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Troisième concile de Latran, en 1179, can

thédrale, ou attribuées aux chanoines par la libéralité d'un évéque ou d'un seigneur. Déjà, dès le vi*^ siècle, la cathédrale de Paris possédait des terres considérables dans la plaine qui environnait la ville, dans le diocèse de Sens, en Touraine, et même en Provence, pour la fourniture de Thuile des lampes ^ . Dès la même époque se fondait, dans les terres situées à l'ouest de la Cité, l'église de Saint-Germain, émanée de la cathédrale. Les paroisses fondées par des chapitres ou par des abbayes s'appelaient des églises filiales, terme qui indiquait à la fois la part active que les églises mères avaient prise à leur fondation et l'autorité qu'elles exerçaient sur elles. Notre-Dame de Paris avait sous sa juridiction, au xii^ siècle, Saint- Merry, le Saint-Sépulcre, Saint-Benoît et Saint- Etienne des Grès, qu'on appelait les quatre filles de Notre-Dame^ et aussi Saint- Jean le Rond, l'ancien baptistère, Saint-Denis du Pas, Saint-Christophe, l'église de THôtel-Dieu et la chapelle de Saint- Aignan. L'évêque avait aussi sq^ filles, Saint-Germain l'Auxerrois, Saint-Marcel, Saint-Honoré et Sainte-Opportune. De plus, la tradition s'était conservée à Paris, conformément à l'usage des anciennes églises épiscopales, d'avoir autour de l'évêque des « prêtres cardinaux » pour l'assister aux jours de fête. A Noël, à Pâques et à l'Assomption, treize curés de paroisse venaient remplir cet office à la cathédrale ou envoyaient un remplaçant-.

1. LEnoEUF-CocHERis, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, Paris, 1863, t. I, p. r>.

2. Ces treize prêtres venaient des paroisses de Saint-Paul, Saint- Martin des Champs, Saint-Jacques, Saint-Séverin, Saint-Benoît, Cliaronne, Saint-Étienne des Grès, Saint-Gervais, Saint-Julien le Pauvre, Saint-Merry. Saint-Laurent, Saint-Jean en Grève; l'abbé de Saint-Victor se joignait à eux.

L'évêque nommait directement les curés dans les paroisses qui ne dépendaient d'aucun patron. Ces paroisses ne formaient en général qu'une minorité parmi toutes celles d'un diocèse ^ Dans les paroisses qui étaient à la nomination d'un chapitre, d'une abbaye, d'un patron laïque, le candidat choisi était présenté à Tévêque, qui pouvait seul l'instituer et lui donner la juridiction spirituelle. Nul n'était en droit d'administrer une paroisse s'il n'avait reçu cette juridiction -.

Le quatrième concile de Latran (can. 65) défend aux évêques d'attendre qu'on leur donne de l'argent pour instituer un curé. Toutefois, avant d'en envoyer un dans une paroisse, ils ont à s'assurer qu'il y trouvera de quoi vivre ^.

Beaucoup de paroisses ont pour patrons des sei-

1. Le diocèse de Paris, par exemple, était formé des trois arcliidiaconés de Paris, de Josas et de Brie, divisés eux-mêmes en doyenné?, et en outre, du doyenné de Ciiampeaux, qui ne relevaild'aucun arcliidiaconé. Or, sur près de 469 cures ou vicairies perpétuelles que comprenait le diocèse, il n'y en avait que 215 à la uomination de l'cvéquc-Le chapitre de Notre-Dame nommait à 17. l'abbé de Saint-Jlartin des Champs à 27, les abbés de Sainte-Geneviè\e et de Saint-Germain des Prés chacun à 9. Le reste dépendait de dilTcrents autres patrons. Parmi les cures de la ville elle-même, l'évêque ne nommait qu'à 3 sur 30. Laproportion était analogue en province. A Grenoble, l'évêque disposait de ±2i cures sur 515; à Chartres, de 68 sur 943; à Limoges, de 3:23 sur 808; à Bordeaux, de '236 sur 390, et dans la ville de une sur 15; à Besançon de quelques-unes seulement, tandis que l'abbé de Saint- Claude nommait à 108 et celui de Luxeuil à 44. Dans toute la France, sur 392 archiprêtrês, 371 dé|)cndaient de patrons, 21 seulement des évêques. Voir Lecler, Pouillc de Limoges de 1773, p 52;Mokey, iVofes historiques sur les curés de Franche-Comte, p. 12: dans l'Anjou historique, mars 190i, Les paroisses du diocèse d'Angers avant le Concordat; iMiiAUT DE i.A ToLK, Lcs Origines de la réforme, dans le Correspondant, 10 août 1903, p. 525 ; Sicaud, La nomination aux bénéfices ecclésiastiques avant 1780,Par\s, 1896;ALLAiN,f/rj diocèse français sous Vancicn régiyne, dans le Congrès scient, internat, des catholiques, Bruxelles, 1895, 5'' sect., p. 3(J9.

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