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LA VIE PAROISSIALE SOUS L*ANCIEN REGIME

confrérie de la Passion, établie au xv^ siècle, s'appliquait à la représentation des mystères. Peu à peu, elle s'écarta de son but religieux et finit par être supprimée sous Louis XIV. Dans le midi de la France, florissaient les confréries de pénitents, composées de laïques associés pour se livrer à certains actes de pénitence, assister aux processions, célébrer les funérailles de leurs membres. Ces confréries eurent leur plus grande vogue au xvi^ siècle. Elles se recrutaient surtout dans la bourgeoisie. La couleur du sac dont se revêtaient les pénitents leur faisait donner les noms distinctifs de pénitents noirs, blancs, gris, pourpres, feuille-morte, etc. Malgré les sentiments religieux qui les animaient, on ne peut guère compter les pénitents comme auxiliaires de la paroisse. Car ils avaient en général l'esprit séparatiste et chicanier, trouvaient quelque satisfaction à n'être pas d'accord avec leur curé et cherchaient à avoir des prêtres dans leurs rangs, afin de pouvoir se passer de lui * .

11 existait d'autres confréries d'un caractère plus paroissial et plus strictement religieux. Dès le xiv^ siècle, on trouve à Paris des confréries en l'honneur de la Vierge Marie immaculée, d'abord à Saint- Séverin, puis à Saint-Paul. Beaucoup d'autres étaient fondées un peu partout, en l'honneur d'un patron local, sainte Geneviève, sainte Solange, saint Martial, d'un saint vénéré à un titre particulier, saint Loup, saint Hubert, saint Côme et saint Damien, saint Nicolas, en l'honneur de la Sainte Vierge, sous le vocable de Notre-Dame du Rosaire, Notre-

i. L. GiinEttT, Les confréries de Pénitents de Limoges, 1879.

Dame du scapulaire, Notre-Dame de Liesse, etc. Sous l'action des Jésuites, des congrégations de la Sainte Vierge ont réuni un nombre immense de jeunes chrétiens et les ont aidés à persévérer dans le bien. Les confréries du Saint-Sacrement n'étaient pas moins répandues. Elles entretenaient dans les paroisses le culte de la sainte Eucharistie, faisaient dire des messes et célébrer des saints à cette intention et tenaient des réunions dans des chapelles contiguës à l'église, et spécialement affectées à cet usage.

Les confréries n'avaient d'existence légale qu'autant que l'autorité royale les autorisait'. Ainsi Philippe le Long autorisa la confrérie de Saint-Magloire et celle du Saint-Sacrement, et lui-même fonda celle de Notre-Dame de Boulogne -. A défaut de cette autorisation, des confréries même très anciennes furent supprimées^. La condition était d'importance, car elle conférait à ces associations le droit de recevoir des legs et des donations. Les synodes de Sens, en 1528, de Bourges, en 1584, et de Narbonne, en 1609, s'étaient occupés des confréries pour délimiter leurs devoirs et leurs droits. Aucune d'ailleurs ne pouvait être soustraite à l'autorité épiscopale.

La confrérie, dûment autorisée, avait donc le droit de posséder, d'élire des proviseurs pour gérer ses affaires, de pourvoir à la tenue des réunions, à la

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