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CHAPITRE DOUZIEME

La Chapelle de Notre-Dame de Grâces

A un mille de l'église de Saint-Nicolas, en remontant le chemin du Roi, dans un bosquet enchanteur, le voyageur rencontre une jolie chapelle qui attire et retient ses regards. Les formes élégantes de ce monument, construit suivant le style gothique le plus pur, les arbres verdoyants qui l'ombragent et les embellissements qui ornent les alentours, témoignent que l'art et le bon goût se sont donné la main pour exécuter ce chef-d'œuvre de grâce et de beauté en l'honneur de la Très Sainte Vierge \

Quant au motif qui en a inspiré la construction, nous l'avons signalé en traçant la vie de Mgr Benjamin Paquet. Il s'appuie sur urne pieuse reconnaissance envers Marie Immaculée. La chapelle de Notre-Dame de Grâces a une histoire fort intéressante ; nous la trouvons consignée dans des notes inédites, rédigées avec soin. Ces annales étaient plutôt réservées à l'intimité. On a bien voulu nous y laisser puiser à larges mains. Elles sont, en grande partie, l'œuvre de Monsieur Jules N. Paquet qui y a mis tout soin cœur, et qui a raconté avec toute l'exactitude désirable l'histoire de la chapelle depuis sa fondation, en 1868, jusqu'à l'année 1887. Elles ont été continuées par un autre membre de la famille.

1. Le salon de la maison des ancêtres renferme, entre autres objets précieux pour la famille, une bonne peinture de cette chapelle, faite à Rome en 1874, et signée: 'ppolito Zapponi.

La chapelle de Notre-Dame de Grâces, construite à Saint- Nicolas, sur la propriété de M. -Etienne-Théodore Paquet, et bénite au mois d'août de l'année 1868, compte aujourd'hui cinquante ans d'existence. Ces cinquante printemps sur les débuts d'un monument destiné à voir passer bien des générations, à proclamer, espérons-le, pendant des siècles, la gloire de la Sainte Vierge, ont à nos yeux la durée d'un songe radieux; mais ils constituent déjà une histoire intéressante par l'origine de l'œuvre, sa vie intime et publique, ses solennités, et ses souvenirs si consolants.

" Ce pieux monument redira toujours bien haut la foi et la piété, la générosité de son fondateur et de ceux qui l'ont secondé dans cette œuvre d'amour envers Marie. Mais, que de précieux souvenirs s'effaceront sous l'action des ans, si une main amie me s'empresse de les réunir en un faisceau pour en perpétuer la mémoire ! Xotre-Dame de Grâces, si aimée, si vénérée, représente un riche parterre émaillé de fleurs; parmi ces rieurs, il en est dont les corolles s'effeuillent de jour en jour; recueillons-en les graines précieuses pour les faire renaître sous le soleil d'un printemps nouveau, pour les faire servir à l'instruction et à l'édification de ceux qui nous remplaceront dans ce sanctuaire béni, qui viendront, à notre exemple, chercher refuge et consolation dans les bras de notre commune mère.

"A diverses époques de l'histoire de l'Eglise, on voit l'auguste Mère de Dieu se manifester aux hommes par de merveilleuses apparitions qui donnèrent naissance à un grand nombre de sanctuaires érigés en son honneur. Dans les temps modernes, à une époque rapprochée de nouts, et sur uni sol qui sera toujours cher au cœur des Canadiens français, Marie s'est révélée à la Salette, comme une mère affligée retenant le bras de son divin fils ; puis, à Lourdes, sous le titre suave, inc< mparable de l' Immaculée-Conception. S'il ne «nous est pas

donné de voir le berceau de ce pieux sanctuaire illuminé des reflets de ces célestes apparitions qui animent la foi et émeuvent les populations, il n'en est pas moins vrai de dire que Marie s'est ici manifestée à l'intelligence et au cœur de ses serviteurs par la foi et l'amour.

" Son regard maternel s'est abaissé sur un coin de terre privilégié. D'une voix intérieure et ineffable, elle a désigné celui qu'elle destinait à lui ériger cet oratoire : c'est là qu'elle veut être invoquée sous le titre gracieux de Notre-Dame de Grâces. On n'y verra pas la source miraculeuse opérant des prodiges, des guérisons de toutes sortes, mais, du haut de son trône, Marie laissera couler de ses mains miséricordieuses les eaux abondantes de la grâce sur ses enfants. Heureux ceux qui les recueilleront avec reconnaissance et les conserveront précieusement dans leurs cœurs !

" Ainsi ils imiteront l'exemple de la Très Sainte Vierge elle-même que l'apôtre Saint-Luc nous représente recueillie et reconnaissante, au moment de la naissance du Sauveur, par ces paroles: Or, Marie conservait tontes ces choses, les repassant dans son cœur 2. "

La construction de la chapelle de Notre-Dame de Grâces fut commencée dans l'été de 1867. C'est en cette année que Mgr Benjamin Paquet, devenu professeur de théologie à l'Université Laval, avec son frère l'abbé Louis-Honoré Paquet, songea à remplir sa promesse faite à Rome, peu d'années auparavant. Tous les deux passaient les vacances

2. Jules X. Paquet. Annales de la chapelle de .Y otre-Dame-de-Grâces. Introduction.

chez leur frère aîiné M. Etienne-Théodore Paquet, propriétaire de la maison-mère de la famille à Saint-Nicolas. Ils devaient aller dire la messe, chaque matin, à l'église paroissiale située à près d'un mille de distance. On comprend que les jeunes pêtres avaient raison de hâter l'accomplissement d'une promesse aussi sacrée, et qui était d'ailleurs tout à la gloire de la " Mère de la divine grâce ".

Monseigneur fit part de son projet à quelques-uns de ses amis, entr'autres au Révérend M. Octave Audet, alors Directeur du Petit Séminaire de Québec, et architecte distingué.

C'était au cours de l'an née 1866-67.

M. Audet, n'ignorant pas les moyens pécuniaires de Monseigneur Paquet, lui proposa d'ériger, non seulement une petite chapelle, mais un monument, et même un chefd'œuvre, si c'était possible, en l'honneur de la Sainte Vierge. M. Audet vint à Saint-Nicolas, en compagnie de M. Lapointe, architecte, pour s'occuper des plans à adopter. Le style gothique avec ses clochetons, ses flèches élancées, fut jugé le plus approprié au but proposé. Ce plan, un peu grandiose, devait, tout naturellement, être coûteux d'exécution.

Monseigneur, constitué l'héritier des biens de son généreux protecteur et oncle vénéré, feu Benjamin Paquet, riche négociant et cultivateur intelligent, décédé le 17 février 1864, se trouvait en état de réaliser cette entreprise. Par làmême, il accomplissait les dernières volontés du pieux donateur, désirant que son legs fût consacré à perpétuer le bien dans la famille, comme il l'avait fait lui-même.

Au reste, Mgr Paquet portant son regard vers l'avenir, voulait aussi que cet oratoire, source de bénédictions pour la famille, fût à la disposition des prêtres qu'il plairait à Dieu d'élever au sacerdoce, dans la famille même ou dans son

voisinage. Disons tout de suite que ses espérances ne furent point déçues.

Les plans furent bientôt prêts. M. l'abbé Audet mit à la discrétion du fondateur son habileté, comme architecte, son bras même, pour en assurer l'exécution. M. E.-T. Paquet donna volontiers l'emplacement, offrant même le bois de charpente, logeant les ouvriers et pourvoyant à leur nourriture, faisant faire le charroyage de tous les matériaux et, enfin, n'épargnant nullement son temps et celui de ses domestiques. A défaut de bois plus précieux, le mélèze (épinette rouge), bois odorant, symbole des parfums que Notre- Dame de Grâces devra exhaler, est choisi par les constructeurs et tombe sous les coups redoublés de la cognée.

Les ouvriers firent tant et si bien, que dans les derniers jours du mois d'août, 1867, la chapelle était levée. Les travaux, arrêtés à l'automne, furent repris au printemps suivant, et au mois de juillet de la même année avait lieu la bénédiction solennelle de la chapelle. Nous en trouvons le récit dans des notes rédigées par l'hon. M. E.-T. Paquet, alors élève de seconde, au Séminaire de Québec :

' La bénédiction de la chapelle de Notre-Dame de Grâces a été faite le 18 juillet 1868, par M. l'abbé Etienne Baillargeon, curé de Saint-Nicolas, délégué ad hoc par Monseigneur Charles-François Baillargeon, archevêque de Québec, frère du curé-

''' Etaient présents l'abbé H. Laverdière, du Séminaire, les abbés Benjamin et Louis H. Paquet, le Docteur et Madame Morin, toute la famille, et un bon nombre de personnes des environs. La cérémonie commence à six heures et demie. Le célébrant, revêtu de la chape, sort de la chapelle, précédé de ses assistants, MM. les abbés Benjamin et Louis-Honoré Paquet portent les deux candélabres ; M. Benjamin De-

mers 3, jeune ecclésiastique, porte l'eau bénite; il est accompagné de Etienne-Théodore Paquet, étudiant au Petit Séminaire. Rendue à la porte, la procession s'arrête ; puis, après quelques prières, on fait le tour de la chapelle en récitant le Miserere, et l'officiant jette partout de l'eau bénite, signe de purification et de sainteté. De retour à la porte, quelques prières sont encore récitées ; on entre, et on dit les Litanies des Saints. "Le prêtre alors bénit l'autel et les habits qui doivent servir au Saint Sacrifice, lorsque le prêtre monte à l'autel. Après quelques autres cérémonies, la bénédiction fut achevée et l'on se prépara à la célébration de la messe. Elle fut dite par Mons. Baillargeon. Il prit solennellement les habits sacerdotaux placés dans la sacristie, à gauche de l'autel, et commença la messe servie par moi. La chapelle était alors littéralemet remplie d'une foule pieuse et attendrie par le spectacle qui s'offrait à ses yeux. Pendant la messe, M. H. Laverdière chanta les cantiques "Bénissons à jamais"; "Que cette voûte retentisse ", "Nous vous invoquons tous ".

Par un Induit de sa Sainteté Pie IX, en date du 14 mars 1868, il fut non seulement permis de dire la messe sur l'autel de Notre-Dame de Grâces, mais encore de garder le Très-Saint-Sacrement dans le Saint Tabernacle. L'annaliste de la chapelle, appréciant cette faveur, s'écrie : " Reconnaissance soit rendue à l'auguste Pie IX, de sainte mémoire, qui nous accorda une telle faveur."

3. Ce jeune Demers, né à Saint-Nicolas, exerça le ministère dans le diocèse de Chicago, et les missions de l'Orégon, et aussi dans le diocèse de vSherbrooke (cf. E.-T. Paquet, Fragments de l'histoire de Saint- Nicolas, pp. 387-89.)

Ce premier Induit fut renouvelé le 28 mars 1875, et le 13 juillet 1884 pour la troisième fois. Il le fut ensuite régulièrement par les souverains Pontifes qui se sont succédé à Rome.

Chaque année, donc, au temps des vacances, l'Hôte divin vient habiter son sanctuaire.

De 1879 à 1885, Mgr Paquet, devenu Procureur du Séminaire de Québec et absorbé par de nombreuses et continuelles occupations, et M. L.-H. Paquet, obligé de voyager dans l'intérêt de sa santé, ne purent visiter Notre-Dame de Grâces avec la ponctualité des premières années. L'abbé L.- Alfred Paquet, vicaire au Cap Saint-Ignace, venait, de temps en temps, voir sa famille, et rendait la vie à Notre- Dame de Grâces, ainsi que l'abbé Ls- Adolphe Paquet qui, depuis 1883, passait ses vacances dans sa famille. Ainsi le S. Sacrement a toujours été religieusement comservé pendant les vacances, et pas un jour ne s'est écoulé sans qu'il ne reçut la visite de quelques fidèles du voisimage. Souvent aussi, ont eu lieu des prières plus solennelles, de petites illuminations pour honorer davantage l'Hostie vivante, captive pour nous.. Mgr Benj. Paquet affectionnait ces pieuses réunions de famille auprès du tabernacle et ne laissa jamais s'éteindre le dernier jour des vacances sans donner à Notre-Seigneur un témoignage sensible de sa reconnaissance.

Monseigeur Charles-François Baillargeon, archevêque de Québec, ne fut pas indifférent â l'érection de la chapelle de Notre-Dame de Grâces. Le pieux et illustre archevêque, puisant dans les trésors inépuisables de la Sainte Eglise, accorda, en 1868, un diplôme déclarant l'autel privilégié.

En 1873, Sa Sainteté Pie IX donna une nouvelle preuve de sa sollicitude en accordant une indulgence de trois cents jours, aux conditions ordinaires, "à tous les fidèles des deux sexes qui visiteront dévotement et au moins contrits d :

cœur, n'mporte quel jour, l'oratoire public dédié à la Bienheureuse Vierge "Marie, sous le vocable de Notre-Dame de Grâces, lequel est situé dans les limites de la paroisse de Saint-Nicolas, diocèse de Québec, et qui y prieront Dieu avec ferveur pour la concorde des princes chrétiens, l'extirpation des hérésies, la conversion des pécheurs, et l'exaltation de notre mère la Sainte Eglise ".

Ces précieuses indulgences concédées pour le " temps présent et futur ", furent reconnues le 7 décembre 1886 par son Eminence le Cardinal Taschereau.

La chapelle de Notre-Dame de Grâces, projetant discrètement sa croix dorée et ses clochetons à travers les bouleaux touffus qui Fenvironnent, n'est pas sans charme. En pénétrant à l'intérieur, le visiteur est vivement intéressé par les tableaux de maître qui se trouvent de chaque côté de la (nef, et par l'autel si joli, véritable bijou de style gothique, où la délicatesse du travail le dispute à l'élégance et au bon goût 4. En levant les yeux au dessus de l'autel, il est saisi de vénération : dans un demi- jour que laissent passer des verrières tricolores, apparaît au fond d'une niche une belle statue de la Vierge-Marie, tenant dans ses bras l'Enfant- Tésus 5.

4. Le couronnement de l'autel, ajouté à la pièce principale en 1876, a été fait des propres mains de M. l'abbé Audet, alors aumônier du couvent de Sillery.

5. Cette statue, apportée de Lyon, depuis plusieurs années, couronnait autrefois l'autel de la Sainte Vierge, dans l'église de Saint-Romuald. M. l'abbé Sax, curé de cette paroisse, en rit don à la chapelle de

'otre-Dame de Grâces.

Voici comment l'annaliste dresse l'inventaire de la chapelle :

L'abbé Thos Chandonet, Principal de l'Ecole Normale- Laval, donna le calice6; l'abbé Ls-H. Paquet, le timbre; Madame Etienne-Théodore Paquet, les deux crucifix en ivoire; Monsieur Etienne-Théodore Paquet, fils, le tapis; Madame J. Hardy, de Québec, fit présent des signets du missel; M. l'abbé Auguste Gosselin, curé de Sainte-Jeannede-Neuville, du porte-missel ; Mlle Esther Paquet, des deux chandeliers en forme de croix ; Mme Charles-François Langevin, des ornements noirs; Madame Charles Langevin, junior, des étoles blanches et violettes; Mous. L.-H. Huot, Grerfier-en-Chancellerie, de la statue en bois de Sainte- Anne, et M. Théodule Paquet, des deux crachoirs. Mgr Paquet acheta le ciboire, et les autres ornements nécessaires à la célébration du Saint Sacrifice.

En 1871, il fit à Munich l'acquisition des statues de Saint- Joseph, Saint-Nicolas, Saint-Joachim et Sainte-Anne, placées dans les niches, aux quatre angles de la nef, ainsi que des statues du Bon-Pasteur, de Saint-Paul et de Saint-Jeanl'Evangéliste, dans le tombeau de l'autel. Au retour d'un second voyage à Rome, en 1876, il apporta la plupart des autres statues et statuettes qui ornent de tous côtés le tabernacle. Ainsi, les saints escortent Notre-Dame de Grâces, et la petite chapelle nous offre l'image de l'église immortelle du Ciel.

6. Après la mort de M. l'abbé Sax, survenue en 1881, Mgr B. Paquet et son frère eurent l'usage, leur vie durant, à la chapelle, d'un superbe calice de leur ami, le curé de Saint-Romuald. Au décès du dernier survivant, l'abbé L.-H. Paquet, en 191 5, ce calice a été remis au Séminaire qui en a par testament la propriété. Depuis cette date, Mgr L.-A. Paquet se sert pendant les vacances d'un beau calice dont quelquesuns de ses anciens élèves de. la NouveJle-Ecosse, lors de son passage à Antigonish il y a quelques années, lui firent cadeau.

Monseigneur achetait, en même temps, la grande lampe dorée, tous les chandeliers dorés et argentés, les burettes, les reliquaires de Sainte- Anne et de la vraie croix, les tentures, etc.

Le Révérend Père Brichet, de Rome, donna les reliquaires noirs et les reliques qu'ils contiennent, et le Rév. M. Picard, sulpicien, les reliques de Saint-Zénon et de ses compagnons.

Pendant ce même séjour à Rome, en 1876, Monseigneur fit faire les deux grands tableaux " Saint-Michel terrassant Lucifer " et " Mater admirabilis ", ainsi que les petits tableaux qui se trouvent au bas de ces derniers. Ces deux toiles, qu'on ne saurait contempler sans une vive admiration, sont dues au pinceau de Pasqualoni, artiste renommé dont l'illustre famille remonte au quinzième siècle. C'est ce même peintre qui a fait le tableau magnifique de "l'Immaculée Conception " d'abord exposé dans le salon de l'Université Laval, et qu'on voit maintenant dans la chapelle du Séminaire.

Le " Mater admirabilis " fut béni par Pie IX, le 16 juin

Ces deux chefs d'œuvre de peinture servirent d'abord à orner le salon de Monseigneur Conroy, Délégué apostolique au Canada, pendant son séjour à Québec en 1877-78, puis furent installés à Notre-Dame de Grâces à la fin de cette dernière année.

M. l'abbé L.-H. Paquet, en 1878, donna le prie-Dieu et le fauteuil, artistement brodés et ornés de dessins en perles. Tout en occupant une chaire de théologie dogmatique à l'Université Laval, il remplissait la charge de chapelain du couvent de Bellevue, récemment fondé par les Dames de la Congrégation de Montréal. A cette institution naissante il imprima un tel essor que, dès son début, elle s'éleva à la hauteur de ses sœurs aînées. Parmi les nombreux témoi-

gnages de gratitude qu'il reçut des Dames directrices de ce couvent, est ce cadeau précieux dont il fit hommage à Notre- Dame- de Grâces.

Le cœur en vermeil fut donné, comme on le verra plus loin, par les amis de Notre-Dame de Grâces en 1883, ainsi que la lampe en cristal dans la grande lampe du Saint- Sacrement.

Le 6 juillet 1875, l'abbé Sax fit présent de deux petits canons. Plusieurs fois, leurs voix puissantes résonnèrent aux grandes solennités de Notre-Dame de Grâces, particulièrement à l'arrivée et au départ de la statue de la Sainte- Vierge, lors des pèlerinages de la paroisse.

Notre-Dame de Grâces possède, dans son trésor, des joyaux du plus haut prix, de précieuses reliques de la Vraie Croix, de sainte Anne, de saint Zenon et ses compagnons, de saint François-Xavier, de saint Théodore et d'un grand nombre d'autres saints.

En 1889, Mgr Paquet fit don du beau tapis qu'on voit aujourd'hui dans la chapelle.

Les arbres dont la tête chevelue se balance bien au-dessus du toit de la chapelle, ont été plaintes en 1868. Les palissades que l'on voit autour du terrain où elle est située, datent de la même époque.

Comme nous l'avons vu, M. Etienne Baillargeon eut le bonheur de célébrer la première messe à Notre-Dame de Grâces. Il convenait que ce digne prêtre, ami intime des MM. Paquet et, pendant trente-deux ans, curé de la paroisse de Saiint-Nicolas qu'il édifia par ses paroles et ses exemples, offrît là les prémices de ce sacrifice unique et, cependant, sans cesse renouvelé sur nos autels. Monseigneur Benjamin

Paquet dit la seconde messe, et M. l'abbé Louis-Honoré Paquet la troisième.

Ont dit la messe, pendant cette année 1868: messieurs les abbés Octave Audet, C.-H. Laverdière, L.-Nazaire Bégin, Pierre Roussel, tous prêtres du Séminaire de Québec; Auguste Gosselin, curé de Ste-Jeanne de Neuville, Louis E. Parent, curé de la Pointe-aux-Trembles, Pierre Sax, curé de Saint-Romuald. — Dans le cours des vacances de cette première année, quatre-vingt-deux messes basses furent célébrées : abondante moisson que Notre-Dame de Grâces offrait au ciel ; heureux augure d'une existence prospère.

Plusieurs autres prêtres entr 'autres son Eminence le cardinal Taschereau, alors Supérieur du Séminaire de Québec, vinrent présenter leurs hommages à Notre-Dame de Grâces. Devenu archevêque, ce vénérable personnage, en tournée pastorale, visita la chapelle une seconde fois en 1875, et une troisième fois en 1879. Un magnifique arc de triomphe avait été élevé, et les alentours de la chapelle étaient tout pavoises. Il y eut grande illumination, et Mgr l'Archevêque voulut bien assister à la prière commune.

Notre-Dame de Grâces peut ainsi revendiquer l'honneur d'avoir vu le représentant de la plus haute autorité religieuse parmi nous, le premier cardinal canadien, et l'un des princes de l'Eglise, au nombre de ses premiers et dévoués visiteurs.

Après 1868, presque tous les ecclésiastiques qui vinrent faire visite pendant les vacances aux abbés Paquet, eurent l'occasion de dire la messe, une ou plusieurs fois dans la chapelle 7, ou du moins de rendre hommage à Notre-Dame de

7. Ont servi la messe tour à tour, dans la chapelle de Notre-Dame de Grâces, Et.-Th. Paquet (l'honorable), et aussi son fils, Jules X. Paquet, L.-A. Paquet (Mgr), puis ses frères Albert et Achille, puis le fils de Benjamin et les fils d'Alphonse, et les jeunes Laliberté ; aujourd'hui, ce sont les fils de M. H. Magnan qui remplissent ce rôle.

Grâces. Nous en avons nommé déjà plusieurs au chapitre précédent, Mgr Persico, l'abbé Pierre Lagacé, les abbés Gauthier, Brunet, Doherty, etc. Nommons encore (à part les abbés Alfred et Nazaire Paquet, natifs de Saint-Nicolas, et qui tous deux dirent leur seconde messe dans la chapelle) les abbés Basile Robin, curé de Saint- Antoine-de-Tilly ; P. J. Dumas, curé de Saint-Eloi ; Hubert Beaudet, curé de Saint- Etienne-de-Lauzon ; J.-R.-L. Hamelin, aumônier de l'Hôpital-Général ; N.-G. Godbout, curé du Cap-Santé; J. Laberge, curé de l'Ancienne-Lorette ; W. Biais, curé de Saint-Basile; Nap. -Joseph Sirois, curé du Cap-Saint-Ignace; Georges Casgrain, curé de Saiint-JeairDeschaillons ; Ernest Audet, Alphonse Lemieux, maintenant Provincial des Rédemptoristes, G. Lemieux, M. Fillion, du Séminaire; Benjamin Deniers, curé de Saint-Gilles; l'abbé Bacon, aujourd'hui dominicain, James Sexton, vicaire à Saint-Roch, et plus tard, Mgr E.-T. Hantel, ancien recteur de l'Université Laval, Mgr L.-N. Dugal, vicaire général de Chatham, Mgr O. E. Mathieu, ancien directeur de l'Université Laval, et archevêque actuel de Régina, l'abbé Lindsay, aujourd'hui chanoine, l'abbé Eug. Larlamme, maintenant curé-archiprêtre de Notre-Dame de Québec, et un grand nombre d'autres prêtres et religieux qu'il serait trop long d'énumérer, surtout la plupart de ceux qui, séminaristes, séjournèrent à l'Ermitage, et qui, une fois élevés au sacerdoce, voulurent payer à Notre-Dame de Grâces leur tribut d'hommages.

Mgr Ls-Adolphe Paquet est depuis plusieurs années le véritable chapelain de Notre-Dame de Grâces. Il a été ordonné prêtre à Rome le 24 mars 1883. Revenu au pays vers le milieu d'août de la même année, il célébra à Notre- Dame de Grâces la seconde messe qu'il ait dite au Canada. Comme en d'autres circonstances analogues, ce fut un jour de fête, et de joies les plus suaves exprimées par des canti-

ques de foi et de reconnaissance. Depuis cette date, Mgr Paquet n'a cessé de dire sa messe à la chapelle, durant les vacamces 8.

Le souvenir des défunts fut toujours religieusement conservé an sein de la famille Paquet. Aussi, les chers disparus ne furent-ils pas oubliés à Notre-Dame de Grâces.

Plusieurs fois, Mgr Benjamin chanta des grand'messes à leur intention, entr'autres pour sa grand'mère née Marguerite Filteau, pour feu Benj. Paquet, son oncle, pour son père et sa mère, ses frères et sœurs décédés, etc. M. l'abbé Alfred Paquet fit la même chose pour le repos de l'âme de ses père et mère, et de son frère Télesphore. La coutume s'établit ainsi de ne pas clore les vacances sans une messe dite ou chantée, dans la chapelle de Notre-Dame de Grâces, pour le soulagement des âmes des défunts de la famille dont le nom'bre va croissant et s'inscrit, au fur et à mesure des décès, sur le mur extérieur. Cette coutume a toujours été fidèlement observée.

En 1870, M. l'abbé Gauvreau, curé de la paroisse, chanta à Notre-Dame de Grâces, une messe d'actions de grâces recommandée par M. Théodule Paquet qui avait échappé heureusement aux suites d'un naufrage survenu le 5 août (abordage du vapeur " Etoile " et d'un chaland).

L'oratoire de Notre-Dame de Grâces devenait ainsi un

8. Pour des raisons de deuil et autres, trois mariages avec messe ont été célébrés dans la chapelle de Notre-Dame de Grâces par Mgr L.-A. Paquet. Deux de ces mariages étaient dans la famille : celui de Melle Marie-Louise Paquet (fille d'Adolphe), le 12 septembre 1893, avec M. F.-X. Roberge; celui de Melle Rachel Paquet (fille d'Alphonse), le 12 juillet 1915, avec M. Nazaire Dion.

centre de piété. On y faisait, pendant le mois de mai, les exercices du mois de Marie !\ Des pèlerinages s'y ajoutèrent.

A Saint-Nicolas, de temps immémorial, om a la pieuse coutume, dans chaque concession ou canton, de faire le mois de Marie chez un particulier que l'on choisit. A la fin de ces exercices, les personnes qui y ont pris part font chanter une grande messe en l'honneur de la Sainte Vierge. Les amis de Notre-Dame de Grâces prièrent d'abord le curé de la paroisse de venir chanter cette messe dans la chapelle. M. Gauvreau se rendit avec empressement à ce désir. En même temps, il venait avec bonheur y accomplir son pèlerinage, et cette pieuse idée détermina bientôt um mouvement plus général. En effet, on pria M. Gauvreau de chanter la messe pour tout le monde, afin que ce pèlerimage, déjà cher à plusieurs paroissiens, fût désormais celui de la paroisse de Saint-Nicolas à Notre-Dame de Grâces.

M. Bureau, comprenant les grands avantages que ses paroissiens retiraient de ces pèlerinages, suivit les traces de son prédécesseur. Pendant tout le temps de son administration, on vit, chaque année, le vénérable curé, ami dévoué de Notre-Dame, s'avancer en procession, précédé de la statue de la Sainte Vierge, du clergé, et suivi d'un grand nombre de fidèles, vers le pieux sanctuaire pour y chanter la messe10.

Au pèlerinage du 30 juin 1884, Mons. l'abbé Louis-Ad. Paquet, se trouvant en vacances, adressa la parole à la foule recueillie.

Rappelons ici en peu de mots la grande procession de

9. Ces exercices furent présidés tour à tour par M. Et.-Th. Paquet (le futur Ministre), par M. Jules N. Paquet, par M. L.-A. Paquet (en l'année 1878-7Q qu'il passa au sein de sa famille, après son cours d'études classiques), etc., etc.

10. Voir à ce sujet un article paru dans le Journal de Québec (juin 1876) et intitulé: "Un pèlerinage à Notre-Dame-de-Grâces. "

Depuis quelques années, la chrysomèle, vulgairement nommée la mouche-à-patates, et le terrible ennemi de ce tubercule, avait fait son apparition à Saint-Nicolas, paroisse si justement renommée pour la culture qu'elle en fait. En présence du fléau grandissant, les anciens rappelèrent à Monsieur le curé qu'autrefois, du temps de M. l'abbé Dufresne, on avait fait une grande procession pour conjurer la mouche à blé, et que, plus récemment, M. l'abbé Gauvreau avait orgac nisé une cérémonie semblable contre le fléau des sauterelles. M. l'abbé Bureau résolut immédiatement de faire à Notre- Dame de Grâces un pèlerinage des plus solennels qui, composé de toutes les familles, serait une véritable croisade contre la chrysomèle et aurait pour point de départ le pieux sanctuaire de Marie.

Au jour fixé, la paroisse entière est présente à Notre- Dame de Grâces. Il y a d'abord messe solennelle, grand nombre de communiions, et vénération de la relique de la Bonne Sainte-Anne ; puis, le célébrant, déposant les habits sacerdotaux, revêt le surplis, prend dans ses mains les précieuses reliques et se met en marche, suivi d'une immense file de plus de 300 voitures. On visite les croix de la paroisse; à chacune d'elles on fait des prières ; les pèlerins récitent le Rosaire et autres prières. Vers deux heures de l'après-midi, on est de retour à Notre-Dame de Grâces. Monsieur le curé y dépose les saintes reliques, et la foule se disperse bien convaincue que la prière publique, les supplications solennelles de toute une paroisse unie dans un même sentiment de foi et de confiance, toucheront le cœur d'une mère, toute puissante sur le cœur de Dieu.

La série des pèlerinages de la paroisse de Saint-Nicolas à Notre-Dame de Grâces, interrompue pendant quelques années, a été reprise naguère par l'heureuse initiative de M. le curé Cantin. Chaque année, durant les vacances, on voit les

dévots pèlerins, bannière en tête, s'acheminer, en chantant et en priant, vers le pieux oratoire. Les pèlerins, ayant à leur tête M. le curé, sont reçus par Mgr L.-A. Paquet, et celui-ci, vers la fin de la messe chantée par M. l'abbé Cantin, fait vénérer les saintes reliques. La chapelle se remplit, et ceux qui ne peuvent y trouver place se répandent çà et là sous les arbres. La plupart des personnes présentes communient. Des cantiques montent vers le ciel à la gloire de Marie Immaculée. Des drapeaux ornent les alentours.

La vieille maison ancestrale, située en face de la chapelle, prend des allures de fête et semble se réjouir de ce regain de vie.

Nous avons déjà parlé d'une messe d'actions de grâces célébrée dams le sanctuaire de Notre-Dame de Grâces, à la demande de M. Théodule Paquet, sauvé miraculeusement dans un naufrage. Dans plusieurs autres circonstances, des cérémonies religieuses s'y déroulèrent en témoignage de reconnaissance de la part de certains membres de la famille.

Le 25 août 1883, il y eut fête et illumination à l'occasion du retour de Rome de l'abbé L.-A. Paquet, revenant après une absence de quatre années, couronné de l'auréole du sacerdoce, et décoré du titre de Docteur en Théologie.

" On cueille dans les parterres les plus belles rieurs pour en former des festons, des guirlandes et des couronnes ; l'autel est transformé en un immense trône de rieurs resplendissant de lumière ; les nombreuses lampes suspendues à l'extérieur dissipent les ombres de la nuit.

" Sur l'autel, au centre d'une riche couronne de fleurs naturelles, resplendit un magnifique cœur en vermeil, donné

comme ex-voto à Notre-Dame, par les parents et amis de l'abbé et ceux du voisinage qui fréquentent le sanctuaire; leurs noms y sont inscrits; c'est le symbole de leur amour pour Notre-Dame, et aussi un témoignage impérissable des bontés de Marie envers celui dont on célèbre le retour ll. "

Dans l'assistance qui est nombreuse, on remarque les abbés J.-A. Bureau, E. Lauriault, curé de la Petite-Rivière, L. -Alfred Paquet, vicaire au Cap Saint-Ignace, Louis Olivier, séminariste, et plusieurs autres. M. et Madame William Gérard Ross, quoique ne partageant pas nos croyances religieuses, ont accepté avec plaisir l'invitation d'assister à cette fête du cœur. La procession, partie de chez M. Adolphe Paquet, se dirige vers la chapelle au chant des Litanies; puis, suivent " l'Ave Maris Stella ", la bénédiction du Cœur12, et le cantique " Cœur Sacré de Marie ".

Alors, du haut d'une tribune provisoire, à l'entrée de la chapelle, le jeune Lévite, prenant pour texte ces paroles : Cor meum vigilat — " mon cœur veille " (Cant. des caint. ch. V, v. 2), adresse à l'auditoire une brillante allocution, la première qu'il ait prononcée comme prêtre, et, dont à ce titre, nous reproduisons les idées principales :

Cette bénédiction d'un Cœur rappelle deux choses: i° l'amour de Marie pour nous; 20 l'amour que nous devons avoir pour elle.

i° Marie doit nous aimer; parce qu'elle est la mère de notre Rédempteur.

Elle nous aime : car partout s'élèvent pour témoigner son amour des sanctuaires miraculeux tels que Lorette, Lourdes,

ti. Jules N. Paquet, Annales de la chap. de Notre-Dame de Grâces.

12. Le Cœur fut béni par le héros de la fête, l'abbé L.-A. Paquet, ayant à ses côtés, comme servant, son tout jeune frère Albert, âgé de ; ans.

Notre-Dame de la Salette, de Fourvières, des Victoires, etc. Et le sanctuaire de Notre-Dame de Grâces n'est-il pas lui aussi un gage magnifique de sa bonté et de sa tendresse?

2° De notre côté nous devons aimer Marie : devoir bien doux, il est vrai, puisqu'il s'impose naturellement à notre cœur, après tant de bienfaits reçus du Cœur de Marie, et puisqu'il nous est une source assurée de nouvelles faveurs.

Quelques prières, le chant du " Magnificat " et du " Laudate Dominum ", terminent l'hymne de la reconnaissance.

En 1886, nouvelles actions de grâces à l'occasion du retour de Mgr Benjamin Paquet, de la Capitale du monde catholique. Le 7 juin, le lendemain de son arrivée à Rome, il avait eu l'insigne faveur d'assister au Consistoire public où Sa Sainteté Léon XIII créait Cardinal de la Sainte Eglise romaine, Sa Grandeur Monseigneur Elzéar-Alexandre Taschereau, archevêque de Québec. Le retour fut très heureux et la fête eut lieu le 24 septembre. Parents et amis, en nombre plus grand que n'en pouvait contenir l'enceinte du pieux sanctuaire, s'étaient donné rendez-vous pour rendre grâces à l'Auteur de tout bien, et à Celle qu'on appelle à juste titre l'"Etoile de la mer ". L'humble voix de la prière, les puissantes détonations du canon, le chant enthousiaste des cantiques, l'abondance des lumières, tout respirait la joie que faisait naître le retour du fondateur de Notre-Dame de Grâces.

Celui-ci voulut bien faire une intéressante allocution sur les monuments religieux de Rome, en particulier sur Ste- Marie-Majeure, son origine miraculeuse, et les précieuses reliques qu'elle possède. Il parla ensuite avec émotion de Notre-Dame de Lourdes qu'il venait de visiter, des pèlerinages si pieux, si nombreux, qui se font tous les jours à la grotte miraculeuse de l'Immaculée-Conception.

Un mot de la musique et du chant.

" Depuis sa fondation, le chant, la musique vocale et instrumentale n'ont point fait défaut aux solennités de N.-D. de Grâces. Souvent aux messes basses, toujours aux grandes messes, aux exercices du Mois de Marie et autres circonstances, MM. E.-T. Paquet et Adolphe, tous deux vétérans distingués du chœur de Saint-Nicolas, Sévérin Croteau, Benjamin Rousseau, Théodule, Benjamin et Alphonse Paquet et autres prêtèrent volontiers le concours de leurs voix. La justesse et la beauté de la voix semble être dans la famille de feu Etienne Paquet un héritage qui se transmet de père en fils : on naît chantre comme les oiseaux naissent musiciens.

" Lors de l'inauguration de la chapelle, la musique instrumentale fit son apparition. A défaut d'orgue ou d'orchestre, on installa un profane et vulgaire piano, généreusement prêté par M. E.-T. Paquet, fils. Et le premier organiste qui fit raisonner cet étrange instrument sous la voûte du petit temple, fut M. l'abbé L.-N. Bégin, professeur de théologie au Grand Séminaire, puis principal de l'Ecole Normale- Laval," archevêque de Cyrène et coadjuteur de Son Eminence le cardinal Taschereau, enfin lui-même archevêque de Québec et cardinal de la Sainte Eglise.

" Quelques années plus tard, lorsque les pèlerinages prirent naissance, on plaça uin harmonium, en dehors de la chapelle, sous les frais ombrages. Il est permis de dire, sans exagération poétique, que la voix des chantres et les sons

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harmonieux de l'instrument se mêlaient aux mélodieux concerts des oiseaux du bocage 13. "

L'organiste attitré de la chapelle de Notre-Dame de Grâces est aujourd'hui Monsieur Benjamin Paquet, aidé de sa jeune fille, Mlle Juliette, élève graduée du couvent de la paroisse. Tous les deux s'acquittent avec talent et dévouement de cette tâche.

Les chantres sont MM. Benjamin et Alphonse Paquet, doués tous deux de voix superbes et puissantes, ainsi que leurs enfants. Les voisins qui assistent aux pèlerinages, ou à la messe du dimanche, s'unissent aux membres du chœur. Les "Annales" de la chapelle font mention d'une cantatrice qui a souvent fait entendre sa très belle voix aux offices de ce pieux sanctuaire, Madame E.-T. Paquet, épouse de l'hon. M. Paquet, ancien ministre à Québec. Depuis quelques années, la famille Magnan a prêté régulièrement son concours.

Pour être complet, disons que depuis sa fondation, la chapelle n'a pas manqué de sacristain ou de sacristine. Nous avons déjà nommé la première qui eut cet honneur, Madame Etienne-Théodore Paquet, laquelle prit un soin tout spécial de l'autel, du linge, et de toute la chapelle. Elle fut remplacée par M. Jules N. Paquet qui pendant de longues années, et avec un zèle inlassable, s'occupa de tout ce qui pouvait contribuer à rehausser le culte de Notre-Dame de Grâces. Mme H. Magnan (Alice Paquet) fut appelée, plus tard, à remplir ces pieuses fonctions. Puis des séminaristes en séjour de vacances chez Mgr Benjamin, voulurent bien à leur tour s'en acquitter. Dans la suite, ce furent les ménagères de l'Ermitage qui s'occupèrent de la sacristie. Depuis deux ou trois ans, les sacristains sont M. Charles Magnan, écolier, et son frère Paul.

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