L'abbé C.-N. Paquet (notes de famille
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Il a épouse à Saint-Apollinaire Dlle Clarisse Bergeron,
personne pieuse et qui fut avant tout une femme chrétienne. Elle avait un don particulier pour instruire et former ses enfants. Aussi ses cinq fils et ses deux filles font-ils honneur à leurs parents par leur conduite et leur position. Les filles ont eu l'avantage de suivre le cours complet donné par les 3 eurs de la Congrégation de Montréal. L'une, Marie- Anna, est mariée à un brave cultivateur de St-Agapit; l'autre, Louisiana, s'est faite religieuse chez les Dames de la Congrégation sous le nom de Sr Sainte-Anna. Ses supérieures l'estiment beaucoup dans la mission où elle enseigne.
La mère est décédée depuis plusieurs années d'un cancer à l'estomac. Le père jouit encore d'une bonne santé; il aide de ses conseils et de son travail son fils Albert, auquel il a transmis le bien paternel.
M. François Paquet compte parmi ses enfants le Dr Eugène Paquet, ex-député de l'Islet.
Eugène Paquet est né à Saint- Agapit le 23 octobre 1867. Il a fait ses études classiques au Petit Séminaire de Québec, et ses études médicales à l'Université Laval de Québec. Il remporta l'un des prix Morrin, et il fut fait, en 1892, docteur en médecine avec très grande distinction.
Jusqu'à l'année dernière, le Dr Paquet exerça sa profession à Saint- Aubert, comté de l'Islet. En 1893 ^ épousait Délie Elise Lafrance,. fille de feu Victor Lafrance, relieur à Québec. Très populaire dans sa région, il brigua en 1904 les suffrages du comté de l'Islet, et il fut élu député de ce comté pour la Chambre des Communes. Malgré une vive opposition, il fut réélu en 1908 et en 191 1. Conservateur en politique, il savait cependant s'élever en Chambre au dessus des questions de parti. Il s'intéressa particulièrement à l'agriculture, à l'immigration et au rapatriement des Canadiens-français. Il prononça sur ces sujets plusieurs discours
vibrants de patriotisme. C'est ainsi que le 10 février 1909, il disait de nos frères franco-américains :
Les Canadiens- français expatriés aux Etats-Unis déploient la force, la ténacité, le courage et l'héroïsme de la race française. Ils luttent contre un nationalisme assimilatenr et élaborent l'avenir en conservant la langue et la foi des ancêtres, et en restant fidèles au drapeau de cette démocratie virile et généreuse qui étonne le monde par la richesse de ses conceptions et ses triomphes dans toutes les sphères de l'activité humaine.
L'orateur-député ne perdait aucune occasion d'affirmer sa foi et de revendiquer les droits de son Eglise et de sa race.
Aussi, en 1905, lorsque furent constituées les nouvelles provinces de l'Alberta et de la Saskatchewan, il parla et vota à l'encontre du sentiment de son chef politique, M. Borden, en faveur des libertés scolaires religieuses de la minorité, et du maintien de la langue française. En 191 2, il se sépara de nouveau de son chef, devenu premier ministre, pour réclamer la sauvegarde des droits catholiques du Keewatin qu'on allait annexer au Manitoba. En 1916, il soutint de sa parole, à différentes reprises, la cause de l'école bilingue ontarienne, et lorsque fut présentée en Chambre la motion Lapointe sympathique à nos compatriotes de l'Ontario persécutés dans leur langue, il donna de nouveau uni vote opposé à celui de la grande majorité de son parti. Enfin, en 191 7, quoiqu'il se fût prononcé en faveur de la participation du Canada à la grande guerre (discours appuyant la motion en faveur de l'adresse), il fit de nouveau acte d'indépendance et de fierté politique en repoussant de son vote le projet de loi établissant la conscription.
Par cette conduite très noble, le Dr Eugène Paquet a perdu les avantages de la faveur gouvernementale; mais il s'est
attiré l'estime de tous ceux, — et ils sont de pins en plus nombreux,— qui savent apprécier l'homme de caractère fidèle à la voix de sa conscience et aux meilleures traditions de son pays. Le docteur Paquet n'a pas été candidat aux élections fédérales de 19 17. Il exerce maintenant sa profession à la Baie-des-Chaleurs.
Le cinquième Mis de Olivier Paquet porte le nom de Honoré.
Il est né le 20 décembre 1842. Voyant qu'il aimait beaucoup la culture, son père divisa sa propriété de Saint-Nicolas, pour l'établir près de lui dans sa paroisse natale. Le 19 janvier 1889, Honoré Paquet joignit son sort à celui de Rose-de-Lima Gingras; le mariage fut célébré par le Rév. M. Octave Faucher, vicaire à Saint-Nicolas, devenu plus tard chanoine honoraire du Chapitre de Québec. La nouvelle femme était la bonté même, d'un caractère très doux et d'une piété profonde.
Plusieurs enfants naquirent. L'espoir de leur créer ailleurs, avec plus de facilité, des établissements convenables engagea M. Paquet à vendre sa terre de Saint-Nicolas, et à acheter des propriétés dans la paroisse de Sainte- Agathe. Jouissant de l'estime de ses concitoyens, il exerça pendant quelques années la charge de maire de cette localité. "Avancé en âge, et voyant ses fils peu attachés à la culture du sol, il a de nouveau déplacé ses pénates, et il vit maintenant de ses rentes chez son gendre, M. Savoie, à Montréal 4. "
Eugène, sixième fils de Olivier Paquet, est né à Saint- Nicolas le 1er avril 1844.
Le goût des voyages s'empara de lui de bonne heure; et à l'âge de vingt et un ans, il partit pour l'Etat du Michigan. Après quelques années d'un travail un peu irrégulier, il se