Concile d'Orléans, en S4l, can
tares de terre, une curtis ou ferme et quatre esclaves^ La dot apportée quelquefois par les clercs et les libéralités des fidèles augmentaient fréquemment ce premier fonds. Mais comme les biens d'Eglise étaient exempts de l'impôt et du service militaire, les rois interdirent de faire, sans leur autorisation, des donations qui les privaient eux-mêmes d'une partie de leurs droits. La paroisse peut concéder une partie de ses terres en précaire ou bail et en bénéfice, moyennant un cens annuel, avec retour des fonds à l'église après la mort du détenteur.
La seconde source de revenus ecclésiastiques est la dîme. Il est conforme à l'équité que ceux qui consacrent leur vie au bien spirituel du peuple reçoivent de lui ce qui est nécessaire à la vie corporelle. C'est là du reste une règle appliquée, dans l'intérêt général, à toutes les fonctions sociales. Un peuple est obligé d'entretenir les chefs qui le gouvernent, les soldats qui le défendent, les juges qui protègent ses droits, les maîtres qui l'instruisent, les artisans qui travaillent pour lui, en un mot tous ceux qui lui rendent quelque service. La société serait impossible sans cet échange réciproque des biens que chaque membre du corps social peut apporter à la communauté. L'Eglise, dont les ministres sont assujettis aux mêmes nécessités matérielles que les autres hommes, a toujours fait un devoir à ses fidèles de l'aider de leurs ressources. Saint Paul, faisant allusion à la dîme que prélevait le sacerdoce juif, écrit aux Corinthiens : « Ne savez-vous pas que ceux qui remplissent les fonctions sacrées vivent du temple, et