Nous l'ésunions ainsi deux ou trois comparaisons
2. Bonald croit emprunter cette image à Leibnitz : « Les langues sont le miroir de l'entendement. » Mais elle a dans Leibnitz un tout autre sens, car elle est ainsi commentée : « Une analyse exacte de la signification des mots nous ferait connaître mieux que toute autre chose les opérations de Fintelligence humaine. >. Ainsi, pour Leibnitz, l'étude des mots est seulement une méthode de psychologie ; pour Bonald, elle est la seule vraie méthode en métaphysique.
casion des mots, lesquels rendent ces idées sensibles à rame. — L'idée est innée en elle-même, acquise dans son expression. — Les idées innées sont en puissance dans l'esprit de l'homme ; ce sont des idées que l'homme peut apercevoir dans son esprit sous certaines conditions ; ces conditions sont la connaissance des expressions qui nomment les idées. — Les idées attendent dans l'esprit qu'une expression vienne les distinguer. — La parole porte la lumière dans les ténèbres de l'entendement , et appelle chaque idée , qui répond : Me voilà ! Alors seulement nous avons la conscience de nos pensées ; alors seulement nous nous idéons nous-mêmes, nous idéons les autres êtres, et les rapports qu'ils ont entre eux et avec nous >j *. On voit que le mot a, pour Bonald, la même propriété qui appartient, dans le système de Platon, au phénomène sensible ; Bonald aurait pu dire que le mot nous fait souvenir de l'idée. Il parle quelque part de la « présence des idées générales à notre esprit, présence qu'éveillent en nous les idées particulières ^ » Pour lui, tout enseignement est une maïeutique ^ et « le but de la philososophie morale est moins d'apprendre aux hommes ce qu'ils ignorent que de les faire convenir de ce qu'ils savent *. »
1. Législ. ptnm., Discours préliin., p. 19, 20. 21, et ch. I, § 9 ; Dissertation, p. 251, 255, 266; Recherches, cb. I. p. 45, 48, 52 ; ch. II, p. 64, 66; ch. VU, p. 162; ch. VIII, p. 175 à 180, 187 à 191. — CeUe théorie explique certaines formules inexactes, daus lesfjuels Bouald (donnant ainsi un démenti à sa propre doctrine) dépass(i sa vraie pensée : « Toutes nos pensées sont dans nos paroles ; — la parole n'est que la pensée rendue extérieure ; — la parole est l'idée elle-même et toute l'idée » ; etc. {Lég. pr., Disc, prél., p. 31 ; ch. I, § 19 ; Dissert., p. 243, 249 ; Recherches, ch. VII, p. 164; ch. VIII, p. 175). Bonald proteste lui-mèiue contre cette identification dans un passage des Recherches (ch. VIII, p. 191), qui ne laisse subsister aucune équivoque.