Ibid., novembre 1905, p
4. Louis de Launay, Revue Deux Mondes, 15 mai 1918, p. 363. b. FuANçois Mentré, Rev. des Jeunes, 10 août 1917, p. 129.
s'est pas contenté de fournir, par ses livres et ses mémoires, d'abondantes contributions aux progrès de la science, notamment dans la thermodynamique et la mécanique chimique ; mais encore, par ses belles études de philosophie scientifique, il a été, avec H. Poincaré, l'un de ceux qui ont le plus contribué à la façon actuelle d'envisager la science.
Il a été seul, ou à peu près, à renouveler l'histoire de la science ; et il est arrivé, dans cette voie, à des conclusions bien inattendues, par exemple à celle-ci : que « la science mécanique et physique dont s'enorgueilhssent à bon droit les temps modernes, découle, par une suite ininterrompue de perfectionnements à peine sensibles, des doctrines professées au sein des écoles du moyen âge ^ ». « Catholique convaincu, il éprouvait une satisfaction dont il ne se cachait pas à saper, à l'aide d'arguments inédits, certains préjugés sur le moyen âge chrétien. Français, il était fier d'enrichir notre patrimoine national de quelques gloires nouvelles, en prouvant que bien des problèmes astronomiques débattus aux xv^ et xvi^ siècles en Italie, avaient reçu leur solution à l'Université de Paris dès les xiii^ et xiv^ '. »
En effet, « Duhem n'est pas seulement un classique de la science : c'est un Français qui ne désespéra
1. P. DouEM, Origines de la Statique. Paris, Hermann, t. I, 1903, Préface.
2. Augustin Fliche, dans le Journal des Débals, 19 septembre 1916. — Cf. la Préface mise par Duhem au premier volume de ses Etudes sur Léonard de Vinci. Paris, Hermann, 1906.
jamais, c'est un chrétien qui n'abdiqua jamais; sa vie est franche comme son œuvre i ». La dernière fois qu'il prit la parole en public, ce fut pour présider la modeste assemblée générale (une trentaine de personnes) des étudiantes catholiques de l'Université de Bordeaux. « Il leur dit son espoir de revoir bientôt ce qu'il souhaitait si profondément : la réconciliation de la pensée française et de la pensée chrétienne "'. »
§ 2. — Autres grands physiciens de la chaleur.
Victor Regnault (1810-1878) « n'a pris qu'une faible part à cet épanouissement d'idées nouvelles (thermodynamique), étant de ceux qui s'arrêtent à la limite précise où l'expérience finit. Mais c'est dans ses travaux que la théorie nouvelle a puisé à pleines mains tous ses arguments. Elle est le couronnement de son édifice ' ». « Il était à la fois géomètre, physicien, chimiste, géologue, mécanicien, ingénieur *. » Mais « à partir de 1840, les recherches de physique l'absorbent presque entièrement ; c'est à cette époque que commence l'édification du monument de sa gloire, de cet immense ensemble de travaux qui se rattachent à l'étude de la chaleur. Cette œuvre a été poursuivie durant trente années avec un tel éclat que sa renommée de chimiste s'en est trouvée