‹ La parole intérieureChapitre 5 sur 66 · Port-Royal, Logique (1683), II · texte numérisé non relu

Port-Royal, Logique (1683), II

•1. I, 3. La Logique de Bossuet (publiée en 1827) a dû être composée, comme le Traité de la connaissance de Dieu (publié eu 1722), vers 167^. Egger. 2

connaissance exacte de la parole intérieure. « Nous ne pensons jamais, ou presque jamais, à quelque o])jct que ce soit, que le nom dont nous l'appelons ne nous revienne » ; telles sont ses expressions dans un chapitre du Traité de la connaissance de Dieu et de soi-même ', ou il développe la thèse aristotélique : àvs-j oavTaai'aç oOx hzvi utoXyi-I^iç [ch. YI, § 1]. Notons la restriction : ou presque jamais; elle va être expliquée par la suite du passage : « On met en question s'il peut y avoir, en cette vie, un pur acte d'intelligence dégagé de toute image sensible ; et il n'est pas incroyable que cela puisse être durant de certains moments, dans les esprits élevés à une haute contemplation, et exercés par un long temps à tenir leurs sens dans la règle; mais cet état est fort rare. » L'alhision à certaines prétentions du mysticisme religieux est évidente, et il paraît certain que l'attention de Bossuel avait été attirée sur la parole intérieure et sur sa nécessité dans l'état normal de l'âme par l'étude des écrivains mystiques et non par la lecture des philosophes. En effet, dans son principal ouvrage contre les quiétistes -, Bossuet cite un certain nombre de passages des mystiques orthodoxes où il est question, en termes assez énigmatiques, de la suppression des « discours » pendant la « pure contemplation » ou dans 1' <( oraison de transport ». qu'il appelle lui-même « une espèce d'extase » ; cet état d'âme, Bossuet ne le connaît pas par lui-même ; il en cherche dans les textes autorisés une définition précise, qui puisse être opposée aux fausses descriptions des quiétistes ; or voici quelques-unes de ses citations : un confesseur de sainte Thérèse rapporte que l'oraison de cette

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