‹ La parole intérieureChapitre 16 sur 66 · Pages · texte numérisé non relu

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nommons et définissons intérieurement les objets à mesure que nous les apercevons i. En d'autres termes, l'observation n'est qu'un cas particulier de la méditation.

C'est surtout dans la méditation proprement dite que la parole intérieure est remarquable, car c'est alors qu'apparaît pleinement l'indissoluble alliance de la parole avec la pensée : cette maxime de Laromiguière : « Toute la force de l'intelligence réside dans Tartifice du langage, » et, en général, « tout ce qu'ont dit les métaphysiciens, » — c'est-à-dire, sans doute, les nominalistes, et, avec eux, Condillac et son école, — sur les « effets du langage... considéré comme signe de la pensée », tout cela « s'étend aussi à la parole intérieure », et même « n'est intelligible qu'autant qu'on lui en fait l'application » 2. En effet, réfléchir, méditer, penser, c'est « diriger nos souvenirs, choisir parmi nos idées..., les analyser, les combiner, les enchaîner, les déduire les unes des autres, » c'est abstraire, généraliser, classer, raisonner ; « rien de tout cela ne peut se faire qu'au moyen de la parole », qui, d'ordinaire, en pareil cas, reste intérieure. « Réfléchir, méditer, penser, c'est donc se parler d s oi-?nê me... Toutes les opérations par lesquelles l'intelligence se forme et se développe » sont faites au moyen de la parole intérieure. « C'est par la parole extérieure que nous rendons compte de nos idées à nos semblables, et c'est par la parole intérieure que nous nous en rendons compte à nous-mêmes. » Le silence et la solitude sont favorables à ce (< colloque mystérieux, dans lequel Thomme, auditeur et orateur en même temps, parle, écoute, entend, disserte, discute et prononce tout à la fois C'est elle qui établit, qui confirme et conserve en

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