‹ La paroisseChapitre 12 sur 87 · EisÈBE, Histoire ecclésiastique, VI · texte numérisé non relu

EisÈBE, Histoire ecclésiastique, VI

étroite banlieue. Ailleurs, au contraire, particulièrement en Gaule, les cités équivalaient à des provinces; telles étaient, par exemple, celles de Bourges, de Poitiers, et bien d'autres. L'Eglise adopta sans difficulté cette délimitation civile. On admit en général que toute cité devait constituer une circonscription ecclésiastique et avoir un évêque ^ .

La cité à son tour, au moins en Gaule, se subdivisait. Elle comprenait des pagi ou cantons, des castra ou petites villes fortifiées, des i^ici ou villages et de très nombreuses propriétés rurales appelées villœ. En réalité, la cité représentait une ancienne unité ethnique, qui avait été dépouillée de son autonomie, mais dont les éléments conservaient une grande force de cohésion. La cité avait un chef-lieu, urbs, la ville principale; mais les pagi et les i^ici n'étaient pas subordonnés au chef-lieu ; ils faisaient partie, au même titre que lui, de la cité ^.

L'évêque de la cité avait son siège dans la ville principale. C'est là, auprès de lui, que se réunissaient le dimanche et les jours de fête les fidèles de la ville elle-même, cenxdespagiei des i^ici) autant du moins que la distance le permettait. En Illyrie et en Phrygie, des tentatives furent faites pour obtenir l'institution d'évêques dans des localités moins importantes de la cité. Le concile de Sardique, en 347 (can. 6), et celui de Laodicée, entre 343 et 381 (can. 57), défendirent d'agir ainsi, afin de ne pas rabaisser la dignité épiscopale. En Occident, des réclamations analogues se produisirent, mais beaucoup

I. DiCHESNE, Origines du culte chrétien^ p. 12, 13. -2. Flstel de Collanges, Histoire des institutions politiques de l'ancienne Frayice, la Gaule romaine, p. 228-238.

plus tard. Un concile d'Aix-la-Chapelle, en 789 (can. 19), y coupa court en renouvelant l'interdiction de Sardique. La cité devint donc généralement, au point de vue de l'administration ecclésiastique, ce que l'on a appelé depuis le diocèse.

Mais il était impossible que le diocèse se confondît indéfmim.ent avec la paroisse épiscopale. Les groupes chrétiens devinrent de plus en plus nombreux hors de la ville; les fidèles épars dans les petites localités de la cité ne purent longtemps se résigner à n'avoir d'autre église que l'église urbaine. Il fallut songer à donner satisfaction à leurs désirs d'autant plus légitimes qu'ils accusaient ou favorisaient une plus grande diffusion de la foi chrétienne. Des églises nouvelles, centres de petites paroisses rurales, s'élevèrent peu à peu, par la force même des choses, sans que jamais l'évêque intervînt pour fractionner systématiquement son diocèse et créer à l'avance des circonscriptions paroissiales.

Dès le iv^ siècle, surtout après la paix rendue à l'Eglise, et même dès la fm du iii^, en Orient, des églises rurales rassemblent les fidèles trop éloignés du centre épiscopal. L'évêque les visite de temps en temps; il y envoie des prêtres, dont quelques-uns finissent par se fixer au milieu du petit troupeau. Saint Epiphane ' mentionne un prêtre, nommé Triphon. qui était attaché au bourg de Diodoris, dans le pagus de Carrhes, en Mésopotamie. En 314, le synode d'Ancyre (can. 1.3), en Galatie, défend aux chorévêques d'ordonner des prêtres ou des diacres. Les chorévêques, que ce synode est le premier à nommer,

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