous les hommes entreprenants. Ce fut une affluence de chercheurs d'argent, puis bientôt un désappointement général. Après quelques mois d'ennui, le jeune voyageur revint auprès de ses parents. Il fut reçu à bras ouverts, et reprit avec joie le travail d'autrefois, jusqu'au jour où son père jugea le temps venu de le fixer sur une bonne terre, dans la paroisse de Saint-Agapit.
Le 15 juillet 1862, il unit sa destinée à celle de Délie Emélie Olivier, fille de M. Modeste Olivier, de Saint-Nicolas. Intelligente, active, industrieuse, cette femme de cœur contribua grandement au succès de toutes les entreprises de son mari. Huit enfants bien doués ont mis la joie dans le ménage. Tous sont établis heureusement et font honneur à leurs parents. Mme Théodore Paquet a précédé de plusieurs années son époux dans la tombe; lui-même est décédé le 30 janvier [916, à l'âge de 78 V2 ans. Ainsi que son épouse, il a
. Olivier Paquet.— II. Mme Paquet.— III. L'abbé C.-N. Paquet.— IV. Elz. Paquet. — V, M nie B. Paquet. — VI. Dr Bug. Paquet. — VU-XL Cinq petites filles religieuses.
été inhumé dans le cimetière de Saint-Agapit. Le service a été chaîne par son frère l'abbé C.-X. Paquet, assisté du Révcl Père Joachim. Franciscain, comme diacre, et de M. l'abbé A. Roberge, vicaire à Saint-Apollinaire, comme sousdiacre.
Le deuxième des fils s'appelle Julien.
Julien Paquet est né le 23 novembre 1838. Surtout dans son enfance, sa santé laissa à désirer. Son père l'établit à Saint-Agapit, comme Théodore. Il épousa à Saint- Apollinaire Délie Eugénie Aubin, et le mariage fut célébré par le Rév. Monsieur Dégaspé. Après quelques années de culture, Monsieur Paquet n'ayant pas d'enfants, et sentant ses forces faiblir, vendit sa propriété à son père, pour aller se fixer près de l'église de sa paroisse. Quelques années plus tard, nous le voyons à la tête d'une bonne maison de commerce, secrétaire de la commission scolaire et du conseil municipal, maître de poste à Saint-Agapit. Intelligent, honnête avant tout, homfcne de bon conseil, il a rendu des services réels à cette jeune paroisse.
Malheureusement sa digne épouse disparut bien soudainement. Frappée de paralysie foudroyante, elle rendit le dernier soupir après quelques jours, sans avoir recouvré connaissance le 16 janvier 1901 à l'âge de 56 ans. Son beaufrère. M. l'abbé C.-X. Paquet, présida à ses funérailles. Elle repose dans l'église de Saint-Agapit. On peut dire qu'elle a été le modèle des épouses. Très pieuse, discrète, charitable, elle a sans cesse édifié ceux qui l'entouraient. Brisé par ce terrible coup, Julien Paquet comprit que c'était le temps de prendre un repos bien mérité.
Il avait avec lui une nièce bien-aimée, orpheline de mère, élevée et instruite par ses soins, Melle Marie-Louise Deniers. Cette jeune fille ayant épousé un marchand de Saint- Michel de Bellechasse, Monsieur Georges Roy, c'est auprès d'eux
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que M. Julien Paquet s'est retiré, et qu'il coule les jours d'une vieillesse heureuse et paisible.
Benjamin était le troisième fils de Olivier Paquet.
Il naquit à Saint-Xicolas le premier mars 1840. Il montra très jeune ce qu'il devait être plus tard: un homme de caractère et d'énergie. Il suivit au collège de Lévis les leçons du cours commercial qu'il compléta par quelques mois de classe anglaise à Québec. Un jour son oncle et parrain, M. Benjamin Paquet, lui proposa de le faire entrer au Petit Séminaire de Québec. " Vous, mon oncle, lui répondit le jeune homme, vous faites instruire des jeunes gens et des jeunes filles, pour en faire des prêtres et des religieuses; ce n'est pas mon intention de devenir un prêtre. " L'oncle n'insista pas.
Benjamin Paquet s'est toujours occupé de commerce. Il a rempli avec distinction les principales charges de la paroisse de Saint-Xicolas : celles de secrétaire des écoles, de greffier du conseil, de maire. Il parlait facilement, et déployait dans la discussion beaucoup de ressources. Il avait le sens des affaires. Comme il consultait deux avocats distingués de Québec à propros d'une affaire importante de succession, l'un d'eux lui fit cette remarque : " Mais vous, M. Paquet, dites-moi donc pourquoi vous ne vous êtes pas fait avocat ? — Parce que, répondit-il, j'aurais été encore plus canaille que je ne suis. "
Il avait pris pour compagne de sa vie Délie Adeline Martineau. Tous deux se donnèrent la main pour élever soigneusement leur famille, composée de trois garçons et de cinq filles. L'une des filles. Yaléda, a pris le voile, sous le nom de Sr Marie de St-Denys, au Bon Pasteur de Montréal. Mgr Racicot, auxiliaire, présida à sa profession. Actuellement elle rend de précieux services à l'Orphelinat du Parc Laval.
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Une antre de ses filles, Mélanie, s'est vue soumise aux pins rudes épreuves. Son époux, Eugène Dubois, venait de décéder à l'âge de 50 ans. Six mois après, le 10 mai 19 14, leur fille chérie, Marie-Blanche, un ange de piété et de candeur, qui avait communié le matin même, fut lâchement assassinée à coups de marteau, â l'âge de 20 ans. Ce crime causa à Québec un grand émoi, et provoqua les sympathies les plus vives. On fit â la chère défunte des funérailles très solennelles. Trois cent soixante enfants de Marie suivaient le corbillard avec leurs insignes. L'église de Saint-Sauveur était littéralement remplie. L'abbé C.-X. Paquet, grand oncle de Melle Dubois, chanta son service. Longtemps le deuil planera sur la famille affligée.
Benjamin Paquet avait laissé, il y a déjà plusieurs années, Saint-Nicolas pour Montréal. Frappé de paralysie, il fut condamné à garder la chambre un assez long temps et au milieu de souffrances qu'il sut endurer avec une résignation parfaite. Il est mort le 19 novembre 191 5, à l'âge de y^ ans et 9 mois. Son service a été chanté par son frère, M. l'abbé Nazaire, assisté du curé et du vicaire de la Pointeaux-Trembles, MM. Roussin et Ferland. Sa sépulture a eu lieu, sur un lot de famille, à Saint-Joseph de la Rivière-des- Prairies (île de Montréal).
Nous arrivons au quatrième fils de Olivier Paquet, appelé François.
François Paquet a vu le jour à Saint-Nicolas le 15 août 1841. " D'un cararctère doux, paisible, et jamais pressé, il est toujours arrivé â temps. Son père l'a établi sur une propriété un peu moins avantageuse que celles de ses frères: terre noire, basse, assez difficile à égoutter. Par un travail assidu, il l'a bien fait valoir3. "