‹ La part des croyants dans les progrès de la science au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 55 sur 176 · Discours de Lippmann, reproduit dans le Cosmos, 2 janvier · texte numérisé non relu

Discours de Lippmann, reproduit dans le Cosmos, 2 janvier

DANS l'astronomie 87

de la Grye (1827-1909), «ingénieur hydrographe, géographe, astronome «^

A cette hste la mort vient d'ajouter le colonel Marie-Raoul, vicomte du Ligondès (1847-1917).

« Belle intelligence, belle âme », disait de lui, quand il était élève à la rue des Postes, le Préfet des études. Ces deux mots définissent toute sa vie.

Sa belle intelligence n'a pas reculé devant l'effort de reprendre sur d'autres bases les théories de Laplacc et de Faye. Les astres nouveaux découverts au cours du xix^ siècle dans notre système planétaire (Laplace n'en connaissait que 43, nous en connaissons près de 500), les mouvements rétrogrades observes dans quelques-uns d'entre eux, les principes de la thermodynamique, d'autres raisons encore faisaient que la théorie de Laplace était à remanier. H. Faye venait de s'y employer. « Suivant les vrais principes de la thermodynamique, il avait substitué à un amas de vapeurs chaudes une nébuleuse froide ; mais pour exphquer la génération des anneaux donnant naissance aux planètes, il s'était vu dans l'obhgation de recourir à des gyrations, à des tourbillons incompatibles avec la raréfaction du milieu. Le colonel du Ligondès reprend la nébuleuse de Faye, mais supprime carrément ces tourbillons et, par une applica-

1913, p. 24. Il a souvent proclamé ses sentiments religieux : voyez, par exemp., Ann. Bur. Long, pour 1909, Notice G, p. 5.

1. P. Sallior, dans La Nature, (1901, I) 29. — Bouquet a souvent pi'oclamé ses croyances dans les discours officiels ; voyez, par exemple, Ann. Bur. Long, pour 1894, Notice D, p. 10.

tion pure et simple des principes de la mécanique, montre que, grâce aux chocs des molécules, il est possible d'expliquer les particularités du système solaire^» Puis, à l'exemple de Faye, il étend sa théorie à la Formation mécanique du système du monde : c'est le titre de son ouvrage (1897).

Mais H. Poincaré formule à son tour des objections, et conclut : « La question n'est pas tranchée et demanderait à être approfondie ^ » Ligondès l'avait approfondie : il mettait « la dernière main aux pages prêtes pour l'impression»^, quand la mort a pris à l'improviste cette « belle intelHgence ».

Sa (c belle âme » rayonnait. En dehors de sa bonté, légendaire même au- régiment, on doit particulièrement signaler cette modestie qui est l'apanage habituel des grands savants *, mais qu'il a eue à un degré rare, et qui était chez lui en même temps la vertu d'un grand chrétien ; sa hauteur de vues, qui plaçait tout naturellement son âme tellement au-dessus de tous les calculs d'intérêt et de toutes les compromissions ; enfin et surtout son culte pour l'Évangile, dont les maximes se reflétaient si souvent dans ses conversations et gouvernaient toute sa vie.

1. Abbé Th. Moreux, Le colonel R. du Ligondès, Notice biographique. Extrait de La Revue du Ciel, )uin 1917, p. 16-4. — On sait que Ligondès s'est occupé d'astronomie à l'instigation de l'abbé Moreux, qui l'avait rencontré à Bourges.

2. H. Poincaré, Leçons sur hyp. cosmog . , p. 114. La théorie de Ligondès est examinée aux pp. 83-105.

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