‹ La Part de l'Urémie dans les Accès Pernicieux ComateuxChapitre 23 sur 27 · LS NT EU · texte numérisé non relu

LS NT EU

ment aidées par l'intervention de circonstances fortuites et tout éventuelles parmi lesquelles l’influence du froid, le refroidissement, occupe la première place. Ainsi, en réunissant les chiffres de ra pratique personnelle à ceux que m’a donnés le D' Henri Malbot, j'arrive à un total de T8 accès pernicieux urémiques, dont 45 se sont produits en dehors de la saison chaude, d'octobre à mai. En outre, si l’on réfléchit à ce fait que les accès pernicieux comateux ordinaires s’observent presque exclusivement pendant les mois de forte chaleur, juin et surtout juillet, août et septembre, on conclura que les accès comateux urémiques sont intiniment plus fréquents pendant la saison froide, à tel point qu’on peut presque affirmer l'intervention de l’urémie dans tout accès comateux survenu pendant les mois de décembre, janvier, février ou mars. Ces faits, d'observation banale en notre Algérie, sont parfaitement en harmonie avec ce que nous savons sur les causes occasionnelles de l’urémie.

. Quant aux accès qui arrivent en pleine saison chaude, il n'est pas difficile non plus d'y trouver l'influence du refroidissement, quand on songe qu'en Algérie, surtout sur les hauts plateaux, 1l y à un grand écart entre la température du jour et celle de la nuit. |

Au demeurant, il n’est pas besoin d’invoquer une influence météorique quelconque pour expliquer le refroidissement nécessaire à l'explosion des manifestations urémiques, car le. frisson seul du début de l'accès suffit à provoquer ce refroidissement. Le thermomètre démontre que, dans le frisson, il . y a un abaissement constant de la surface tégumentaire de 2à3°; d'autre part, avec le début du frisson, la température interne commence à augmenter, l'écart absolu, c’est-à-dire le refroidissement véritable, est donc en réalité, supérieur à 2 ou 3° et jamaisinférieur à 5°. Je parle ici des accès de fièvres simples, non suivis d'accidents pernicieux,

SOITATONSRE

Or, nous avons vu que dans certains accès pernicieux, la température cutanée descend jusqu'à 31e, et que l'écart des deux températures, interne, prise dans la cavité buccale, et externe, prise sur la cuisse, peut atteindre le chiffre de 10e. C’est là un véritable refroidissement et un refroidissement énorme, pareil à celui que provoquerait une saute de température de bien plus grande amplitude, et, de fait, les malades qui analysent bien leurs sensations comparent l'impression qu'ils ont ressentie pendant de violents frissons à celle que leur donnerait un froid très vif, ou même l'immersion dans un mélange réfrigérant ; littéralement, ils sont gelés.

L'anémie cutanée produite par le refroidissement, quelle qu’en soit l'origine, refroidissement atmosphérique dû à un abaissement de la température ambiante ou refroidissement physiologique dû simplement au frisson, amène une congestion intense des organes internes et particulièrement des reins, et consécutivement, une détresse de la fonction rénale, ainsi que nous l'avons déjà expliqué au chapitre précédent. La fonction rénale se trouve d'autant plus compromise que le filtre urinaire est déjà fortement endommagé par une lésion préexistante ou bien par des accès antérieurs; de toute façon, les conditions pathogéniqnes de l'urémie se trouvent réalisées dans une large mesure.

Pour nous, nous n'hésitons pas à voir dans le frisson initial de l’accès de fièvre intermittente et dans le refroidissement cutané simultané, la cause prochaine de l'urémie qui provoque le coma. Sans doute, il faut une félure au rein, il faut une imminence de la détresse de la fonction urinaire, une sorte d'urémie virtuelle, mais c’est le frisson qui est l'agent provocateur de l'accident ultime; c’est le frisson qui joue le rôle de l’étincelle pour allumer l'incendie ; en un mot c’est le frisson qui crée l'urémie effective et sa plus terrible manifestation, le coma. |

Le

Page 1