‹ La paroisseChapitre 10 sur 87 · EusÈBE, Histoire ecclésiastique, VII · texte numérisé non relu

EusÈBE, Histoire ecclésiastique, VII

ecclésiastiques. Il décida que les locaux contestés devaient appartenir à ceux qui étaient en relation avec les évêques d'Italie et le pontife de Rome '.

En dépit des rigueurs de la législation, les différentes communautés chrétiennes possédaient donc les biens nécessaires à leur existence et à leur fonctionnement. La question est mise hors de doute par le texte de ledit de Milan, en 313, portant que restitution sera faite aux chrétiens de tous les immeubles qu'ils possédaient. Constantin et Licinius y disent : « Nous décrétons que les locaux dans lesquels ils avaient coutume de se réunir antérieurement, qu'ils aient été achetés au fisc ou à quelque particulier, soient restitués aux chrétiens sans qu'ils aient à paver ni à solder aucune plus-value, et cela sans délai ni détour. Ceux qui ont reçu ces locaux en don les remettront de suite aux chrétiens... Et comme on sait que les chrétiens, outre les locaux dans lesquels ils se réunissaient, en possédaient encore d'autres, qui n'appartenaient pas aux particuliers, mais à la communauté elle-même, il faudra, en vertu de la loi par nous portée, les faire restituer sans hésitation aux chrétiens, c'est-à-dire à chaque corps et chaque assemblée formés par eux. On tiendra compte de ceci, que ceux qui ont à restituer sans pouvoir exiger de prix s'en remettront à notre bienveillance pour obtenir une indemnité -. »

De tout ce qui précède peut se dégager l'idée de ce que fut, dans les trois premiers siècles, le groupement

i. EusÈBE, Histoire ecclésiastique, VU, 30.

2. EcsÈBE, Histoire ecclésiastique, X, 5; Lactance, De la mort des perséculeurs, 48: P. Folkneuet, Les biens d'Église après les édils de pacification, Paris, 1902.

religieux qui constituait dans chaque ville la seule paroisse alors connue, la paroisse épiscopale. A la tête de la communauté se trouvait Tévêque, assisté de ses prêtres et de ses diacres, formant ce que l'on appelait \q presbyterium, L'évêque rassemblait tous ses fidèles autour de lui, surtout aux jours de fête, et ceux-ci accouraient non seulement de la ville, mais aussi des campagnes voisines. Les églises secondaires, bâties dans les villes considérables, n'étaient que des annexes de l'église épiscopale et ne constituaient pas encore des centres religieux indépendants. Pour lentretien de ses ministres, les besoins de son culte, l'assistance de ses pauvres et de ses vieillards, l'Eglise était obligée de posséder des bâtiments et des biens meubles. Malgré les difficultés créées par la législation en vigueur, elle arriva à ses fins, au moins en fait; elle réussit même à posséder collectivement, comme personne morale, sauf à être périodiquement dépouillée par ses persécuteurs.

Cet état initial réunit déjà les principaux éléments qui concourront avec le temps à la constitution de la paroisse.

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