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Capilulaire de 77!», c

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clercs d'excuser le coupable et de le nourrir. En 1276, un synode de Bourges (can. 12) frappait encore d'excommunication celui qui violait le droit d'asile, déjà notablement méconnu, et en 1326, le synode de Mauriac can. 11), au diocèse d'Auch, reprenait le même canon. Au xvi^ siècle seulement, ce droit fut à peu près complètement aboli '.

Une transformation politique, du plus haut intérêt pour les paroisses, se produisit aux xi^et xii^ siècles. La bourgeoisie des communes, qu'avait enrichie le commerce et dont la situation était devenue plus importante depuis les croisades, finit par trouver trop pesant le joug des seigneurs. Peu à peu. par entente volontaire ou forcée, ceux-ci furent amenés à octroyer aux communes des chartes de franchise. Le roi Louis VI favorisait ce mouvement qui lui ménageait l'alliance des bourgeois contre les seigneurs féodaux. En certaines villes, Reims, Laon, Yézelay, Cambrai, ce furent les seigneurs ecclésiastiques qui furent vivement pris à parti et durent composer. Ailleurs, les évêques étaient avec les bourgeois. Au Mans, par exemple, l'évêque et les prêtres de chaque paroisse, portant la croix et les bannières des saints, s'élancent avec les habitants à l'assaut du château de Silly-. « Les clercs avaient souvent à se plaindre des violences des seigneurs qui jalousaient leurs richesses et multipliaient les

1. Jusqu'en 174G, on voyait suspendu vers le liaut du pignon de la basilique de Sainte-Geneviève un large et gros anneau de fer, qui était anciennement à la porte de l'église, et dans lequel passaient leur bras ceux qui recouraient au droit d'asile. Cociiehis-Leboeif, Histoire de la ville et du diocèse de Paris, t. Il, p. 578; Biblioth. de l'école des Chartes, 3* sér., t. V, p. 163.

•2, D. Bouquet, iîerww gallic. et franc, scriptores, t. XII, p. oiO.

incursions sur les terres de l'Eglise. Dans la plupart des villes où la suzeraineté appartenait à un seigneur laïque, le clergé fit cause commune avec le peuple, parce que leurs souffrances étaient les mêmes et semblable aussi leur intérêt à la défaite et à la punition du suzerain ^ . » Quant aux seigneuries ecclésiastiques, elles étaient moins armées que les autres pour une résistance effective. Elles cédèrent assez facilement au désir d'affranchissement que manifestèrent les communes. D'ailleurs, en vertu de leur immunité, les terres d'Église étaient considérées comme un prolongement du domaine royal. Le roi affirmait son droit par la j'égale, en vertu de laquelle il percevait les revenus des évêchés vacants. Il n'était pas fâché d'établir plus expressément son autorité sur ces seigneuries en se conciliant la sympathie de la bourgeoisie dont il secondait les efforts.

Dans les paroisses de campagne, les mêmes tendances se firent jour. Au xii^ siècle, les paysans étaient à peu près tous libres; mais les villains^ comme on les appelait, n'avaient pas de garanties suffisantes contre les abus dont ils n'étaient que trop souvent victimes, dans leur personne ou dans leurs biens. Eux aussi, ils réclamèrent et obtinrent leurs chartes d'affranchissement. 11 en résulta au moins pour eux un peu plus de sécurité qu'auparavant.

Ainsi le progrès s'accomplit lentement mais utilement. « Les chartes d'affranchissement en sont l'expression et la preuve formelle. Elles nous montrent la liberté personnelle qui se développe, l'administra-

1. G.vSQLET, Institutions politiques de Vancienne France, t. H, p. 200.

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tion qui se règle, Tindustrie qui s'étend, la condition matérielle qui s'améliore. Si Ton demande à qui Ton doit cette révolution, il faut en attribuer le principal mérite au christianisme et à l'Eglise. Ce fut d'abord sur les terres ecclésiastiques que l'administration se montra plus paternelle ^ plus régulière, et que les lois devinrent plus favorables à la liberté. Ce furent les trêves de Dieu qui précédèrent les chartes civiles et qui les préparèrent. Ce fut la législation canonique qui travailla la première aux affranchissements dans une pensée d'égalité chrétienne, et offrit ainsi à la législation civile le modèle à suivre... Ce furent deux papes du xii^ siècle, Adrien IV et Alexandre III -, qui donnèrent à ce grand mouvement d'émancipation rimpulsion la plus vive ; ce fut Rome enfin qui, en suscitant partout l'opinion publique, entraîna les gouvernements ^. »

La paroisse profitait de toutes ces améliorations pour devenir plus indépendante et aussi plus vivante. Le peuple s'intéressait davantage à son église quand il s'y sentait un peu plus le maître. Cette église était, du reste, comme le centre de toutes les affaires de la commune. « Les ventes, les donations, et tous les actes publics ou privés des citoyens étaient passés ou mis en écrit dans leur église. C'était au coin de l'autel que les affranchissements étaient célébrés, de manière que le serf, après avoir trouvé dans le

1. On connaît le proverbe allemand, rapporte par l'historien Anton : « Il fait bon vivre sous la crosse ».

2. Alexandre III, en 1159, déclara canoniquement valables les mariages contractés par les paysans sans le consentement de leurs seigneurs, et réduisit à une simple amende l'infraction au formariage, ou droit qu'avait le seigneur à s'opposer au mariage de personnes dépendant de lui.

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