‹ La part des croyants dans les progrès de la science au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 39 sur 176 · J.-B. Dumas. C. R. Acad. Se, LXXXV · texte numérisé non relu

J.-B. Dumas. C. R. Acad. Se, LXXXV

3. « Le l"juin 1846, il (Le Verrier) déclara à l'Académie qu'en assignant à la planète troublante d'Uranus 325» de long, héliocentrique au 1" janvier 1847, il ne commettait pas une erreur de 10». » On se taisait de stupeur devant une telle audace, une telle confiance en des calculs si étrangement compliqués. Le Verrier ne doutait pas. Sur son invitation, « M. Galle, de Berlin, par complaisance peut-être plus que par conviction, entreprit cependant la recherche ; le jour même où il reçut le résultat des dernières corrections, il rencontra à 52 minutes seulement de la position indiquée, un astre « inconnu » et qui, le lendemain, avait parcouru à très peu près, dans la direction annoncée, le chemin prédit par Le Verrier : c'était la planète Neptune ». J. Bertrand, ouv. cité, p. 172. Voir, dans l'Annuaire du Bureau des Longitudes pour 1890, p. 661, la réponse de Tisserand « à ceux qui... seraient portés à diminuer l'éclat de la découverte ».

DANS l'astronomie 65

Mais ce ne fut là qu'un épisode dans la carrière de Le Verrier., « Il a laissé à la France et à la postérité un des monuments scientifiques les plus beaux et les plus considérables qui aient jamais été élevés par un seul homme ^ » La réorganisation de l'Observatoire, la création de la télégraphie météorologique, la fondation (avec Milne-Edwards) de « l'Association scientifique de France » (qui fusionna plus tard avec « l'Association française pour l'avancement des sciences »), ne furent, pour ainsi dire, que ses distractions scientifiques. Le résumé de ses travaux de mécanique céleste « n'occupe pas moins de 14 volumes in-4o de la collection des Mémoires de V Observatoire ». Il a entrepris « l'œuvre considérable de la réobservation des 48.000 étoiles de V Histoire céleste de Lalande ^ )>. Il a fait l'histoire passée et future des comètes. Il a refait les théories des mouvements de toutes les planètes, « travail herculéen » où, « à elle seule, la théorie du soleil a exigé douze volumes in-folio de calculs », et où « il semble qu'on soit bien près du plus haut degré de complication que peut saisir et embrasser l'intelligence humaine ». Ses calculs s'étendent jusqu'à l'année 3850 : la postérité peut vivre encore deux mille ans de son travail ^.

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