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nous les connaissances que nos semblables nous donnent au moyen de la parole extérieure. C/est par elle que nous faisons subir aux idées qu'elle conserve toutes les modiiications qui les rendent si fécondes...., et que nous nous instruisons nous-mêmes, comme nos semblables nous instruisent par la parole extérieure. » Ainsi, « l'intelligence doit toute sa force et les immenses développements qu'elle acquiert quelquefois à l'empire que nous donne sur nos idées la parole intérieure *. »
Comme à la méditation Cardaillac rattache des états moins actifs que la réflexion, tels que la rêverie et la récitation muette ^, rien ne manque au tableau qu'il fait de l'extension de la parole intérieure ; on peut dire (ju'il a tracé, bien qu'implicitement, la loi delà parole intérieure; il a, sinon formulé, du moins compris qu'elle fait l'intérim de la parole extérieure émise ou entendue ; il eût pu dire, en style condillacien, que nous sommes toujonis parole et que nous sommes parole intérieure qiumd nous ne sommes pas parole extérieure. Notons qu'il n'a réservé aucune place spéciale dans la succession psyclii((ii(' aux images visuelles : pour lui, la contemplation des choses visibles exige des idées générales et un discours intérieur; il fait mieux : il reconnaît la prééminence des images vocales sur toutes les autres images; son opinion sur ce point constraste heureusement avec celle de Prévost (de Genève) : « Les souvenirs, dit-il, même celui des choses qui nous sont le plus famiUères, ont toujours quelque chose de vague, d'obscur et d'indéterminé. Quel est celui dont l'imagination est assez puissante pour, en l'absence d'un ami, se représenter sa figure d'une manière aussi exacte que
1. Pages 285, 298-299, 309-310, 333-334, 341, 34G-347, 361, et passim.