Celle-ci implicitemeut, p. 297; la rêverie, p. 31îi
s'il était présent, bien qu'il ne passe pas un seul jour sans le voir? Choisissons un exemple plus simple encore : qui peut se représenter une couleur d'une manière aussi di.tincte que lorsqu'elle est sous les yeux? Le souvenir de la parole, au contraire, bien que moins vif, moins fort que la sensation elle-même lorsque nous l'entendons, n'est pas moins exact, moins précis, moins rigoureusement déterminé : deux articulations, quelque analogues qu'elles soient, ne se confondent pas plus dans le souvenir que dans la sensation *. »
2" Nécessité ou utilité de la parole intérieure. — Si Cardaillac, après avoir reconnu que la parole intérieure est constante en l'absence de la parole extérieure, la disait nécessaire dans les mêmes limites, l'inexactitude serait sans gravité. Mais il se laisse entraîner à dire, comme Bonald, qu'elle est nécessaire pour penser, que les opérations de l'entendement « ne peuvent se faire sans elle » ^ ; et, par une réminiscence évidente du même auteur, il définit ainsi son rôle : « Elle tire la pensée du sanctuaire obscur de l'intelligence , où elle était confondue dans la foule de toutes les pensées qui la composent {sic), pour la porter à la surface et nous la rendre sensible en lui donnant un corps, sans leanel elle resterait voilée pour nous ^ » Dans un chapitre précédent, il n'a pas osé réfuter le paradoxe de la révélation du langage ; entre Condillac et l'école théologique, il s'est abstenu de prononcer \
Mais il ne faut pas juger Cardaillac sur ces apparences :