LA VIE PAROISSIALE SOUS LANCIEX REGIME
OU à l'hôpital, les secours permanents aux vieillards et aux incapables ^ .
L'organisation n'était pas uniforme. Tout dépendait des ressources locales et du personnel charitable dont chaque paroisse disposait. Mais les principes posés par saint Vincent de Paul s'imposaient partout. Dans les grandes paroisses des villes importantes, on trouvait deux sortes de compagnies de charité, une d'hommes et une de dames, avec trésorier et trésorière. Ailleurs, le curé ne disposait que d'une charité de dames, avec une trésorière et un procureur. Parfois, on se passait de ce dernier. En certaines paroisses moins favorisées du côté du personnel, le curé faisait roffice de trésorier et de distributeur. Les Filles de la Charité prenaient soin des pauvres et tenaient des maisons de secours, là où elles se trouvaient. Enfin, en certains autres endroits, la fabrique et les notables constituaient eux-mêmes le bureau de charité et faisaient distribuer les secours par des dames. Les comptes étaient rendus régulièrement. Le curé ne distribuait personnellement, dans les paroisses où le service était bien organisé, que les sommes pour lesquelles les donateurs avaient stipulé ce mode d'emploi.
Pour éviter tout abus, les pauvres déposaient leurs demandes dans une boîte spéciale. Le trésorier recueillait ces demandes, chargeait quelqu'un de la compagnie d'aller aux informations, et ensuite en rendait compte à l'assemblée de charité, pour qu'elle avisât à ce qu'il convenait de faire. Les revenus, le produit des quêtes, les aumônes de toute nature de-
4. P. or Pf.i.lkport-Bl'rète, £^A-s«« sur l'organisation charitable des paroisses de Paris aux XVII^ et XVIII" siècles, Bordeaux, 1895.
vaient être centralisés aux mains du trésorier, chargé de tenir un état exact des recettes et des dépenses. Les secours se donnaient habituellement en nature, ou sous forme de bons, rarement en argent.
Dans les assemblées de charité, le curé occupait la première place et présidait. On y convoquait les magistrats, les marguilliers, les notables, les membres des compagnies de charité et ceux qui étaient à même de contribuer au soulagement des pauvres. Dans certaines paroisses, le seigneur du lieu venait à l'assemblée et même la présidait. Il y avait deux grandes assemblées par an, à Noël et à la Pentecôte. D'autres assemblées moins solennelles se tenaient quand il était nécessaire, après avis donné au prône le dimanche précédent.
Pour ne pas encourager la mauvaise conduite, les règlements interdisaient l'assistance des pauvres adonnés à Tivrognerie, à la débauche, au blasphème et aux mauvaises mœurs. On la refusait également à ceux qui négligeaient d'envoyer leurs enfants à l'école ou au catéchisme K
Au lieu d'entraver l'exercice de la charité par une législation intolérante et tracassière, l'Etat avait à cœur de favoriser de tout son pouvoir une institution qui ne lui coûtait rien, dont il tirait au contraire un très grand profit social et moral. 11 approuvait les règlements des compagnies de charité, sans prétendre leur imposer une uniformité incompatible avec les coutumes locales. 11 autorisait les fondations, les legs, les donations en faveur des pauvres. 11 savait que ces biens étaient consciencieusement employés,