‹ La parole française (volume 3)Chapitre 22 sur 29 · Mettons nous aussi à la queue, cher ami · texte numérisé non relu

Mettons nous aussi à la queue, cher ami

derrière Perrichon, afin de ne pas manquer le convoi.

Nous avons nos billets, où est Perrichoh? — Le voilà qui court. — Courons après lui.

"Perrichon, entrant en coinçant. — Enfin! c'est fini! j'ai mon bulletin! je suis enregistré!

Madame Perrichon. — Ce n'est pas malheureux !

Le Facteur, poussant son chariot vide, à Perrichon.— Monsieur, n'oubliez pas le facteur, s'il vous plaît.

Perrichon. — Ah! oui. . . . Attendez.

(Se cojicertant avec sa femme et sa fille^j Qu'estce qu'il faut lui donner à celui-là, dix sous?

Madame Perrichon. — Quinze.

Henriette. — Vingt.

Perrichon. — Allons! va pour vingt sous!

(Les lui donnani). Tenez, mon garçon.

Le Facteur. — Merci, monsieur! (Il sort }j

Madame Perrichon. — Entrons-nous ?

Perrichon. — Un instant, . . . Henriette, prends ton carnet et écris.

Madame Perrichon. — Déjà!

Perrichon, dictant. — Dépenses: fiacre deux francs . . . chemin de fer, cent soixantedouze francs cinq centimes . . . facteur, un franc.

Henriette. — C'est fait!

Perrichon. — Attends ! impression !

Madame Perrichon, à part. — Il est insupportable !

Perrichon, dictant.— ^A.ôiç^u, France! reine des nations ! [S'interrojnpant.) Eh bien ! et mon panama? . . . je l'aurai laissé aux bagages ! (// veut courir.)

Madame Perrichon. — Mais non ! le voici !

Perrichon. — Ah ! oui ! [Dictant) Adieu France ! reine des nations ! ( O71 e?ite7id la cloche et Von voit accourir plusieurs voyageurs }j

Madame Perrichon. — Le signal, tu vas nous faire manquer le convoi !

Perrichon. — Entrons, nous finirons cela plus tard!"

Disons adieu à ton ami Perrichon, n'est-ce pas, George.^ — Oui, j'ai assez de lui. Il n'est plus mon a7ni. Comment un pareil fou a-t-il pu amasser quarante maille livres de redite!

Nous allo7ts comme le ve^zt, monsieur. — Nous sommes déjà bien loin de Paris. — Voilà les champs, les beaux champs de France, des vaches, des motctons . . . Voyez ces deux chevaux qui sautent! Ils vont blaser leurs traits ou emporter la charrue. — Le remorqu'eur siffle. — Allons-notis descendre? — Descendons.

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