RoLSE Ball, Hist. math., II
de l'équation ; cette gloire était réservée à Galois ^ ». Il l'a conquise avec sa notion des groupes de substitution. C'est par là qu'il a marqué une étape décisive dans les progrès de la science.
Mais il portait dans son génie de quoi en réaliser d'autres. En lisant ses notes, « on acquiert la conviction qu'il était en possession des résultats les plus essentiels sur les intégrales abéliennes, que Riemann devait obtenir vingt-cinq ans plus tard » ; et peut-être, sur d'autres points, avait-il entrevu quelques-unes des découvertes où allait s'illustrer Weierstrass ^
Devant ces œuvres de son adolescence, que n'aurait-on pu espérer de la maturité de son génie ! Dans ses papiers, parmi des calculs de haute analyse, on a trouvé ces trois vers qui, écrits de cette plume, sont d'une mélancolie navrante :
L'éternel cyprès t'environne, Plus pâle que le pâle automne.
Tu t'inclines vers le tombeau.
Des brèves données de cette biographie se dégage l'impression que Galois n'était pas religieux. Il le fut, ou à peu près, à Louis-le-Grand. Ses Notes d'étude portent qu'il « ne parait pas dépourvu de sentiments religieux » ; bien qu'elles signalent parfois que « sa tenue à la chapelle n'est pas tou-
i. Em. Picard, loc. cit., p. vu.