‹ La paroisseChapitre 9 sur 87 · Epist. X · texte numérisé non relu

Epist. X

on trouve les chrétiens en possession de cimetières et de différents biens immobiliers. La loi romaine était très respectueuse pour les domaines funéraires. Autour des lieux de sépulture, on pouvait élever toutes sortes de constructions, logements de gardiens, salles de réunions pour les festins et les sacrifices que les riches patriciens ne manquaient pas d'ordonner par testament pour certains anniversaires. Les sépultures elles-mêmes étaient sacrées et inviolables. Aux environs de Rome, en particulier, différentes associations religieuses possédaient leurs cimetières où Ton se rassemblait en toute sécurité. Les chrétiens profitèrent de ces facilités. On les vit affluer autour des sépultures de certains patriciens, qui, devenus disciples du Christ, ménageaient dans leur domaine funéraire une double hospitalité à leurs frères dans la foi, celle de la tombe à ceux qui étaient morts, celle de leurs substructions ou de leurs édifices extérieurs aux vivants qui voulaient célébrer leur culte sans être troublés. Dès l'origine du christianisme dans la capitale, les chrétiens purent se servir de ces refuges, sous la protection des riches patriciens, qui en étaient légalement propriétaires. Le cimetière Ostrien où saint Pierre établit son siège, celui de Lucine, les catacombes de Priscille et de Domitille, furent ainsi successivement mis à la disposition des fidèles, qui venaient y assister aux services funèbres, à l'inhumation de leurs martyrs, à l'oblation du sacrifice eucharistique et à la célébration des agapes funéraires dont l'usage persévéra jusqu'à la lin du iv*' siècle '.

1. cf. Dlcuesne, Les origines chrétiennes, Paris, 1881, p. 390-396.

Toutefois la jouissance de ces lieux de réunion et de culte resta précaire durant toute la période des persécutions. Quand la violence prenait le dessus, l'État confisquaitles églises, les cimetières et les autres propriétés immobilières, comme biens détenus par une association illégale. Telle était en effet la condition de la religion chrétienne au regard de la loi romaine. Dans les temps d'accalmie, les empereurs eux-mêmes fermaient les yeux sur l'illégalité et montraient une certaine bienveillance à l'égard de l'Eglise.

Ainsi, vers Tan 230, sous Alexandre Sévère, qui avait l'image du Christ dans son oratoire, une contestation séleva au sujet d'un terrain que les chrétiens occupaient auprès de Rome et que des cabaretiers leur disputaient. L'empereur confirma les premiers dans leur possession, en observant qu'ils y honoraient la divinité à leur manière, ce qui valait toujours mieux que ce qu'y feraient des cabaretiers ^ .

Après la persécution de Valérien et la saisie par le fisc des propriétés de l'Église, lempereur Gallien écrivit à Denys, évêque d'Alexandrie, et à ses collègues pour qu'on les remît en possession des biens quon leur avait pris et qu'on ne leur causât à l'avenir aucun désagrément -.

A Antioche, Paul de Samosate, devenu hérétique et déchu de l'épiscopat, entendait garder la jouissance de l'église et des propriétés contiguës. Les catholiques en appelèrent à l'empereur Aurélien. Celui-ci, avec un parfait bon sens, trouva la vraie règle qui doit présider à la dévolution des biens

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