‹ La paroisseChapitre 23 sur 87 · Concile de Vaison, en 44-2, can · texte numérisé non relu

Concile de Vaison, en 44-2, can

3. HiNCMvu, Capit. decanis data, V. L., t. CXXV, col. 111-1 1;>.

diilphe d'Orléans, Hérard de Tours, Hincmar de Reims, se préoccupent de fonder une école dans chaque paroisse, non plus seulement, comme jadis, pour la formation des jeunes clercs de la communauté presbytérale, mais pour tous les enfants de la <^Ula ou du hameau. C'est le curé qui dirige l'école, par lui-même ou par quelqu'un de ses clercs. On y apprend à lire, à écrire et à chanter, et, pour cet enseignement, aucune rétribution n'est exigée.

En tous les temps et dans tous les pays, lÉglise s'est fait honneur de prendre soin des pauvres avec une libéralité maternelle. Les textes sont innombrables sur ce sujet. * Le concile d'Aix-la-Chapelle de 816 (can. 16), s'inspirant de la règle de saint Chrodegang, indique en ces termes l'usage quel'Église faisait de ses biens : « Les fidèles, enflammés par l'ardeur de leur foi et l'amour du Christ, et ayant en vue le bien de leurs âmes et le désir de la céleste patrie, ont enrichi l'Eglise de leurs propres ressources, pour l'entretien des soldats du Christ, l'ornementation des sanctuaires, l'assistance des pauvres et le rachat des captifs suivant les circonstances. » La part des pauvres n'est pas seulement assignée en théorie^. Chaque paroisse a sa matricule, c'est-à-dire sa corporation de pauvres officiellement inscrits et secourus. On n'y admet que des paroissiens rendus inhabiles au travail par l'infirmité ou par l'âge. Le concile de Paris, de 829 (can. 31), oblige même l'évêque dontles revenus sont suffisants à abandonner aux églises paroissiales et à leurs pauvres la part qu'il avait

1. Thomassin, VetxiS et nova Eccles. disciplina, III, m, cap. 2G-33.

2. Concile de Nantes, en 658, can. iO; d'Aix-la-Chapelle, en 813, can. 12; de Mayence, en 817, can. 10; etc.

droit de prélever sur les dîmes et les offrandes locales. Les voyageurs et les étrangers ne devaient pas être oubliés, quand ils se trouvaient dans le besoin. Hérard de Tours ^ n'est que Técho d'un grand nombre de conciles, quand il rappelle aux chefs de paroisse qu'il est de leur devoir d'exercerl'hospitalité et d'avoir grand soin des veuves, des étrangers, des orphelins et des malades. Il ajoute qu'ils auront chaque année à rendre compte de leur gestion charitable à l'évêque ou à ses représentants. L'assistance publique ainsi exercée dans les paroisses ne laissait pas que de constituer pour elles une lourde charge, dans un temps où la misère était fréquente.

L'entretien de l'église elle-même s'imposait aussi au clergé. C'était alors la maison commune, qui ne servait pas seulement aux réunions religieuses, mais dans laquelle se traitèrent abusivement des affaires purement civiles -. Le paysan y mettait son trésor en sûreté et s'y réfugiait à l'approche de l'ennemi. Le droit d'asile s'y exerçait en faveur du coupable digne de mort ^. Les églises mérovingiennes, de construction très simple, peu solides et souvent en bois, ont péri par l'incendie ou les ravages des barbares et du temps. Celles qui échappèrent à ces causes de destruction furent trouvées trop modestes à l'âge suivant et remplacées par des édifices mieux construits. A l'époque carolingienne, les églises de bois furent encore nombreuses, avec une ornementation qui mêle ensemble les formes romaines et les conceptions barbares, tantôt géométriques et tantôt fantastiques.

i. Capitulaire, c. 18, 33.

2. Conciles d'Arles, en 813, can. 22 ; de Mayence, en 813, can. 40 ; etc.

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