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Synode de Chàteau-Gontliier, en 1-231, can

droits de l'Eglise, avait atteint son apogée au xiii*^ siècle. Les superbes églises qui s'étaient alors élevées de toutes parts et la science sacrée qui florissait dans les grands centres témoignaient d'un immense progrès accompli. Les paroisses, sans doute, n'en éprouvaient qu'une lointaine influence ; leur église restait assez modeste et leur condition médiocrement prospère. Néanmoins elles aussi avaient gagné avec le temps. Les évêques avaient réussi à les dégager des entraves par trop gênantes, en imposant le respect de la loi canonique aux patrons des églises, en faisant restituer une partie des biens usurpés par les seigneurs laïques, en retirant aux moines le service paroissial, en contrôlant par eux-mêmes le ministère des curés nommés par d'autres, en célébrant de nombreux synodes pour corriger les abus et amener tous les prêtres à un genre de vie digne de leur ministère, enfin en assurant à rÉglise une cohésion, une liberté et une activité faites pour lui concilier le respect, la confiance et la reconnaissance des peuples.

Le curé était, dans sa paroisse, le représentant de cette Eglise qui prenait les petits sous sa tutelle et dont la force morale réussissait assez souvent à s'imposer même aux puissants. Bien que la commune eût, depuis le xii« siècle, ses magistrats civils, majeurs, maires, échevins, le curé y gardait une situation prépondérante. Il était appelé dans les conseils de la communauté, dont les affaires se débattaient régulièrement sous l'auvent de l'église ou sur une place voisine; il traitait en chaire des intérêts communs à tous, dans l'ordre religieux, l'ordre moral et même quelquefois l'ordre matériel. Seul il avait à soccu-

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per des grands événements de chaque famille, naissances, mariages, funérailles, testaments. Il veillait sur les enfants par l'école dont il avait la charge. sur les pauvres par la charité qu'il exerçait officiellement envers eux, sur tous les paroissiens par l'autorité que lui conféraient à la fois son caractère sacré et les services rendus. Quand il était à la hauteur de ses fonctions, le curé n'avait pas de peine à être vénéré comme le père de la grande famille paroissiale ' .

Evidemment, cet idéal n'était pas toujours réalisé. Aux progrès succédaient les décadences. L'Eglise veillait à ce que ces dernières ne fussent jamais définitives.

i. Dès l'époque de Charlemagne, en 813. cap. 14, il est prescrit de prêcher de manière que le commun du peuple comprenne bien. Les conciles de Reims, 813, can. 15, et de Tours, 813, can. 1", ordonnent aux évoques de traduire les homélies des Pères, qu'on lit le dimanche, en langue romane ou germanique, pour que le peuple les comprenne. Les prêtres de paroisse, quand ils parlaient à leurs lidèles, étaient bien obligés de se servir, non plus du bas latin, mais de la langue vulgaire, langue d'oc oulangue d'oïl. A. Dakmestetf.r, Cours de grammaire liUlorique, 1. 1, p.3i-37; Hcuter, Tableau des instituts et des mœurs, t. III, p. 318-3-20.

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