CHAPITRE PREMIER
On pourrait voir, dans les mathématiques, des procédés de raisonnement plutôt que des sciences au sens strict que nous avons défini. Il ne serait cependant pas impossible de les faire entrer, en pressant un peu, dans la définition donnée. Elles s'imposent d'ailleurs à notre enquête, parce que c'est vers les mathématiques que toutes les sciences modernes tendent comme à leur perfection, et que c'est dans les mathématiques qu'elles ont trouvé l'instrument principal de leurs développements les plus inattendus K
1. L' « application des mathématiques aux phénomènes naturels est le but de toute science » (Claude Bernard, Introduct. méd. expérim., 205). « Aujourd'hui, il serait impossible, sans heurter le bon sens le plus vulgaire, de nier que les théories physiques se doivent exprimer en langage mathématique » (Paul Duhem, La théorie physique. Paris, Chevalier et Rivière, 1906, p. 172). « Il n'est plus aujourd'hui, dans la science physique, aucun chapitre