‹ La paroisse de Saint-NicolasChapitre 48 sur 108 · Cf. Desjardins, Débats de 1880, pp · texte numérisé non relu

Cf. Desjardins, Débats de 1880, pp

7. Voir (dans l'Evénement, 3 juillet 1875) le compte rendu d'une assemblée tenue chez M. Jos. Méthot.

cier son esprit délicat et cultivé, son beau talent et son riche caractère.

D'un abord assez froid, comme s'il eût craint de trop se découvrir, il prenait immédiatement contact avec son interlocuteur aussitôt qu'il avait jaugé son homme, et menait rondement une affaire. Il Ta prouvé lors de son passage au ministère et dans toutes les hautes positions qu'il a occupées. Sa finesse d'observation était surtout remarquable, et il n'avait besoin de nul gallon pour prendre la mesure d'un adversaire: son sourire légèrement ironique montrait assez qu'il comprenait le jeu et qu'il n'ignorait pas dans quelles mains se trouvaient les atouts.

Tout éloquent qu'il fût. — car ça été sa puissance, — je ne crois pas que dans toute sa carrière il ait jamais dit un mot qu'il eût à regretter. Il était la réserve même et savait garder le mot d'esprit qui lui venait aux lèvres, s'il s'apercevait qu'il eût pu froisser quelqu'un.

Eloquent, oui, il le fut, de cette éloquence grave, mesurée, je dirais classique, lors même qu'il s'adressait au populaire. Dans ses improvisations, comme dans ses discours médités, la phrase châtiée coulait de source.

Le 3 juillet 1883, le " Journal de Québec " annonçait la pénible nouvelle suivante :

' Nous apprenons avec peine que l'un de nos hommes politiques les plus estimés, l'honorable M. Paquet, député de Lévis, a été gravement blessé avant-hier. MM. Paquet et Bolduc. député du comté de Beauce aux Communes, faisaient l'inspection des coupes de bois qu'ils possèdent du côté de la grande rivière Sainte-Anne, près du pont Bacon. En voulant descendre à la rivière. M. Paquet a glissé. Il s'est accroché à une branche d'arbre. Elle a cédé sous le poids. Il a été précipité sur les roches de la rive. MM. les

docteurs Godboui et Geo. Bolduc, mandés en grande hâte, se sont rendus auprès du blessé, et lui ont donné les premiers soins. M. Bolduc, M. P., jugeant de la gravité du cas, et voyant l'impossibilité de transporter en voiture l'honorable M. Paquet, a mandé un bateau à vapeur de Québec Le chef de la police riveraine, M. Trudel, s'est empressé de mettre à la disposition de l'honorable M. Paquet le yacht le Dolphin. L'honorable M. Paquet a été transporté hier à sa résidence par les hommes de la police riveraine. Les docteurs Vallée et C. Sewell ont fait les premiers pansements. Nous faisons des vœux pour le prompt rétablissement du sympathique et intelligent député de Lévis. '

En conséquence de cet accident, et du repos forcé qu'il allait entraîner, M. Paquet résigna son mandat de député de Lévis, et il fut nommé shérif-conjoint de Québec, le 25 octobre 1883. Le "Journal de Québec" (2 nov. 1883) annonçait en ces termes ce changement dans la carrière de l'honorable M. Paquet: "C'est avec regret que nous le voyons quitter les soucis et les responsabilités de la politique. M. Paquet était un des meilleurs travailleurs de l'Assemblée législative. Tons ses collègues savent la rude besogne dont il s'est acquitté, l'an dernier, en acceptant la présidence du Comité des Bills privés. En Chambre, il savait conduire parfaitement une discussion, et il s'imposait par sa parole calme, toujours bien renseignée. Il a été élu quatre fois par le comté de Lévis où sa popularité est très grande. Du 31 octobre 187c;, au 3T juillet 1882, il a rempli avec distinction les fonctions de secrétaire provincial. Le parlement de Québec perd en lui un député érudit et actif. Nous offrons nos regrets à l'homme politique qui part, et nos félicitations au nouveau fonctionnaire de l'Etat. '

M. Paquet s'acquitta consciencieusement, .pendant plusieurs années, de la charge de shérif de Québec. En 1891,

lors des élections fédérales, les amis de M. Paquet l'engagèrent très fortement à rentrer dans la vie politique. Il finit par céder à leurs instances, et le " Courrier du Canada ( 17 fév. 1891) en témoignait ainsi sa joie: " La nouvelle de la candidature de Thon. E.-T. Paquet à Lévis en opposition au Dr Guav a causé une agréable surprise à tous les amis de la cause conservatrice. L/ex-shérif de Québec est une des figures les plus sympathiques de notre monde politique. Orateur distingué, de caractère particulièrement affable, il est très populaire dans le comté de Lévis où il a fait des luttes mémorables. Son retour inespéré sur la scène publique sera accueilli avec joie par ceux qui avaient regretté sa retraite prématurée de la politique. " M. Paquet fit bravement la lutte. Il développa devant les électeurs le programme protectionniste qu'il avait fait sien. Mais son adversaire, le Dr Guay, s'était créé antérieurement dans tout le comté de puissantes attaches, et il l'emporta par 381 voix de majorité.

M. Paquet renonça définitivement à la politique, et le 12 octobre 1894 il fut nommé Directeur des Postes à Québec, charge qu'il occupa jusqu'à sa mort.

Sous le titre de " Nouvelle du jour ", le " Chronicle " de Québec, du 15 octobre 1894, disait:

Nous apprenons de source certaine que le successeur de feu M. Tourangeau, comme Maître des Postes de Québec, a été nommé. En faisant cette nomination, sans tarder, le Gouvernement doit être félicité, car ce poste est si important, qu'il aurait été de mauvaise politique de le laisser longtemps sans un chef expérimenté ; on sait que Thon. Sir Adolphe Caron, n'a jamais été un lambin: aussi, s'est-il empressé de remplir cette vacance tout de suite. C'est pourquoi nous sommes heureux de l'en féliciter, comme aussi du choix qu'il a fait dans la personne de Thon. M. Paquet, dont les qualités ne le cèdent à celles de personne.

Et le journal anglais, après avoir rappelé certaines circonstances politiques qu'il est inutile de mentionner ici, ajoutait :

M. Paquet est un gentilhomme d'une forte instruction, un administrateur habile et un homme d'action, comme il l'a prouvé abondamment pendant quinze ans, alors qu'il était Secrétaire de la Province et Shérif à Québec. Le pays a en lui un officier de tout premier ordre. Courtois à l'égard de tous, il remplira admirablement ce poste qu'on lui confie. De fait, la nomination d'un homme de la valeur de M. Paquet est vue du meilleur œil par tout le monde, notamment par tous ceux qui ont des affaires importantes à transiger avec le Bureau de Poste de Québec.

Par sa droiture naturelle, sa douceur et sa bienveillance, M, Paquet, dans ses fonctions nouvelles, sut se faire aimer de tous les employés qu'il avait sous sa dépendance, et qui professaient pour lui la plus sincère estime. Lors de l'installation de son successeur, M. Fovvler, assistant sous-ministre des Postes, " prononça une brève allocution au cours de laquelle il fit l'éloge de feu Thon. E.-T. Paquet qui s'est fidèlement acquitté de ses importantes fonctions pendant plus de vingt ans, qui a toujours mérité le respect du public et de son personnel, qui a laissé une réputation de courtoisie, qui a fait honneur à sa position, et dont le souvenir sera toujours vénéré B.

Les loisirs que lui firent l'infidélité de la politique et l'état moins absorbant de sa vie de haut fonctionnaire, M. Paquet les consacra à des travaux d'histoire. Sous le titre général " Fragments de l'histoire religieuse et civile de la paroisse Saint-Nicolas ", il entreprit un ouvrage qui devait

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