Législ. pinm., ch. I
3. Ou aimerait à être renseigné sur la nature de cette <i merveilleuse correspondance » {Rech., ch. YIII, p. 190) des mots et des idées. Puisqu'elle est mystérieuse, sans doute elle est divine ; mais l'entendement
Egger. 3
34 LA PAROLE LNTÉRIEURE
porter à l'acte et à la conscience tel ou tel fragment plus ou moins considérable de la pensée que tout homme porte en lui dès sa naissance ; l'esprit est comme une table obscure sur laquelle la parole promène un étroit sillon de lumière ^ ; par la parole, la pensée entre dans la durée, devient discursive et consciente.
Sur cette thèse capitale, les formules abondent, et la plupart méritent d'être citées :
« L'homme n'est connu à lui-même que par la parole. —
— L'esprit se révèle par les mots. — L'homme ne connaîl les êtres intellectuels que par les paroles qui les nomment.
— Il faut des paroles pour penser ses idées. — Les idées s'engendrent, se lient, se combinent, s'associent, à l'aide de leurs expressions. — La pensée se manifeste, se révèle à l'homme par l'expression, comme le soleil se montre à nous par la lumière. — Notre esprit se voit lui-même dans l'expression comme les yeux se voient dans un miroir -. — Si chaque idée n'avait pas son terme ou son expression propre qui la distingue des autres idées, il n'y aurait en nous qu'une faculté générale de concevoir, sans idée particulière d'aucun objet. — Le langage donne l'exercice à la faculté de penser. — Tous les jours, l'esprit de l'homme est tiré du néant par la parole. — L'entendement est la faculté de concevoir des idées d'objets intellectuels à l'oc-
diviu voit-il entre les mots et les idées des ressemblauces qui échappent à nos esprits imparfaits ? ou bien chaque mot est-il associé à une idée par un acte arbitraire de la volonté divine ?