Synode de Bénévent, en 1331, can
3. Kell^e-r. Heoi'tologie Oder das Kirchenjahr, Fribourg-en-B., 1901, p. 11-20.
4. A la On du xiii« siècle, les joncliées étaient fournies à Notre- Dame de Paris, pour la IV.-te de l'Assomption, par les prieurs de certaines églises, à tour de rôle chaque année, Limours, Orsay, Palaiseau,Saiut-Remi.ClieYreuse,Marlv, Versailles, etc.GLÉKAr.D,Car/î//an'e de N.-D., p. 171.
les cérémonies se déroulaient avec toute la pompe que permettaient le personnel et les ressources locales. La fête du saint qui était le patron du lieu était solennisée avec des réjouissances particulières, tant à l'église qu'au dehors.
Quand les corporations ouvrières prirent leur grand développement, au xiii^ siècle, chacune d'elles fut amenée à constituer une confrérie ou famille spirituelle dans laquelle pouvaient entrer, à côté des ouvriers en activité, les anciens ouvriers et les bienfaiteurs qui aidaient la corporation de leur influence et de leurs richesses. Toute confrérie tenait à avoir sa chapelle dans l'église, la châsse de son patron, sa bannière, ses processions. Elle se réunissait à l'occasion des mariages ou des funérailles de ses membres, et Ton frappait d'une amende ceux qui n'assistaient pas à ces cérémonies religieuses. Chaque confrérie avait un patron spécial, adopté par toutes les corporations de même nature ou désigné par dos circonstances locales. La fête de ce saint était célébrée par la confrérie avec tout l'éclat possible ; on rivalisait de magnificence, pour l'honneur de la confrérie. Saint Joseph était fêté, à titre de patron, par les charpentiers et les menuisiers; saint Eloi, par les orfèvres et les ouvriers en métaux; saint Isidore, par les laboureurs; saint Fiacre, par les jardiniers; saint Vincent, parles vignerons; saint Biaise, parles maçons et les tisseurs de laine; saint Jean-Baptiste, par les tailleurs; saint Michel, par les merciers et les marchands, etc. '.
1. Hlt.tep,, Tableau dos inslitutions et des mœurs de l'Eglise an moyen-drje, Paris, 1843. t. 111, p. i!>-2; ToussAiM-r.vLTiER, Dictions, des confréries, Paris, 18o'j; Claih, Lrs confréries ouvrières, Paris, 4873; Association catholique, t. XIII, 188:2, p. 283.
Ces confréries étaient très fermées. La paroisse elle-même formait une vraie famille, uniquement composée d'habitants nés dans la commune même ou fixés depuis longtemps sur son territoire. Cependant, en France, on n'allait pas jusqu'à exclure de l'église les étrangers qui prétendaient y assister à la messe du dimanche, comme cela se pratiquait en Bohême ', et dans la basse Italie-.
Les ressources paroissiales continuaient à s'alimenter du produit des biens-fonds, des dîmes, des offrandes et des donations. Les paroissiens faisaient quelquefois ces dernières de leur vivant. En 1039, un certain Reynaud « donne à Dieu et à la sainte Trinité tous ses biens et lui-même comme serf ^ ». Des motifs de piété, d'espérance, de crainte ou de réparation inspiraient les donateurs. Plus fréquemment, quelqu'un faisait une donation à l'église de sa paroisse par testament, avec ou sans charges déterminées, « pour le salut de son âme ».
Plus que tous les autres, les rois de France exercèrent de grandes libéralités envers l'uglise, qu'ils regardaient comme l'indispensable soutien de la société. Animés eux-mêmes de sincères sentiments religieux, ils croyaient faire œuvre pie et utile à leur âme en fondant ou en dotant des églises. Ainsi fit saint Louis ^. Ainsi firent beaucoup dautres, avant et après lui. Malgré la brièveté de son règne, Philippe le Long prend le temps de fonder des églises et des chapelles, de donner aux prêtres des
i. Synode de Prague, de 1349. can. 3-2. •2. Synode de Bénévent, de 1378, can. 08.
3. Monast. Vindocinense, (iaiiis Gxsqi:et, hislitut.îwlil. dcrancienne France, t. II, p. 277.
i. JoixviLLE, Histoire de saint Louis, CXXIX. 000; CXLn,7-23. 7i'*.
marques de sa bienveillance, de faciliter le recrutement du bas clergé en affranchissant ceux de ses serfs que signale leur piété, et enfin de favoriser l'établissement de confréries religieuses. Il agissait ainsi pour « assurer son salut et celui de ses prédécesseurs », pour « l'accroissement du service de Dieu », pour « le salut de son âme », pour celui « de sa femme et de ses parents ^ ».
Les mêmes sentiments, la même préoccupation deTautre vie animaient tous les donateurs, grands ou petits. L'Église veillait en conscience à l'exécution de leurs volontés; c'était son devoir, parce que leur intérêt spirituel d'abord, son intérêt temporel ensuite, s'y trouvaient engagés. C'est pourquoi la législation canonique revient très fréquemment sur la question des testaments. Ils doivent être faits en présence de témoins et du curé de la paroisse ou d'un clerc ^. Anathème est prononcé contre celui qui conteste la valeur d'un testament en se basant sur l'absence d'un juge civil ^. Si le curé n'a pu assister à la confection du testament, le notaire doit, dans les huit jours, lui donner copie des dispositions qui le concernent''. L'évêque a la haute surveillance sur tout ce qui concerne les testaments. Dans les dix jours, les actes doivent lui être apportés à lui-même ou à son officiai, pour qu'il veille à ce que les exécuteurs testamentaires ne distraient rien ;
1. Leulgf.h;, Histoire de Philiiqte le Long, Paris, 189". 1. 1, p. 3iT- 3o0.
"2. Synodes de Narbonnc, en 1-2:27, can. 5; de Toulouse, en 12-2!», can. 10; de Rouen, en 1-2;}!, can. 21; de Béziers, en 1246, can. M; d'isle, au diocèse d'Avignon, en 1-2.')!, can. G; d'Albi, en 1-234, can. 37, 38; de Ruffec, en l-2;'i8, can. 7; d'Arles, en 1275, can. 8.