Cité par Hôffding, pp. o2i, sq
c'est, dit-il, que « le pouvoir d'anéantir quelque chose ne peut appartenir qu'au seul créateur i ». Mayer dépasse encore ce point de vue, et au Congrès scientifique de 1869 à Innsbriick, il déclare hardiment, malgré les protestations des matériahstes, que les vérités scientifiques proviennent de la religion chrétienne comme les ruisseaux et les fleuves de la mer ^
Mais si les fleuves viennent de la mer, ils y retournent; et de même, si les fondateurs de la Thermodynamique ont vu dans leur foi le point de départ de leur science, ils y ont vu aussi le terme où toute science doit conduire. « Je m'écrierai de grand cœur, disait Mayer au congrès scientifique d'Innsbriick (1869) : une vraie philosophie doit et ne peut être qu'une initiation à la rehgion chrétienne \ » Et Hirn, que Mascard appelle « un grand penseur S) , ne craint pas de dire : « L'affirmation (de Dieu) peut être regar-
1. Memoir of James Prescoll Joule, dans les Memoirs and Proceedings of the Manchester literary and philosophical Society, publiés par Osborne Reynolds. Manchester, 1892, 4» série, vol. VI, p. 88. A la p. 71, il est dit de même que, « par le fiât du Créateur, les grands agents de la nature sont indestructibles ».
2. Voyez la Revue des cours scientifiques, 22 janvier 1870, et E. Naville, La Physique moderne. Paris, Germer, 1883, pp. 48 et 185.
3. Revue des cours scientifiques, 22 janvier 1870, p. 126. Mayer « était ouvertement religieux et catholique », et il contribua, pour une grande part, à la conversion de son collaborateur et ami qui devint le célèbre abbé Hetsch » (Voyez L'abbé Hetsch par l'auteur des Derniers jows de Ms' Dupanloup. Paris, Poussielgue, 2» édit-, 1887, p. 46).
4. Notice sur les travaux de Hirn, dans C. R. Acad. Se, CX (1890, i) 116.
dée comme le dernier mot de la science moderne i. » Nous ne discutons pas, nous constatons. Nous constatons que les fondateurs de la Thermodynamique sont des croyants.
Quant à ceux qui marchèrent les premiers, avec le plus d'ardeur et le plus de profit pour la science, dans la grande voie qui venait de s'ouvrir, ils y apportaient et ils y gardèrent les mêmes sentiments que les initiateurs.
Il y en a trois d'abord dont les noms, à l'égal de ceux des initiateurs, sont inséparables de son histoire : ce sont Helmholtz, W. Thomson et surtout Glausius, qui, « en s'appuyant sur le principe énoncé par Mayer et sur les travaux relatifs aux machines thermiques de Sadi Carnot, établissent la théorie mécanique de la chaleur et développent dans toutes les branches de la physique les conséquences du principe de la conservation de l'énergie " » ; en même temps qu'ils le complètent par celui de la dégradation.
Hermann-Ludwig- Ferdinand Helmholtz (1821- 1894), d'abord mathématicien, physiologiste, anatomiste, finit par devenir « le premier physicien de
1. La Vie future et la science, cité par Duilhé de Saint-Projet et Senderens, Apologie scientifique de la religion chrétienne. iSouvclle édition, Paris, Poussielgue, 1903, p. 74.