‹ La paroisse de Saint-NicolasChapitre 39 sur 108 · Voir le Soleil du 4 janv · texte numérisé non relu

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plus vieux de leurs petits-fils. Maurice Laliberté, élève de rhétorique au Séminaire de Québec. Durant la messe, il y eut chant à l'orgue par les entants des jubilaires, Benjamin, Alphonse. Albert. Achille, Madame Roberge. et Melle Alice. M. l'abbé Louis-Honoré Paquet, aumônier des Sœurs Franciscaines missi aires à Québec, et frère du jubilaire, prononça avec son éloquence habituelle l'allocution de circonstance. Après quoi, il y eut chant solennel du " Te Deum ", puis réception chez M. Benjamin Paquet, et déjeûner pour les jubilaires qui avaient reçu à la messe la sainte communion. Le dîner fut servi à la maison paternelle. Autour des tables somptueusement garnies se voyaient les nombreux parents invités à cette fête de famille. M. l'abbé Cantin. curé de la paroisse, était présent, et voulut bien exprimer les sentiments de vénération qui l'animaient envers Monsieur et Madame Paquet. Ce fut Mgr L.-A. Paquet qui présenta aux jubilaires les vœux de bonheur de toutes les personnes présentes, et de tous les amis absents, ainsi que les riches cadeaux qui accompagnaient ces vœux. Signalons particulièrement un tableau composé de photographies de tous les membres de la famille, père et mère, enfants et petits enfants, et conçu et exécuté avec beaucoup d'art T. Quelques mois auparavant, comme préambule de ces fêtes, on avait déjà présenté à Monsieur et Madame Paquet leurs portraits peints à Rome par Capparoni, portraits d'une très bonne facture et d'une ressemblance parfaite qui ornent aujourd'hui le salon de Monsieur Alphonse, et qui font l'admiration de tous les visiteurs. " A la fin du dîner, Mgr L.-A. Paquet, écrit le " Soleil ", donna lecture d'un câblogramme de Rome dans

7. Ce tableau est dû au talent de la Révérende Mère Marie de l'Eucharistie, des Sœurs de la Charité.

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lequel Sa Sainteté le Pape Pie X bénissait de tout cœur les jubilaires et les parents. Mgr Paquet se rit aussi l'interprète des vœux et des bénédictions dont Mgr l' Archevêque Bégin l'avait chargé pour ses vénérés parents. Il y eut de plus lecture d'un télégramme de félicitations et de souhaits de la part de l'abbé Côté, curé de Sainte-Croix. " Ajoutons que les révérendes Sœurs de l' Hôtel-Dieu du Précieux Sang de Québec où étaient attachés professionnellement deux des enfants des jubilaires, l'un (Albert ) comme assistant-chirurgien, l'autre (Achille) comme médecin interne, axaient eu la délicatesse d'envoyer une très belle adresse de circonstance rehaussée par un joli cadeau. Le rhétoricien Maurice s'exprima au nom des jeunes et sut faire jaillir de son cœur des paroles appropriées. La fête se termina par des chants joyeux, des conversations pleines d'entrain, et quelques compliments de rillettes bien tournés.

Lors de ces réjouissances qui feront époque dans l'histoire des familles de Saint-Xicolas, les jubilaires paraissaient jouir encore d'une bonne santé. Bientôt cependant Madame Paquet sentit les premières atteintes du mal qui allait la conduire, deux ans et demi après, au tombeau. Se trouvant, le ter juillet [909, chez ses fils les docteurs Paquet ( rue Ste-Anne) où elle se plaisait, par intervalles, à séjourner, elle décéda subitement vers le soir entre leurs bras. Elle venait de réciter son chapelet qui ne la quittait pas. La mort, en la touchant paisiblement de son aile, avait ouvert à cette âme si bonne les portes du .paradis. Madame Paquet était âgée de 70 ans et six mois.

Un libéra fut chanté, pour le repos de son âme. dans la Basilique où un très grand nombre d'amis, ecclésiastiques et laïques, s'étaient fait un pieux devoir de se rendre, et elle fut inhumée le 5 juillet dans l'église de Saint-Xicolas. Ses obsèques prirent un caractère de solennité inconnu jusque-là

dans la paroisse \ On n'avait jamais vu pareil témoignage de sympathie offert à une famille en deuil. L'éloge de la défunte était dans toutes les bouches. Une centaine de voitures et plus escortaient la dépouille mortelle. Il y avait là beaucoup de personnes de Québec et des paroisses environnantes. Plus de cinquante prêtres étaient présents. M. l'abbé L.-H. Paquet, beau-frère de la défunte, présida à la levée du corps, et le service et l'absoute furent chantés par Mgr C.-A. Marois, Protonotaire Apostolique et Vicaire-Général.

M. Paquet, déjà brisé par l'âge, ne put se remettre du coup que lui avait porté la mort de sa femme si chère. Evn apprenant cette mort douloureuse, il s'était écrié en sanglotant : J'ai vécu avec elle 52 ans; moi seul sais ce que je perds. " Une autre épreuve l'attendait et l'affecta également beaucoup: l'incendie de sa maison. La maison de M. Paquet ayant été mise en réparation, on avait transporté le vénérable vieillard chez son fils Benjamin. C'est là qu'il se trouvait, lorsque le feu réduisit sa demeure en cendres. On essaya, mais vainement, de lui cacher ce malheur. Il rentra, quelque temps après, dans sa maison refaite à neuf, assista à son inauguration (laquelle coïncidait avec les noces d'or de l'abbé L.-H. Paquet), et se prépara dans le recueillement et la prière, et au milieu des soins délicats dont il était entouré, à paraître devant son juge suprême. Il mourut, assisté de tous les secours de la religion, le 4 août 1914: son fils, prêtre, et sa fille, religieuse, étaient là tous deux pour lui rendre les derniers devoirs et lui fermer les yeux. Les funérailles, qui eurent lieu le 7, prirent des proportions aussi exceptionnellement imposantes que celles de Madame Paquet. Plus de 130 voitures0 faisaient partie du convoi funèbre.

8. Voir le Soleil et l'Action Sociale de cette date. <). Le Soleil, 11 août 1914.

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Beaucoup de citoyens de Québec et d'ailleurs étaient présents. La levée du corps fut faite par M. l'abbé L.-H. Paquet, et le service chanté par Mgr A.-E. Gosselin, Protonotaire Apostolique et recteur de l'Université Laval. Trois prélats assistaient au choeur, ainsi qu'uni très grand nombre de prêtres venus de partout. Pendant le service, le fils du défunt. Mgr L.-A. Paquet, et son petit-fils, M. l'abbé Maurice Laliberté, dirent des messes basses aux autels latéraux. M. Paquet fut inhumé dans l'église de Saint-Nicolas à côté de celle qui fut la compagne si dévouée de sa vie 10.

Le nom de cet homme de bien occupera désormais, dans les annales de sa paroisse, un rang d'honneur.

Au lendemain de sa mort, P" Action Catholique " résumait comme suit la carrière du défunt:

Nous apprenons avec regret la mort de M. Adolphe Paquet, époux de feu Madame Eléonore Derniers, cultivateur et ancien maire de la paroisse de Saint-Nicolas, qui est décédé aujourd'hui même à sa demeure à l'âge très avancé de 84 ans, après une longue maladie.

M. Paquet était un des citoyens les plus en vue de la paroisse de Saint-Nicolas dans laquelle il a joué un rôle important. Maire de cette paroisse pendant de nombreuses années, cet homme d'initiative prit pendant un demi-siècle une part très active à la direction des affaires civiles de Saint-Nicolas. Cultivateur intelligent, il fut comme les autres membres de la famille Paquet, um des premiers à adopter les méthodes de culture les plus rationnelles: il acquit ainsi, dans l'exercice de sa noble profession, une prospérité enviable : il ne contribua pas peu non plus, par son exemple, à faire progresser l'agriculture dans cette paroisse de Saint- Nicolas, une des plus anciennes de notre pays où nos pères, gardiens fidèles

10. Un marbre placé près de la porte latérale du Sud rappelle la mémoire de Etienne Paquet et des divers membres de sa famille qui dorment leur dernier sommeil dans le caveau de l'église paroissiale.

des traditions des ancêtres, s'attardèrent quelquefois trop à suivre la routine.

C'est Alphonse, le troisième fils de M. Adolphe Paquet, qui gère le bien paternel. L'ancienne maison, qu'on était à restaurer par ses soins, brûla, nous l'avons dit, en 191 2, et plusieurs objets précieux périrent dans cet incendie. La maison reconstruite sur les fondations de l'édifice incendié, est plus haute que la précédente, mais a gardé les mêmes proportions de longueur et de largeur, et à peu près les mêmes dispositions intérieures. Un vaste bâtiment propre aux différents usages domestiques y a été annexé. Dès 1908, une grange dernier modèle avait remplacé l'ancienne. Monsieur Alphonse, marié le 21 juillet 1891 à Eugénie Lamothe, fille de Louis Lamothe. ingénieur, est père de dix enfants vivants, dont quatre fils et six filles : Louis-Alphonse, Jules, Etienne et Paul-Emile, et Rachel, Reine, Lucette, Mariette, Germaine, Cécile. Deux de ses filles, Rachel et Reine, ont épousé 'naguère, la première M. Nazaire Dion, la seconde, M. Benjamin Desrochers. Alphonse Paquet est maire de Saint-Nicolas depuis 191 t. 11 a aussi été président de la Commission scolaire de 191 1 à 1916, et il est l'un des membres-fondateurs et le vice-président actuel du Syndicat des éleveurs du district de Québec, et l'un des membres de la Société des éleveurs de la province de Québec ainsi que son frère Benjamin.

L'aîné des fils, Louis-Adolphe, après avoir étudié à Saint-Louis-de-Lotbinière, au Séminaire de Québec (où il remporta comme premier bachelier la médaille Deniers) et à l'Université de la Propagande, fut fait prêtre à Rome (nous l'avons dit) le 24 mars 1883. Ses études théologiques

furent couronnées par une soutenance publique devant Léon XIII au Vatican. Nommé professeur de théoHgie à l'Université Laval des son retour de Rome, puis assistant-directeur du Grand Séminaire en 1887, il remplit cette double fonction jusqu'en 1902; cette année même, il devint Directeur des Séminaristes et Directeur du Séminaire, charges qu'il résigna en jqo6 pour raison de santé. Dans l'intérêt de sa santé ébranlée et aussi comme représentant des Evêques de la Province de Québec, il a passé trois hivers à Rome, suivis d'un séjour de quelques mois à Paris. Il est membre du Conseil universitaire depuis 1897, protonotaire apostolique depuis 1902, membre de la Société royale et Doyen de la Faculté de Théologie depuis 1903, membre de l'Académie romaine de St-Thomas-d'Aquin depuis 1907, Vicaire-Général de Québec depuis 1908. Il fait partie de rOfficialité diocésaine, du Comité des Censeurs diocésains, et du Comité de Vigilance. Il a publié un Commentaire sur la Somme de Saint-Thomas en 6 volumes, un ouvrage sur le Droit public de l'Eglise en 4 volumes, un volume de Discours et Allocutions prononcés dans nos fêtes patriotiques et religieuses et autres circonstances, et trois volumes d'Apologétique et de questions sociales.

Le second fils d'Adolphe Paquet est Benjamin. Marié à Âlphonsine Paquet le 7 avril 1891, il est père de deux enfants (nous l'avons dit plus haut), Juliette et Benjamin. Il a pris, en qualité de chantre, puis d'organiste, une part active à toutes les solennités religieuses de la paroisse depuis près de quarante ans. Il a été maire de Saint-Nicolas en 1901-1902, et président de la Commission scolaire de 1907 à 1910; il est actuellement président du Cercle agricole, et président du Syndicat de la Beurrerie du Haut de la paroisse dont il fut l'un des principaux membres fondateurs. , Déjà propriétaire d'une terre un peu en amont de l'église où

son père l'avait établi et qui s'étendait du fleuve jusqu'au

troisième rang-, il a hérité < nous l'avons vu) du bien de son beau- frère Ignace ainsi que de sa maison dans laquelle il réside maintenant. Ses vergers forment l'une des exploitations fruitières les plus considérables de tonte la région de Québec11.

Les pins jeunes fils d'Adolphe Paquet sont Albert et Achille ; tous deux anciens élevés du Petit Séminaire de Québec et bacheliers, puis élèves à la Faculté de Médecine de l'Université Laval où ils conquirent avec grande distinction le titre de docteur en médecine et remportèrent la plupart des premiers prix 12, tous deux anciens internes de la Maternité et de l' Hôtel-Dieu du Précieux Sang de Québec et ex-étudiants des principaux hôpitaux de Paris ls. — Le Dr Albert, depuis 1906, est professeur à la Faculté de Médecine de l'Université Laval, et il a été pendant onze ans assistantchirurgien à l' Hôtel-Dieu. Il a aussi été secrétaire de la Rédaction au " Bulletin médical de Québec ", puis l'un des directeurs de cette revue, et secrétaire général du IVe Congrès des médecins de langue française au Canada. Il épousa, le 2 juillet 191 2. Melle Alice Amyot, hlle aînée de l'honorable Geo.-E. Amyot, membre du Conseil législatif, Cheva-

11. Benjamin Paquet et son frère Alphonse ont pris part, le printemps dernier, à la grande délégation des cultivateurs de la province de Québec qui se sont rendus à Ottawa, sous la direction de l'hon. M. Caron, ministre de l'Agriculture à Québec, pour protester de concert avec les cultivateurs des provinces anglaises contre la conscription imposée à tous les fils de cultivateurs canadiens.

12. En 1899, M. Albert Paquet remporta le 1er prix Morrin et le prix Lemieux : en 1900. le 2ème prix Morrin: en 1901, le 1er prix Morrin: en 1902, le 1er prix Morrin. — En 1903, M. Achille Paquet à son tour remporta le 1er prix Morrin; en 1904, le 2ème prix Morrin ex-œquo; en 1906, le 1er prix Morrin, le prix Turcot, et le prix du Gouverneur ex-œquo.

13. De plus, le Dr Achille a étudié spécialement l'orthopédie à Berck-sur-Mer, sous la direction du célèbre spécialiste Calot. (Voir le Soleil, 2 sept. 1908).

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lier de Saint- Jean de Jérusalem, Commandeur de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Gnmd, et il rit, à cette occasion, avec sa jeune épouse un second voyage en Europe. Il est père de deux enfants. Louise et Monique, et il exerce sa profession à Québec, en société avec son frère, le Dr Achille. — Celui-ci est l'un des propriétaires de l'hôpital Saint-Luc et l'un des médecins-directeurs de l'hôpital vSaint-François-d' Assise. Il épousa, le 16 avril 19T2, Melle Corinne Duchaine, fille de M. Thomas Duchaine, rentier de Québec, fondateur de la manufacture Duchaine et Perkins.

Les docteurs Paquet, encore jeunes, ont une clientèle considérable, et jouissent d'un grand renom à la ville et à la campagne, et dans la plus haute société.

Nous avons dit que la famille de M. Adolphe Paquet se composait de cinq fils et de cinq filles.

L'aînée des filles, Joséphine, épousa le 9 février 1886 M. Côme Laliberté, cultivateur de Sainte-Croix, et l'un des citoyens les plus marquants de cette paroisse. De ce mariage sont nés plusieurs enfants dont sept vivants, trois fils, Maurice, Henri, Benoît, et quatre filles, Marie-Louise, Aurélie, Joséphine et Berthe. L'aîné des fils, Maurice, a fait ses études classiques et théologiques au Séminaire de Québec. Il est bachelier ès-arts. Ordonné prêtre dans sa paroisse natale le 15 mars 1914, il enseigne depuis plusieurs années les Belles-lettres au Séminaire dont il est l'un des prêtres auxiliaires. La plus vieille des filles, Marie-Louise, est religieuse professe, chez les Sœurs de la Congrégation, sous le nom de Sr Saint-Louis-du-Carmel. La deuxième des filles, Aurélie, est entrée en 191 7 chez les Sœurs de la Charité de Québec.

Noiis avons déjà mentionné la mort de la deuxième et de la troisième des filles de M. Paquet, Eugénie et Marie- Louise, et l'entrée en religion de la quatrième, Ludivine. La

Révde Mère Marie-de-la- Visitation — c'est son nom — a été Supérieure du Couvent de Saint-Joseph-de-Beanee pendant six ans, et elle est actuellement supérieure de l'Hôpital de Thet ford. Elle fait partie du Conseil de sa communauté. Alice est la plus jeune des filles. Ancienne élève de l'Académie de Saint-Nicolas et des Ursulines de Québec, elle a épousé le 26 août 191 5 Hormisdas Magnan, ancien élève du Séminaire de Nicolet 14, ancien journaliste, fonctionnaire au département de la Colonisation de Québec, auteur de plusieurs brochures sur la colonisation et d'une monographie de la paroisse de Notre-Dame-du-Chemin. Monsieur Magnan est père de six enfants vivants : Alphonse, Charles, Paul, Antoinette, Rolande et Teaame.

14. Il a aussi fait un stage d'un an à l'Ecole normale Laval de Québec, 1897-98, avant d'entrer dans la vie de journaliste et de publiciste, emploi qu'il occupe encore présentement.

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