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Synode de Reims, en 1148, can

les vicaires perpétuels, et, s'ils ne le peuvent, les titulaires du bénéfice, ont la charge de faire élever sur les terrains de l'église les bâtiments nécessaires aux différents services.

Le quatrième concile de Latran (can. 66) renouvelle la prohibition d'exiger quoi que ce soit pour la célébration des obsèques et pour les bénédictions nuptiales, les revenus de l'église étant jugés suffisants pour l'entretien du prêtre ; mais il approuve la coutume introduite par les fidèles de faire une offrande à cette occasion. Un synode d'Apt, en 1365 (can. 11), défend aux clercs de vendre à des laïques ce qui leur revient de leur ministère spirituel.

Ainsi organisées et maintenues dans un état normal par une autorité toujours vigilante, les paroisses gardaient assez d'indépendance pour défendre les intérêts de la population chrétienne et la former progressivement à une civilisation moins imparfaite, dans un temps où la force et la violence remplaçaient si souvent le droit. Au xi'^ siècle, de nombreux synodes avaient travaillé à mettre un terme aux hostilités sans cesse renaissantes entre les seigneurs, au grand détriment des paysans pour lesquels la sécurité n'existait plus. L'interdit fut d'abord jeté sur les belligérants ; puis, l'on essaya l'établissement d'une vaste ligue de la paix, dont les membres s'engageaient par serment. A un synode de Bourges, en 1038, on obligea les fidèles, âgés de plus de quinze ans, à prêter ce serment et à promettre de défendre la paix même par les armes, s'il était nécessaire. Les clercs devaient porter les bannières devant le peuple, quand celui-ci marchait contre les ennemis de la paix. Ces moyens ne réus-

sirent guère contre des seigneurs habitués au métier des armes.

La Trêve de Dieu, ou treiiga Dei, eut plus de succès. Elle prohibait les hostilités du mercredi soir au lundi matin, du premier jour de l'Avent à l'octave de l'Epiphanie, du lundi avant le Carême à l'octave de la Pentecôte, et à un certain nombre de fêtes de la sainte Vierge et des saints ' . Le synode de Rouen, en 1096, interdit même d'inquiéter les laboureurs au travail et de toucher aux bœufs et aux chevaux qu'ils employaient au labour. C'était l'époque des croisades et l'intérêt commun fît accepter dans toutes les provinces et respecter la Trêve de Dieu. La sécurité fut ainsi à peu près rendue aux habitants des paroisses.

Le droit d'asile était aussi destiné à soustraire l'homme du peuple à la vengeance ou à la justice sommaire du seigneur. Une loi de Théodose le Jeune- retendait non seulement à l'église, mais encore à tous les bâtiments qui en dépendaient. Les rois francs reconnurent ce droit ^. Le concile de Clermont, en 1095 (can. 29, 30 \ l'attribua également aux croix établies le long des chemins. De nombreux conciles avaient revendiqué pour l'Eglise le droit d'asile. Le coupable n'était livré qu'à condition que le juge lui laisserait la vie et l'intégrité de ses membres. Comme l'usage de ce droit donna lieu à des abus, déjà Charlemagne '• défendit aux

1, Synode de Clermont, en IOOj, can. 1 ; IlEFELE,//ïsfoîre des conciles, t. VI, p. 277-283.

û. Cod. Theod., IX, i:i, \.

3. Synodes d'Orléans, en lill, can. 1 ; de Reims, en 6'2o, can. 7, 2i-, de Mayence, en 813, can. 39.

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