Synode de Saint-Onier, en i099, can. I
3. Synodes d'Avignon, en 1209, can. 9; de Mayence, en 1310, can. 109.
4. Quatrième concile de Latran, 1215, can. 19; synode de Bourges, en 1286, can. 21.
5. Synodes de Rouen, en 1190, can. 18; de Saumur, en 1253, can. 6; de Ruffec, en 1258, can. 10; de Trêves, en 1310, can. Ci.
6. Synode de Londres, en 1208, can. 35; conciles de Lyon, en 1274, Can. 25; de Bâle, en 1435, XXF sess., can. 11.
les banquets, les jeux, les danses, les pièces de théâtre et tous les amusements profanes qui avaient lieu à l'occasion de certaines solennités K La fréquence des interventions synodales montre que ces derniers abus étaient fortement enracinés et qu'il fallut les combattre longtemps, avant d'arriver à les détruire. Des conciles généraux, celui de Lyon et celui de Vienne, jugèrent même à propos d'appuyer de leur autorité les prohibitions des conciles provinciaux. La fête des Fous, réformée à Paris, dès 1198, par l'évêque Eudes de Sully, fut interdite par le concile de Bâle dans sa xxi^ session -.
Plusieurs synodes de cette période reviennent sur la défense de donner dans l'église des représentations théâtrales. C'est qu'en effet, à partir du xie siècle, le clergé avait commencé à ajouter le drame liturgique aux cérémonies religieuses proprement dites. « A certaines époques de l'année, surtout au temps de Noël et de Pâques, les principaux mystères du christianisme furent représentés dans Téglise devant le peuple, pardesprétresetdes clercs. Ledialogue, en langue latine et en prose, était court ; à l'origine, une simple paraphrase des textes sacrés. Les vêtements sacerdotaux, à peine modifiés, suflisaient aux acteurs ; le drame liturgique primitif n'était guère qu'une prolongation deTofTice, non moins grave ni moins reli-
1. Synodes d'Avignon, en 1209, can. 17; de Paris, en 1213, can. Ifi; de Trêves, en 1227, can. G; de Ilouen, en 1231, can. 14; de Cognac, eu 12(î0, can. 2; de Bourges, en l'2><c,, can. 22; concile de Vienne, en 4314, can. 9; synode de Paris, en 1428, can. 3.
2. L'Église n'avait pas réussi à épurer totalement la religion populaire. Beaucoup de superstitions subsistaient encore et nuMaient aux pratiques catholiques de vieux restes du paganisme ancien. On trouvera des détails intéressants sur ce sujet dans Tiuers, Traité des superstitions, 1679, etdans Curiositcs théologiques, parun bibliophile, Paris, s. d.
LA PAROISSE DU Xl'^ AU XIV*^ SIECLE. 81
gieuse que roffice lui-même '. » Peu à peu, par des transformations naturelles, la langue vulgaire fut substituée au latin, le drame se joua non plus dans l'église mais sur le parvis, les acteurs laïques se substituèrent aux prêtres, et des confréries se formèrent pour représenter des pièces toujours religieuses, mais de plus en plus variées. A la fin du xiv^ siècle, commencèrent les « mystères » proprement dits, qui représentaient l'histoire de la religion avec introduction des personnages les plus divers, depuis Dieu jusqu'aux êtres les plus vils -. Le peuple avait grand goût pour ces spectacles. On croyait faire œuvre pie en y assistant, et, de fait, il y avait là un enseignement de la religion à la fois très saisissant et très populaire. Vers la fin du xvi^ siècle, ces représentations devaient cesser, pour céder la place à des spectacles profanes. L'immense succès des mystères permet de constater la place que la religion tenait dans la vie des populations du moyenàge, puisqu'elles la mêlaient intimement même à leurs distractions. On comprend néanmoins que l'introduction de certains personnages dans les drames religieux et le langage qu'on leur faisait librement tenir, aient été de bonne heure incompatibles avec le respect dû au lieu saint.
Il ne suffisait pas de fermer l'église aux réunions profanes. Il fallait appeler les paroissiens aux offices religieux et les habituer à y prendre part avec les
1. Petit de Julleville. Les mystères, dans La France chrétienne dans l'histoire, Paris, 1896, p. 238.
2. L'ordre de la triomphante et magnifique monstre du mystère des saints actes des apostres, laite à Bourges, le dimanclie dernier jour d'avril 1536, Bourges, 1830, ne demande pas moins de ôU pa^es iu-8'^ pour la description du cortège.
sentiments qui conviennent. En 1229, un grand synode tenu à Toulouse (can. 25, 26) oblige les paroissiens, surtout le mari et la femme de chaque maison, à assister, les jours de dimanche et de fête, au sermon et à tout l'office divin, et à ne pas sortir avant la fin de la messe. Si lun des deux se trouve légitimement empêché, l'autre ne doit pas manquer de venir. L'infraction non motivée entraînait une amende de douze deniers de Tours K dont moitié pour le seigneur du lieu et moitié pour le prêtre ou pour l'église. Le même synode exhorte les paroissiens à visiter leur église dans la soirée du samedi, en Ihonneur de la sainte Vierge. C'est dans l'église de la paroisse que les fidèles ont à entendre la messe -. Il est d'ailleurs recommandé au prêtre de ne pas célébrer trop lentement, pour ne pas fatiguer l'attention des fidèles ^. La pluralité des prêtres ou au moins des clercs dans les églises de campagne permettait d'y assurer non seulement la messe, mais encore tout l'office divin, comme dans les cathédrales ou les collégiales '. En 1274, le concile général de Lyon (can. 25) insiste sur la tenue religieuse que les curés doivent recommander à leurs paroissiens dans les églises : « Le culte du Seigneur requiert le respect et le calme ; qu'on entre à l'église avec humilité et dévotion ; qu'on s'y applique aux solennités sacrées avec des cœurs attentifs et qu'on s'acquitte des prières avec des âmes dévotes ; qu'on en éloigne tout ce qui
1. Soit un sou. vingtième partie de la livre d'argent, qui valait un peu moins que le Iranc actuel.
2. Synodes deMarciac. au diocèse d'Aucli, en i326, can. -JU; d'Apt, en iSiiij, can. i-2.
3. Synodes de Cologne, en 1-27!», can. 7; de Lambetli, au diocèse de Cantorbéry. en 1330. can. i.