‹ La part des croyants dans les progrès de la science au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 23 sur 176 · Loris Roche · texte numérisé non relu

Loris Roche

3. Voyez Revue des Questioîis scientifiques, XXXIII (1893) 240, et XLIX (1901) 364. L'article premier des Statuts de la « Société scientifique » est ainsi conçu : « Il est constitué à Bruxelles une société qui prend le nom de Société scientifique de Bruxelles, avec la devise : Nulla unquam inter fidem et rationem vera dissensio esse potest. »

le constatait en termes un peu froids, dans un discours officiel : « Spiritualiste convaincu, il pensait que l'âme aurait un jour la révélation complète de ces harmonies mathématiques dont le reflet seul est accessible à l'intelhgence humaine ^ »

L'intelhgence d'Hermite est une de celles qui ont le mieux vu ce reflet, et, par beaucoup de points, sa carrière scientifique rappelle celle de Cauchy, son maître et son ami.

Lui aussi fut précoce, « Ce sera un petit Lagrange », disait déjà son professeur à Louis-le- Grand ". A vingt ans, dans sa première année de Polytechnique, il résolvait le problème des fonctions abéHennes, et son travail faisait l'admiration de Jacobi, auquel il l'avait adressé (1843), comme Cauchy, au même âge, avait fait celle de Legendre. Jacobi, qui « s'occupait, à cette époque, de l'édition de ses œuvres, n'hésita pas à y faire figurer, à côté de ses propres travaux, la lettre de son jeune correspondant ». Il lui écrivait, un peu plus tard (1845) : « Ne soyez pas fâché. Monsieur, si quelques-unes de vos découvertes se sont rencontrées avec mes anciennes recherches. Comme vous dûtes commencer par où je finis, il y a nécessairement une petite sphère de contact. Dans la suite... je n'aurai qu'à apprendre ^ » A vingt-quatre ans, les

1. Voyez Revue générale des Sciences pures et appliquées, Xil, lo février 1901, p. 110.

Page 1