OsTWALD, Chimie, p
vite et un talent prodigieux. Aussi a-t-on pu dire de lui qu'il « servit de guide à la chimie pendant toute une vie scientifique remarquti.blement féconde ^ ));et de son œuvre, que ses « analyses innombrables en nombre et merveilleuses en exactitude ont fondé la chimie atomique pratique " ».
Nous resserrons dans ces quelques hgnes beaucoup de grands noms qui résument d'immenses travaux. De ces travaux trop ardus pour qu'il nous soit possible d'entrer dans le moindre détail, nous avons indiqué seulement ceux qui ont constitué, assise par assise, le nouvel édifice élevé à la science. Quant aux grands noms qui ont signé l'œuvre, tous ou presque tous, — car nous ne savons rien des sentiments religieux de Petit et nous avons quelque doute sur ceux de Gay-Lussac ' — appartiennent à des croyants.
d. OsTWALD, Grands Hommes, p. 29o. Voyez, du même auteur. Chimie, pp. 125 sq. On a regardé Berzélius comme un des fondateurs de la Minéralogie. Voyez Alexandre Brongxiard, Introduction à la Minéralogie. Paris, Levrault, 1825, p. 93.
2. J.-B. Dumas, Discours, i, 181. L'analyse chimique « a exercé sur les progrès de notre science une influence énorme. » Or, « parmi les analystes célèbres, il faut placer en première ligne Berzélius » (Frémy, Encyclopédie chimique, \, pp. 165 et 167).
3. Ils sont affirmés par Pierre Lemoine (Nos vrais savants, p. 122) Paclesco (Physiologie philosophique, Paris, Bloud, 4' édit.. 1908 p. 114) et Dennert (ouvrage cité, p. 38); mais un témoin très digne de foi nous assure avoir appris, par un membre de la famille Gay-Lussac, que le grand chimiste aurait refusé de recevoir le prêtre à son lit de mort. Si ce parent est bien renseigné et si les trois auteurs cités ont eu soin, bien qu'ils ne donnen pas leurs références, de vérifier leurs dires — ce que nous devons admettre de part et d'autre, jusqu'à preuve du conlraire, — le
i94 LES CROYANTS ET LES PROGRÈS DE LA SCIENCE
La grande foi d'Ampère nous est déjà connue. Sur Avogadro, la Gazette Piémontaise, organe officiel du gouvernement sarde, portait ce jugement : « Religieux sans intolérance, savant sans pédantisme ^ » Dalton, nous dit un biographe, « fut un modèle de vertus sans ostentation et de religion sans fanatisme ". » Sous la phraséologie embarrassée de ce double témoignage, il y a, très net, l'aveu.
Insistons un peu plus sur Berzélius, qui fui, nous a-t-on dit, « le plus grand parmi les grands ».
« L'excellent histologiste, Gustave Retzius a bien voulu m'écriie, dit E. de Cyon, que, d'après l'article nécrologique consacré par son père, le célèbre anatomiste et ethnographe, à Berzélius dont il était l'ami, celui-ci avait « une religion haute et profonde •' ».
D'ailleurs lui-même en a témoigné.
Ses ouvrages ne prêtaient guère, par la matière qu'ils traitaient, aux effusions mystiques. 11 a su néanmoins y trouver l'occasion de proclamer Dieu : « Tout ce qui tient à la nature organique, dit-il
seul moj'en de mettre ces témoignages d'accord est d'en conclure que Gay-Lussac est resté croyant sans être catholique ou du moins sans en remplir, même au dernier moment, les obligations. C'est donc pour rester matériellement fidèle aux documents recueillis, que nous Tinscrivons, jusqu'à plus ample informé, sur la liste des croyants.