‹ La part des croyants dans les progrès de la science au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 148 sur 176 · Vallery-Radot, Vie de Pasteur, p · texte numérisé non relu

Vallery-Radot, Vie de Pasteur, p

Jésus-Christ en gros caractères, dans lequel elle pourrait lire sans limettes ^. »

On soupçonne déjà, par ce trait, qu'il fut un chrétien. Il le fut admirablement. Du beau discours que le curé de sa paroisse, M. l'abbé Hamon, prononça sur sa tombe, nous détachons ces courtes phrases : « Le baron Thénard avait une foi intelligente qui lui montrait au ciel un Dieu à honorer, en lui-même une âme immortelle à sauver : il avait une foi éclairée qui lui faisait voir, dans la divine autorité de l'Eglise, la règle sûre et toute faite de ses croyances et de ses mœurs ; mais par-dessus tout il avait une foi pratique qui ne lui permettait pas d'être inconséquent avec lui-même, de croire d'une manière et de vivre d'une autre... Il soumettait son esprit à tous les dogmes, comme sa volonté à tous les préceptes : chaque dimanche, il venait, confondu avec le simple peuple, assister à nos saints ofTices, les yeux et le cœur fixés sur le livre de la prière, et à nos grandes fêtes il communiait ^ »

Justus von Liebig (1803-1873) n'est guère connu du pubhc que par l'extrait de viande qui porte son nom ; mais c'est une des plus curieuses et des plus grandes figures de la science moderne. A vingt et un ans, envoyé à l'Université de Giessen, il s'y révèle comme un professeur incomparable. « Le succès de l'enseignement de Liebig, pendant ses

Page 1