Au dii'e de Ostwald, Grands Hommes, p
3. LiEBiG, Chimie organique appliquée à la physiologie animale et à la pathologie. Trad. de Gh. GERiiAnnT, Paris, Masson, d842, p. 235. Dans la 7» édilion allemande citée par E. Naville {Physique moderne, p. 182), il dit, à propos d'une erreur d'expérience concernant les engrais agricoles : a J'avais péché contre la sagesse du Créateur, et j'avais reçu ma juste punition. Je voulais perfrctionner son œuvre, et, dans mon aveuglement, je croyais que, dans l'admirable chaîne des lois qui président à la vie sur la sur-
Dans ses Lettres sur la chimie, la Deuxième lettre porte ce sommaire significatif : « Opinion erronée des anciens sur les phénomènes de la nature. — Idées .exactes de ces phénomènes. — Elles viennent à Vappui des vérités du christianisme (c'est nous qui souhgnons). — Considérations sur les phénomènes de la nature. — Connaissance de la nature, source de la connaissance de Dieu '. «
Voici quelques passages du texte : « Ce qui donne précisément à l'étude de la nature une si haute portée, c'est qu'elle devient l'intermédiaire du christianisme, en démontrant l'origine divine des vérités chrétiennes ; elles ne nous ont pas été révélées par les moyens d'observation dont l'homme dispose, mais c'est grâce à une illumination d'en haut que nous avons une conception nette de l'Etre infini, supérieur à tous les mondes. » Et après avoir dit que l'homme, en face des lois immuables de la nature, ne reconnaît qu'en lui-même « quelque chose capable de dominer ces lois, une volonté qui ne leur est pas soumise, une intelhgence qui ne reçoit des lois que d'elle-même », il ajoute : « La simple connaissance empirique de la nature, nous pousse puissamment
face de la terre et la maintiennent toujours dans sa fraîcheur, il manquait un anneau que moi, le faible et impuissant vermisseau, je devais remplacer. Il y avait été pourvu, mais d'une manière si merveilleuse que la possibilité d"une pareille loi n'avait pas même abordé l'intelligence humaine. »
1. JusTUs LiEBiG, Lettres sur la chimie considérée dans ses applications à l'industrie, à la physiologie et à l'agriculture. Nouvelle édition française publiée par Charles Gerhardt, Paris, Masson, 1847, p. 26.
à cette conviction que ce quelque chose n'est pas la dernière limite au delà de laquelle il n'y aurait rien de pareil, rien de plus parfait. Bien au contraire, nous-mêmes nous n'en concevons que les degrés les plus infimes, et, comme toutes les vérités qui s'acquièrent par induction dans l'étude de la nature, cette conviction vient confirmer en nous l'idée de l'existence d'un Etre suprême et infini ; les sens ne suffisaient plus pour le connaître, ce n'est que par le perfectionnement de nos facultés intellectuelles que nous parvenons à saisir sa grandeur, sa sublimité. La connaissance de la nature, voilà le moyen de perf ectionnement i. » « La connaissance de la nature, dit-il ailleurs ^, c'est la voie qui mène à l'admiration du Créateur. »
Ajoutons ce témoignage de Lord Kelvin : « Il y a quarante ans, je demandai à Liebig, au cours d'une promenade à la campagne, s'il croyait que l'herbe et les fleurs que nous foulions aux pieds eussent poussé sous l'influx de forces purement physiques. Il me répondit : « Oh ! non, tout aussi peu que je pourrais admettre qu'un livre de botanique qui en renferme la description, ait pu venir au jour par l'action de forces purement chimiques ^ » On voit
i. LiEBiG, Lettres sur la chimie, pp. 27-29.