Quatrième concile de Latran. en 1215, eau
d'églises. Ne voit-on pas déjà, à la fin du x^ siècle, le comte de Rouergue, Raimond, posséder une soixantaine d'églises et de chapelles, le vicomte de Béziers une vingtaine, le comte de Toulouse, Garsinde, donner en une fois sept églises et neuf chapelles à Saint-Pons, le comte de Carcassonne, Roger, donner cinq églises à Saint-Hilaire '/ Les églises des anciens castra ou des bourgs, étaient généralement aux mains des comtes. Le comte de Carcassonne possédait les églises de la ville -. Il en était de même à Châteaudun, à Brou, à Archiac en Saintonge, à Tonnerre, à Avallon, dans la plupart des plou de Bretagne, et dans une multitude de localités^. Ainsi, non seulement dhumbles paroisses de campagnes, mais d'importantes paroisses de villes fussent devenues la proie de rapacités effrénées, si TEglise n'avait lutté pied à pied pour les défendre. C'était son intérêt, mais surtout celui du peuple, auquel elle ménageait la possibilité d'une vie spirituelle et au sein duquel elle entretenait un élément irréductible de résistance contre un retour aux anciennes tyrannies païennes.
L'Église ne put cependant récupérer tout ce qui avait été soustrait aux paroisses. Les seigneurs, en beaucoup d'endroits, continuèrent à percevoir les dîmes « inféodées », c'est-à-dire annexées au domaine seigneurial, se contentant d'assurer au curé sa subsistance. Cet état de choses existait encore en 1789 dans beaucoup de diocèses.
\. D. Vaissette, llisloire cjénvralc du Languedoc, t. V, n''*^ \\\, i-20, 134, loO.