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souvent, est que la parole, intérieure ou extérieure, et la pensée, sont intimement unies, « fondues, incorporées » l'une à l'autre; penser et parler ne sont ainsi qu'un acte unique, gouverne par une seule habitude '.
Bonald, observateur médiocre , avait fait de la parole intérieure une description insuffisante; telle qu'elle était, cette description lui avait servi de base pour édifier tout îm système de métaphysique. Cardaillac n'a pas la même puissance de construction, et les conséquences qu'il tire de ses observations ne sont ni rigoureuses ni précises; mais sa description est beaucoup plus complète et plus exacte que celle de son devancier, et, comme il a tenté de rattacher la parole intérieure aux faits les plus généraux et aux lois fondamentales de l'âme, il a posé sur leur vrai terrain les problèmes que soulève l'existence et l'étendue de ce phénomène ^. •
Depuis Cardaillac, l'étude de la parole intérieure a été généralement négligée, M. Paul Janet, dans son récent Traité de psychologie % s'étonne avec raison de cette indifférence à l'égard d'un fait aussi familier et aussi important, qui, s'il n'est pas absolument nécessaire à la pensée, se produit du moins « avec le plus faible degré de culture intellectuelle ». Parmi nos contemporains, un grand nombre