S. JÉRÔME, Ep. LI, 2, P. L., t. XXn, COl
le mot « paroisse » pour désigner ce que nous appelons diocèse \ ou le mot « diocèse » pour désigner une paroisse-. La confusion entre les deux termes, au moins pendant les premiers âges, s'explique naturellement par le caractère même de la paroisse, qui, tout d'abord gouvernée directement par l'évêque, ne fut soustraite que peu à peu à son administration personnelle.
La première communauté chrétienne est celle de Jérusalem, fondée par les apôtres eux-mêmes, mais dont les différents organismes naissent et se développent sous l'influence des circonstances. Il y a là, au lendemain de la Pentecôte, quelques milliers de convertis qu'unissent la même foi et le même culte naissant, que les apôtres gouvernent spirituellement, et qui, sentant le besoin de s'unir en face des persécuteurs, ne forment ensemble « qu'un cœur et qu'une àme^ ». Ils pratiquent la fraternité d'une manière héroïque; les plus aisés mettent volontairement ce qu'ils possèdent à la disposition des chefs de l'Eglise pour l'entretien de ceux qui manquent du nécessaire, soit par suite de leur pauvreté, de leurs infirmités ou de leur vieillesse, soit à cause de l'abandon dans lequel ils sont laissés parleur famille demeurée juive '*. Ces biens, mis en commun, sont partagés selon les besoins de chacun. Mais la ferveur première n'empêche pas les petites rivalités de se produire, puis bientôt
i. Conciles de Salz, en Franconie, en 803; de Paris, en 829, can. 3-2 ; statuts synodaux de saint Boniface, 2" collect., can. 9. 10; etc.
2. Conciles d'Agde, en GOG, can. 54 (douteux); de Tarragone, en 516, can. 13; d'Orléans, en .538, can. 18, et en 541, can. 33; de Tolède, en 633, can. 14; de Salzbourg, en 799, can. 1 ; etc.