‹ La part des croyants dans les progrès de la science au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 2 sur 176 · Par exemple, Inlrod. à méd. exp., 31. 3. Ibid · texte numérisé non relu

Par exemple, Inlrod. à méd. exp., 31. 3. Ibid

cation \ Sciences d'observation et sciences expérimentales : voilà les seules dont il sera question dans ce travail.

Mais parce que, dans la plupart des sciences telles qu'elles sont aujourd'hui constituées, l'expérimentation se mêle plus ou moins à l'observation, nous diviserons ce travail en sciences exactes et en sciences naturelles. Les premières comprennent les mathématiques, l'astronomie, la physique et la chimie ; les autres embrassent les sciences de la terre et les sciences de la vie.

Parmi ceux qui ont possédé à un degré éminent de telles sciences, nous avons donc à recueillir ceux qui nous sont connus comme croyants, pour montrer qu'on peut en «dresser un catalogue» ; et de plus, ou même surtout, nous avons à signaler de notre mieux, tout en prévoyant des lacunes inévitables, ceux à qui on doit les principales orientations scientifiques du XIX® siècle, afin de faire voir, dans les progrès de la science moderne, la part des croyants.

Et qu'entendons-nous par croyants ? ceux qui ont cru pour le moins à l'âme et à Dieu.

C'est un minimum, mais il marque déjà une atti-

1. Ibid., 27-33. On l'appelle science d'observation, parce qu'elle se constitue par des raisonnements appuyés sur des observations, à l'exclusion de l'expérimentation. Telle est, par exemple, l'astronomie (Ibid., 31-33).

tude très nette ; il suffit à différencier les croyants d'avec les matérialistes et les athées, les hommes religieux de ceux qui ne le sont pas. C'est d'ailleurs déjà le germe d'où la religion naturelle évolue tout entière, la base où tout le surnaturel s'appuie \

Même, il ne sera pas toujours facile de constater, au sujet de ce minimum, la position prise par les savants : les matières qu'ils traitent dans leurs ouvrages ne les amènent guère à de telles confidences, « et sans doute, nous écrit un membre correspondant de l'Académie des Sciences, vous pourriez en nommer beaucoup plus s'ils avaient eu l'occasion de mettre flamberge au vent ». Par ailleurs, leur vie privée, généralement calme et confinée en grande partie dans leur laboratoire, ne provoque pas beaucoup l'attention et l'indiscrétion des nouvelUstes. Nous dirons ce que nous avons pu savoir ; et, quand nous ne saurons rien, nous en ferons l'aveu.

Mais, dans la plupart des cas, nous avons pu savoir. Et voici, en gros, ce que notre enquête nous a révélé :

Les grands savants, les plus grands, les plus pénétrés de l'esprit scientifique, les représentants les plus autorisés de la science — c'est-à-dire ceux qui l'ont faite, ses fondateurs, les initiateurs — ceux-là, même au xix^ siècle, à l'époque de l'histoire la plus impré-

1. Pour construire le surnaturel sur cette base ou pour dégager de ce germe la religion naturelle, l'histoire et la philosophie sont seules compétentes, et la science n'est donc plus en cause, même à supposer qu'elle ait eu jusque-là son rôle.

gnée de matérialisme et de négation, presque tous ont été des croyants.

Tel est le fait dont on va voir la preuve détaillée.

Nous ne disons pas que ce fait est nécessaire, qu'on aurait pu le prévoir et l'annoncer d'avance, qu'il se reproduira identique dans l'avenir ; nous disons que c'est un fait — rien de plus, rien de moins. S'il y a des conclusions à en tirer, ce sera seulement quand nous l'aurons établi : pour le moment nous n'avons qu'à l'établir.

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