‹ La part des croyants dans les progrès de la science au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 164 sur 176 · V>^. Ostwald, Grands hommes, p · texte numérisé non relu

V>^. Ostwald, Grands hommes, p

3. Naquet, Moniteur Scient., art. cité, p. 299. Voyez aussi P. DuHEM, Thermochimie, dans Rev. Quest. se, XLII (1897) 36o, 390 ; et Perrin, Atomes, pp. 23 sq. « Certes, ajoute M. Naquet, Dumas comme homme fut inférieur à. Berthelot. Si son intelligence fut aussi haute, son caractère l'était moins ; il s'était fait le serviteur du Césarisme et de l'Eglise » ; Berthelot, « en cela supérieur à Dumas et à Pasteur, était affranchi des préjugés et des dogmes. On voit que je lui rends justice » . Mais, « pourquoi faire à Berthelot une situation exceptionnelle et hors de pair, comme celle que lui font les journaux et que lui fait M. Poincaré lui-même? Depuis Lavoisier, il y a eu des chimistes, tels que les Humphry Davy, les Berthollet, les Gaj--Lussac, les Berzélius, les Dumas, les Gerhardt, les Laurent, les Wurtz, qui furent au moins égaux à Berthelot, et dont, à mon sens, quelques-uns ont fait beaucoup plus que lui, si l'on tient compte des difficultés

Si toutes ces critiques s'appuient »ur des faits, il semble bien qu'elles ne les interprètent pas sans quelque passion ; et s'il en résulte qu'il faut abaisser le piédestal où ses admirateurs avaient placé Berthelot, il convient cependant de le garder plus haut que ne le voudraient ses détracteurs. Il n'est pas hors de pair ; mais il figm-e parmi les très grands chimistes et parmi les expérimentateurs de premier rang.

Il n'a pas créé la thermochimie ; mais il a fait, sur ce terrain, des expériences qui ont eu, pour toute la chimie et notamment pour la théorie des explosifs ^, une utilité incontestable.

Il n'a pas créé la synthèse organique ; maio il a trouvé une méthode systématique, rationnelle et féconde, qui a permis de pousser beaucoup plus loin les espoirs et les résultat». Et « la distance est immense entre un fait particulier qui ne se rattachait à aucune idée générale, et les vues profondes du chimiste français, sysuématiquement poursuivies^». Et nous avons déjà vu qu'un excellent juge l'associe è Sainte-Claire Deville comme fondateur de !a chimie physique.

plus grandes que, vu l'époque où ils travaillaient, ils ont eues à vaincre » (Naquet, loc. cit., pp. 296-300). En dautres termes, comme anticlérical, Bertiielot fut supérieur à tous les grands chimistes, mais non pas comme chimiste.

1. Son rôle « dans la constitution de la théorie des explosifs est capital ». H. de Varigny, dans Revue Hebdomadaire, 2 oct. 1903, p. 34.

2. Emile Picard, L'Histoire des Sciences et les prétentions de la science allemande. Paris, Perrin, 1916, p. 28.

Bref, on peut bien le mettre au-dessous de Dumas et, si l'on veut, de quelques autres ; mais on n'a pas le droit de le confondre dans la foule. On peut, on doit proclamer que ses admirateurs l'ont mis plus haut que son mérite ; mais on serait injuste si on refusait de reconnaître qu'il a fait beaucoup pour la science. On doit convenir que, s'il n'a pas ouvert les grandes voies nouvelles, autant que le voudraient ses panég\'ristes, il les a considérablement élargies.

Et si c'est un plaisir de voir ramener un adversaire à sa juste mesure, c'en est un autre, plus délicat, de lui rendre hommage.

Les difTicultés de la photochimie sont considérables. C'est une des sciences le moins avancées \ Mais enfin elle existe. « L'origine en est dans les belles déterminations de Bunsen et de Roscoë (1857) sur la combinaison du chlore et de l'hydrogène avec une lumière atténuée ^ »

Nous ne savons rien de Roscoë.

Robert-Wilhelm Bunsen (1811-1899) est un des grands chimistes du siècle passé. Il s'est distingué par ses recherches sur la série cacodyhque ; mais il est plus connu par ses ap indications de l'électricité

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