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X) 12.rM

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Mais celte moyenne est parfois dépassée dans des proportions effrayantes. Ainsi, à Paris, quatre paroisses de faubourgs et une de banlieue comptent de m à 70.000 habitants, quatre en ont de 70 à 80.000; il y en a une de 82.000, une de 90.000. une de OG.OOO, et enfin une de 120.000 ^ Rien qu'en France, les dio-

\. Les faubourgs de Vienne, en Autriche, présentent des anomalies analogues. On > trouve des paroisses de 47,0U0, ri8.000, 73.000 hahitanls, avec un clergé insuffisant. L. Collin. Sem<iine religieuse de Paris, 19 août 190:;, p. 271.

cèses de Saint-Jean de Maurienne et de Tarentaise ont à peine 70.000 habitants, et plusieurs autres n'atteignent pas le double de la population accumulée dans certaines paroisses parisiennes. Pour desservir ces paroisses, il n'y a que de sept à dix prêtres, les ressources ne permettant pas d'en entretenir davantage. Tous les habitants du territoire, il est vrai, ne sont pas catholiques. Un certain nombre sont protestants, d'autres israélites; beaucoup vivent en marge de toute croyance et de toute pratique religieuses, et une forte majorité, catholique par le baptême, ne se souvient de sa religion qu'en de très rares circonstances. Que peuvent faire quelques prêtres au milieu d'un troupeau si nombreux ? Se dévouer à grandpeine à la conservation de la foi parmi ceux qui la possèdent, préparer les enfants à la première communion et tâcher d'en garder le plus possible, pendant quelques années, à l'abri de l'indifférence ambiante ; puis consumer leur temps et leurs forces à visiter les malades, à célébrer des funérailles, à administrer les sacrements dans des conditions que rendent toujours fort pénibles le nombre ou les dispositions défectueuses de ceux qui les réclament.

Le remède à des situations si lamentables serait la multiplication des prêtres et la création de nouveaux centres religieux. L'expérience démontre que quand, dans le quartier le plus indifférent ou même le plus hostile, s'ouvre une chapelle avec un ou plusieurs prêtres pour la desservir, aussitôt la foi renaît et se conserve dans une quantité d'âmes empressées à profiter des facilités qui leur sont ménagées. Mais les ressources font habituellement défaut pour ces fondations dispendieuses. De plus, pendant les vingt-cinq

dernières années, il a bien fallu compter avec le mauvais vouloir des pouvoirs publics qui fermaient les chapelles des religieux, quelquefois même les chapelles privées, et mettaient toutes les entraves imaginables à l'ouverture de nouveaux sanctuaires ^ .

Dans les grandes paroisses, la division du travail s'impose. Le curé administre, veille à tout, répartit les tâches suivant les aptitudes de chacun et paie continuellement de sa personne, tant que l'âge le lui permet. Certains services doivent être spécialisés et concentrés dans les mêmes mains. La préparation des mariages est confiée à un prêtre rompu aux exigences de la législation canonique. Le règlement des funérailles incombe à un autre prêtre-. La direction des catéchismes est attribuée à des vicaires capables de gouverner, d'instruire et de former la jeunesse. Parmi les autres vicaires, il y en a un qui est de garde, c'est-à-dire qui répond d'office à tous les appels des fidèles le jour et la nuit. Il confesse ceux qui se présentent et n'ont pas de confesseur attitré, administre le baptême, va visiter et assister spirituellement les malades en danger et préside aux petites cérémonies qui se célèbrent dans l'église au cours de la journée -^

1. A Paris spécialement, lauturité civile eût cunsenti volontiers à la suppression de certaines paruisses du centre de la ville, d'où la i)opulaliou stable s'est retirée; mais elle n'a jamais voulu permettre la création de paroisses nouvelles dans les faubourgs, qui en ont tant besoin.

2. D'ordinaire, à Paris, le premier vicaire est chargé des mariages et le second des lunérailles. Les titres de premier et de second \icaires ne dépendent pas de l'ancienneté, mais constituent une sorte de grade hiérarchique à la nomination de l'Ordinaire.

3. En province, il y a habituellement un vicaire de semaine, c'està-dire chargé de répondre aux désirs des fidèles dans tout le cours de la semaine. A Paris, où le service quotidien est souvent si onéreux, la garde ne dure que vingt- quatre heures consécutives pour le même prélre et les jours de la semaine sont répartis entre les vicaires.

Des prêtres habitués, dont le nombre est restreint à un ou deux au plus dans les paroisses pauvres et populaires, sont adjoints au clergé vicariat pour l'aider dans certaines fonctions du ministère.

Dans quelques villes, afin de permettre au clergé de mieux connaître les paroissiens, on a divisé la paroisse en sections, dont chacune est confiée aux soins d'un vicaire. Celui-ci peut alors plus aisément prendre contact avec ceux dont il est chargé; il les connaît individuellement, est immédiatement renseigné sur les cas dans lesquels il doit intervenir et exerce ainsi une action directe et efficace ^ Ce système est excellent; il est malheureusement à peu près impraticable dans les paroisses où la population est nombreuse et très mêlée. Le ministère du prêtre s'exerce alors forcément dans des conditions impersonnelles. A part quelques âmes plus familières avec les choses de l'Eglise, les autres cherchent simplement quelqu'un qui ait le pouvoir de leur administrer les sacrements et ne sont pas connues de celui auquel elles s'adressent par occasion. Une action vraiment personnelle n'est possible au prêtre que quand le nombre des paroissiens qui lui sont assignés ne dépasse pas quelques centaines d'âmes. Si un seul prêtre en a autour de lui plusieurs milliers, il n'en peut atteindre qu'une faible partie. Le temps dont disposent les paroissiens de bonne volonté et les forces physiques et morales départies au prêtre le le plus zélé ont des limites qu'on peut quelquefois élargir, mais non étendre indéfiniment.

Une grande paroisse est un organisme complexe,

3. Voir à ce sujet H. Lemaieie, La paroisse de M. l'abbé Gibier, Orléans, 1904, p. 8-18.

qui comporte aujourd'hui des moyens d'action très variés pour assurer la fréquentation de l'église, la pratique sérieuse de la religion, linstruction chrétienne de la jeunesse et l'expansion de la vie paroissiale dans toutes sortes d'œuvres de piété, de charité et de zèle.

Revenus dans leurs paroisses après la Révolution, les prêtres avaient restitué au culte toute la splendeur qu'ils avaient pu, en s'efforçant de reproduire dans les grandes églises les cérémonies telles qu'elles s'accomplissaient jadis avec le concours d'un nombreux clergé. Durant de longues heures, le dimanche, les paroissiens pouvaient assister au chant de toutes les partiesderofTiceetà la célébration de lagrand'messe. Le clergé se conformait à l'esprit de l'Eglise en rehaussant les cérémonies de tout l'éclat possible à l'aide des ornements, du luminaire, des chants et des moyens divers que prévoit la liturgie. La prédication ajoutait son attrait à tout cet ensemble. A la grand'messe, le clergé paroissial faisait entendre sa parole, ordinairement simple, instructive et pratique. Le soir, à vêpres, surtout aux jours de fête et pendant les stations de Carême et d'Avent, des prédicateurs étrangers, séculiers ou religieux, occupaient la cliaire souvent avec éloquence, parfois cependant avec plus d'apparat que de solidité ^

Les hommes se sont assez vite dérobés à ces longues séances liturgiques. Les femmes les ont long-

1. Li prédication raétlioditjue et vraiment iiistructi\e a peut-être été trop délaissée en certaines villes. Un jjrédicatcur a|)pc'lé à occuper la cliaire d'une grande église se lait dilficilcment à l'idée de donner à son auditoire un enseignement simple et didactique. Il se croit souvent obligé à l'originalité dans le choix des sujets et dans la manière de les traiter. Paris est probablement la ville du monde où les fidèles sont le plus juvchés et, en général, le moins instruits.

temps goûtées. Sous le second empire, elles emplissaient les églises de Paris et des villes de province. L'élément masculin était à peine représenté dans rassemblée chrétienne. Peu à peu, la situation s'est modifiée. Aujourd'hui, les longs offices n'ont plus guère la faveur des fidèles. Le j^rand nombre ne s'v intéresse plus, surtout depuis la substitution du rite romain à nos vieux rites gallicans, plus simples, plus expressifs et plus populaires. D'autre part, les conditions de vie ont changé. Un travail plus fiévreux réclame un repos hebdomadaire plus hygiénique, quelques bonnes heures d'exercice au grand air. Comme de multiples moyens de locomotion permettent à tous de s'assurer ce genre de repos, on comprend que les meilleurs chrétiens eux-mêmes tendent à réduire au minimum leur présence à l'église. D'où la nécessité, à laquelle obéit de plus en plus le clergé des grandes villes, d'abréger les longs offices, de les fixer à des heures plus commodes, et surtout de faciliter à ceux qui doivent se contenter de la messe dominicale le moyen de conserver et de développer leurs connaissances religieuses. En quelques minutes chaque dimanche, il est aisé de rappeler aux fidèles, par une instruction substantielle, l'un des points importants de leur croyance ou de leur devoir. Cette adaptation des moyens aux circonstances produit partout d'heureux résultats. Depuis un certain nombre d'années, surtout dans les centres intelligents, les hommes affirment de plus en plus, par leur présence à l'église, leur volonté de vivre en chrétiens et leur légitime désir d'y être aidés par leurs prêtres.

Toutefois, ce n'est ni l'afÏÏuence des fidèles à l'église, ni même la fréquentation des sacrements

qui constituent à proprement parler ce qu'on appelle une bonne paroisse. Les pratiques religieuses ne sont que des moyens ; le but à atteindre, c'est la formation de caractères chrétiens, c'est-à-dire d'àmes qui ne font pas de la religion un usage tout formaliste, mais appliquent à toute leur vie les principes de l'Évangile. Tout lorganisme paroissial n'existe que dans ce but. Celui-là n'est qu'un paroissien fort imparfait qui, malgré la multiplicité de ses actes religieux, ne sait pas se soustraire à la tyrannie des entraînements, sacrifie tout aux circonstances, n'a ni énergie, ni initiative, ni générosité pour le bien. Sans doute. Dieu tient compte de la bonne volonté et il a pitié des défaillances. Mais en ce monde, tant vaut l'homme, tant vaut le chrétien. Des hommes qui soient des chrétiens, et mieux encore, des chrétiens qui soient des hommes, voilà l'honneur et la force d'une paroisse. C'est à les former que tendent l'assistance à la messe obligatoire et à l'instruction du dimanche, la réception consciencieuse des sacrements, les conférences spéciales, les missions, en un mot tout ce qui peut entretenir dans une paroisse la pratique loyale, large, active et courageuse du devoir religieux et de tous les autres.

Dès l'âge de raison, l'enfant est saisi par l'organisme paroissial. De petits catéchismes l'initient aux éléments de la religion. Pendant deux ans au moins, on travaille à son instruction et à sa formation chrétienne, pour le préparer à sa première communion et déjà façonner son âme à des habitudes de vertu solide. Puis, des catéchismes de persévérance complètent l'œuvre commencée et, quelquefois pendant huit et dix ans, poursuivent l'instruction et le pro-

grès spirituel de ceux et de celles que Dieu a marqués pour exercer dans leur milieu une influence salutaire. En même temps, des patronages de jeunes gens et de jeunes filles recueillent le dimanche la jeunesse qui est au travail pendant toute la semaine. Ces patronages, tantôt paroissiaux, tantôt indépendants, fonctionnent grâce à des dévouements incomparables et font le plus grand bien. Us sont le complément indispensable de la formation première donnée au catéchisme ou à Técole chrétienne. Ils initient à la vraie vie et, par la sollicitude dont ils entourent la jeunesse, ils la préservent du danger, non pas en le lui cachant, mais en le signalant et en trempant les âmes pour la lutte, la résistance et la conquête.

Même sous les gouvernements équitables envers l'Eglise, on avait mis à profit la faculté d'établir dans les grandes paroisses des écoles congréganistes à côté des écoles ordinaires. La religion, respectée dans celles-ci, avait une influence plus considérable dans les premières. L'Etat entretenait lui-même les écoles congréganistes au même titre que les autres. Des lois trop connues rompirent peu à peu ce juste équilibre. Sans tenir aucun compte de ses propres principes de liberté et d'égalité, et en foulant aux pieds les droits les plus sacrés des pères de famille, l'Etat sectaire laïcisa l'école, c'est-à-dire la rendit théoriquement neutre, et pratiquement irréligieuse et athée. Pour conserver l'école chrétienne, les paroisses s'imposèrent de très gros sacrifices; le souci de recueillir, au moins en partie, les ressources nécessaires à l'entretien de ces écoles, a pesé et pèse encore lourdement sur les curés. Les contribuables

catholiques sont ainsi amenés à payer double impôt, l'impôt forcé pour des écoles où ils ne veulent pas envoyer leurs enfants, et Pimpôt volontaire pour celles où ils tiennent à les placer. Au lieu de savoir gré aux catholiques de sacrifices qui, en définitive, épargnent de grands frais à l'Etat, l'administration met fréquemment toutes les entraves imaginables à l'ouverture et au maintien des écoles chrétiennes, et elle traite le curé qui se dévoue à ces œuvres à peu près comme l'officier qui « va à la messe ». L'un et l'autre n'ont aucune faveur, quelquefois même aucune justice à attendre. Les curés ne sont pas découragés pour si peu, et ils poursuivent leur entreprise coûte que coûte. Ils savent que si toute la jeunesse était élevée sans religion ou avec une religion insuffisante, de lamentables désastres se prépareraient pour les paroisses et pour le pays tout entier.

Les œuvres de piété sont indispensables dans une grande paroisse. A côté des hostiles et des indifférents, toujours trop nombreux, il y a les chrétiens qui suivent le grand chemin du devoir, et, parmi ces derniers, des âmes d'élite que Dieu appelle à gravir les sentiers escarpés d'une vertu plus parfaite. Ces âmes sont groupées dans dilférentes associations ou confréries : confréries du Saint-Sacrement dont les membres, hommes ou femmes, se font un honneur d'entourer d'hommages Notre-Seigneur présent dans son temple, par Tadoration diurne ou nocturne de la sainte Eucharistie, par l'assistance aux processions solennelles et la communion plus fréquente ; confréries de la Sainte Vierge ou associations d'Enfants de Marie, surtout pour les jeunes filles; congrégations déjeunes gens: confréries de saints patrons locaux

OU spéciaux à certaines corporations ; associations de mères chrétiennes, qu'une solide piété soutient dans raccomplissement des devoirs de la famille; associations de prières pour les défunts, spécialement pour ceux de la paroisse et pour les pauvres âmes auxquelles personne ne pense ; tiers-ordres de Saint-François ou de Saint-Dominique, etc. Toutes ces associations ont leurs réunions spéciales. Le prêtre qui les préside encourage les membres à prendre au sérieux les obligations librement contractées, à ne pas déchoir de leur ferveur et à donner à tous et en tout l'exemple de la fidélité chrétienne.

Les associations pieuses sont la pépinière naturelle des vocations ecclésiastiques et religieuses. D'elles sortent les jeunes gens qui aspirent au sacerdoce 'j à la vie religieuse ou aux missions, et les jeunes filles qui se sentent appelées à la contemplation ou au service actif du prochain. En elles persévèrent beaucoup d'autres âmes généreuses qui se proposent de rester au milieu du monde pour y travailler au bien sous mille formes diverses.

Les œuvres de charité sont innombrables et variées dans les grandes paroisses de France. A côté du prêtre qui, par état, répond à toutes les sollicitations et doit toujours donner, parce qu'aux yeux de la plupart des déshérités, il n'a pas d'autre utilité que cellelà, il y a les conférences de Saint-Vincent de Paul, composées d'hommes ou de jeunes gens qui vont visiter et

1. Le souci des vocations sacerdotales est la marque spéciale des âmes délicates et intelligentes. Elles s'appliquent à les é\eiller, à les développer, à les suivre et à les faire aboutir. Elles s'imposent dans ce but de généreux sacrifices, comprcnani que rien ne rend plus de gloire à Dieu et plus de services à l'Église. Il y a des paroisses bonies où les vocations sont nombreuses et solides. Le besoin s'en fera de plus en plus sentir.

assister les pauvres à domicile et en profitent pour réhabiliter des mariages, faire baptiser et instruire les enfants, et rendre toutes sortes de services aux familles; les Dames de charité, qui remplissent de leur côté un office analogue; les Visiteuses des malades, qui vont à domicile auprès des malheureux éprouvés par la maladie ou les infirmités, leur portent des secours, les encouragent et, au besoin, les aident à se ménager par une mort chrétienne un sort meilleur dans l'autre monde ; les Filles de la Charité, dont le dévouement supplée à tout ce que ne peuvent entreprendre les autres œuvres ; les Sœurs gardesmalades, qui s'installent au logis du pauvre et le soignent, de manière que la maladie d'un de ses membres ne jette pas toute une famille dans le désarroi et le désespoir; les Vestiaires dans lesquels les personnes aisées viennent travailler pour vêtir les pauvres; les Ouvroirs, qui ménagent aux jeunes filles un travail rémunérateur; et une foule d'autres œuvres ingénieuses qui aident dans la mesure nécessaire, en laissant à l'intéressé l'obligation de faire ce qu'il peut et ce qu'il doit.

Les œuvres de zèle s'intéressent à la prospérité des missions catholiques à l'étranger, comme la Propagation de la Foi et l'œuvre de la Sainte-Enfance, au maintien de la foi à l'intérieur, comme l'œuvre de Saint-François de Sales, à l'entretien des services généraux de l'Eglise, comme le Denier de Saint- Pierre, à la préparation des mariages des pauvres, comme la Société de Saint-François Régis. Les Catéchistes volontaires aident le clergé paroissial dans l'instruction religieuse des enfants. Des femmes chrétiennes en grand nombre, des hommes, des

jeunes filles, des jeunes gens se dévouent à cette œuvre qui fait plus de bien que de bruit, demande beaucoup de patience, d'abnégation et de persévérance, et fait comprendre aux enfants que l'enseignement de la religion n'est pas un « métier » spécial au prêtre, mais un devoir auquel s'intéressent toutes sortes de personnes intelligentes et honorables. D'autres exercent leur zèle dans les patronages de jeunes gens ou de jeunes filles et mettent ainsi au service de la classe ouvrière, avec une générosité que Dieu seul peut dignement apprécier, les ressources de leur éducation, de leur expérience, quelquefois de leur fortune, et toujours de leur cœur. Enfin, il est des femmes chrétiennes qui, sans costume religieux, mènent une vie toute religieuse au milieu du monde, s'associent pour faire le bien parmi les déshérités, pénètrent là où la religieuse et le prêtre ne peuvent se présenter, gagnent la confiance des familles parle dévouement dont elles entourent les enfants, et travaillent ainsi, avec autant de discrétion que d'efficacité, à la reconstitution ou au maintien de la vie chrétienne dans une paroisse. 11 est impossible d'énumérer ici toutes les formes que sait revêtir l'esprit de charité et de zèle. D'ailleurs le véritable amour du bien sait adapter les moyens qu'il emploie aux exigences des lieux, des temps et des personnes. Rien n'est aussi varié que cette floraison des œuvres dans l'Eglise catholique ; mais souvent rien de plus ignoré même de la plupart des chrétiens, à une époque où l'opinion publique ne s'émeut qu'à force de réclame ^

1. Dans un assez grand nombre de paroisses, le clergé se met en rapport suivi avec les fidèles au moyen de bulletins paroissiaux, de

Chaque paroisse de grande ville possède ainsi des œuvres vitales, qui visent toutes les nécessités corporelles et spirituelles, et qui sont à peu près les mêmes partout. Pourtant l'uniformité n'existe pas; d'ailleurs elle n'est pas souhaitable. A chaque paroisse sa physionomie spéciale. Sur les soixante-dix paroisses de Paris, par exemple, il en est bien peu qui se ressemblent exactement; le caractère du quartier où elles se trouvent détermine le leur. A teile paroisse, l'aristocratie, à telle autre le monde de la finance ou des affaires ; ici le commerce, là les études ; la population exotique a ses quartiers de préférence, les riches ne sortent guère d'une certaine zone, les ouvriers et les pauvres forment autour de la ville une agglomération compacte, qui ne laisse pas d'avoir des colonies importantes dans les anciens quartiers du centre. Rien d'ailleurs n'est immuable, et certaines églises fréquentées par le meilleur monde, il y a cinquante ans, sont devenues des déserts, alors que de très modestes sanctuaires autrefois suburbains ont cédé la place à de vastes églises, déjà trop étroites, et voient la vie chrétienne déborder autour d'eux.

Il y a donc une très grande inégalité entre les paroisses. Il en est ainsi dans toutes les villes importantes. Cette inégalité est dans la nature des choses. Si elle était un mal, la Providence saurait bien amener peu à peu l'Eglise à y porter remède.

calendriers paroissiaux et de puLlications périodicjues, qui renseignent sur tout ce qui se passe dans la paroisse et défendent ses intérèls.

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