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Mais les fêtes dont nous venons de parler ne devaient pas tarder à être suivies de semaines d'angoisses et finalement de deuil. L'abbé Louis-Honoré Paquet dont la santé n'avait jamais été robuste, et cjne l'âge minait depuis longtemps, déclina rapidement. Vers la fin de l'été 191 5, les docteurs Albert et Achille Paquet, ses neveux, déclarèrent que la fin était proche, et ces prévisions n'étaient que trop vraies. Le malade sut généreusement se soumettre à la volonté de Dieu ; et, lorsque la mort vint le chercher, elle le trouva prêt, calme et résigné.
L'abl>é Louis-Honoré Paquet rendit sa belle âme à Dieu, le 19 septembre 191 5, à une heure du matin, entouré de ses neveux qui avaient pu se rendre à son chevet : Mgr Louis- Adolphe Paquet, Alphonse Paquet, les docteurs Albert et Achille Paquet, et l'auteur de ces lignes. Trois religieuses Franciscaines et trois religieux Franciscains assistèrent le malade jusqu'à son dernier soupir. Jamais nous m'oublierons la scène touchante des derniers instants! Incapable de soulever ses membres affaiblis, mais soutenu par ses infatigables infirmières, le mourant bénit les membres présents de la famille et ses chères Sœurs Franciscaines qui vinrent par groupes s'agenouiller près de leur cher Père et bienfaiteur.
Les funérailles eurent lieu le 22 septembre dans la chapelle des Sœurs Franciscaines, en présence de plusieurs évêques, d'un grand nombre de prélats, de prêtres, de religieux, et de religieuses, de personnages laïques distingués, et des membres de la famille. Son Eminence le cardinal Bégin voulut, lui-même, chanter le service, et le R. P. Alexandre M. Couget, Franciscain, prononça l'oraison funèbre. Le récit complet des funérailles, et le texte même de l'oraison funèbre du défunt, se trouvent consignés dans le volume consacré à sa mémoire, et qui a pour titre " L'abbé Louis- Honoré Paquet. Echos et Glanures ". Nous recommandons ces pages au lecteur.
Le corps de l'abbé Paquet repose à l'ombre de l'église qu'il a construite, embellie, et remplie de l'encens de sa prière et des échos de sa parole, et sous le regard reconnaissant de ses filles spirituelles auxquelles il a légué, avec les œuvres de son zèle, presque tout le fruit de ses économies et de ses travaux. 11 vivra éternellement dans leur cœur.
Nous ne pouvons mieux clore ce chapitre, qu'en reproduisant les paroles suivantes de l'image-souvenir où l'on a résumé la vie de ce prêtre distingué:
Il a cru en Dieu; il a prêché et glorifié Dieu; il a aimé le Fils et la Mère de Dieu; il a sacrifié ses biens à Dieu; il est mort en espérant de la bonté divine les joies impérissables dues aux bons et dévoués serviteurs.
Nous n'ajouterons que quelques mots.
Au physique, l'abbé Louis-Honoré Paquet ne ressemblait que très peu à son frère Benjamin, quoique tous deux fussent de taille movenne. Autant celui-ci, avec l'âge, avait pris de l'embonpoint, autant l'autre s'était obstiné dans une maigreur désespérante. Cependant ses derniers portraits accusent sous ce rapport un progrès. Benjamin marchait d'un pas calme et grave ; l'allure de Louis était alerte et décidée. Le teint du premier était clair; celui du second était brun. Ses cheveux très noirs avaient blanchi de bonne heure : mais son œil, cet œil profond, vif, lumineux, que ne sauraient oublier ceux qui l'ont connu, garda jusqu'à la mort sa puissance et sa flamme.
Les deux frères. Benjamin et Louis, malgré de fortes dissemblances physiques, restèrent toujours très étroitement unis par la pensée et par le cœur.